FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Sud-Aviation T28 Fennec
Constructeur : Sud-Aviation
Désignation : T28
Nom / Surnom : Fennec
Code allié / OTAN :
Variante : T-28F, T-28S
Mise en service : 1959
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions d'attaque
Rôle et missions : Avion d'appui tactique rapproché et de reconnaissance armée.

HISTOIRE

Sud-Aviation T28 Fennec :
Appui tactique au-dessus des djebels”

À l’instar des États-Unis au Vietnam quelques années plus tard la France utilisa un vaste arsenal aérien lors de sa guerre coloniale en Algérie. Les forces aériennes et aéronavales françaises pouvaient utilisés des aéronefs ultramodernes comme l’Alouette II ou le Mystère IV ou bien des machines beaucoup plus rustiques à l’image des Privateer et Toucan. En fait c’est probablement dans la mission d’appui tactique rapproché que les militaires français firent preuves de la plus grande audace. L’une des meilleurs illustrations fut l’adaptation française d’un avion d’entraînement de l’US Air Force et de l’US Navy : le Fennec.

C’est au début de l’année 1959 que l’Armée de l’Air annonça rechercher un nouvel avion pour ses EALA et ERALA, les Escadrilles d’Aviation Légère d’Appui et les Escadrilles de Réserve d’Aviation Légère d’Appui. À l’époque deux avions se partageaient les missions de ces formations : le North American T-6G Texan de facture américaine et le SIPA S.11 français. Pour mémoire ce dernier était dérivé de l’avion d’entraînement allemand Arado Ar 96. Si ces deux modèles étaient jusque là adaptés ils ne manquaient cependant pas de défauts. Pour le S.11 c’était une charge de combat trop faible et pour les T-6G une motorisation bien trop bruyante. Les résistants algériens savaient bien souvent que les Texan français arrivaient avant même qu’ils ne soient là

Pour l’Armée de l’Air l’avion idéal pour ce rôle était une fois encore une machine d’entraînement : le North American TJ-1 Trojan. Il s’agissait de la version en service au sein de l’US Navy. Malheureusement pour la France l’aéronavale américaine ne pouvait pas se défausser d’un lot d’environ 120 à 150 avions sans risquer de mettre en péril sa capacité de formation. L’Armée de l’Air était alors dans l’impasse. C’est là que l’avionneur Sud-Aviation intervint en proposant de reconstruire à partir de cellules d’une autre sous-version des avions plus adaptés aux besoins français : le T28 Fennec était né.

L’Armée de l’Air, Sud-Aviation, et le Pentagone se mirent alors d’accord pour le rachat de 146 T-28A Trojan sur lesquels le moteur d’origine Wright R-1300-7 Cyclone d’une puissance de 800 chevaux serait déposé. En lieu et place les Américains allaient livrer à la France un stock de moteurs Wright R-1820-97 Cyclone d’une puissance de 1200 chevaux. Ceux-ci provenaient en fait de vieux Boeing B-17E/G Flying Fortress datant de la Seconde Guerre mondiale et préservés dans le désert américain. Enfin le Pentagone allait livrer également un stock d’hélice tripales, les mêmes que sur les TJ-1 Trojan de l’US Navy.
L’avionneur français devait donc remonter tout cela, s’assurer que ça vole, et y intégrer un nouvel armement. Jusque là rien ne permettait d’être sûr que le T28 Fennec serait une réussite.

Quand les premiers exemplaires furent assemblés en juillet 1959 et expédiés en Algérie les quelques vols d’essais réalisés sur les premiers avions avaient démontré l’excellent choix des militaires français. Non seulement le Sud-Aviation T28 Fennec emportait plus d’armement que les S.11 et T-6G mais en plus il possédait un rayon d’action 50% plus important tout en faisant beaucoup moins de bruit.

Extérieurement peu de choses pouvaient différencier ce Sud-Aviation T28 Fennec d’un North American T-28 Trojan. Comme lui l’avion français était un monoplan à aile basse cantilever tout métal. Il avait conservé le train d’atterrissage tricycle escamotable et la verrière à ouverture par assistance électrique. C’est véritablement l’armement qui faisait la différence : nacelles pour deux mitrailleuses de calibre 12.7mm, paniers à 36 roquettes de 37mm ou à sept de 63mm fabriqués par Brandt, roquettes T.10 de 100mm, et bombes incendiaires de 125kg. Le tout pouvait être monté sous quatre points d’ancrage de voilure, seules les bombes pouvaient l’être, à l’unité sous l’unique de fuselage. Dans les faits celui-ci ne fut jamais utilisé.

Dès l’été 1960 les Sud-Aviation T28 Fennec avaient pris la relève de la plus part des S.11 et T-6G Texan. Les équipages appréciaient ces avions même si le fait seul le pilote à l’avant de l’avion puisse tirer les munitions posa quelques problèmes dans les premières heures d’exploitation de l’appareil. Ces mêmes équipages soulignèrent un défaut par rapport à ses deux prédécesseurs : sa vitesse de croisière jugée trop élevée pour les missions de reconnaissance à vue. Malgré cela le Fennec jouissait d’une excellente réputation. Plusieurs généraux français le considéraient même comme aussi adapté au théâtre algérien que les Vought AU-1 Corsair de l’aéronavale.
On retrouvait alors le gros des T28 Fennec sur les bases aériennes algériennes de Batna, Bône, Méchéria, et Télergma.

Principalement utilisés lors des appuis tactiques aux troupes engagés dans les oueds et les djebels les Sud-Aviation T28 Fennec participèrent également à quelques missions restées historiques. Au moins quatre (voire huit selon certaines sources) de ces avions furent envoyés d’Algérie par l’Armée de l’Air pour soutenir les troupes de la Marine Nationale lors de la crise de Bizerte en juillet 1961. Armés de bombes incendiaires et de roquettes T.10 les Fennec frappèrent des positions algériennes en périphérie de la ville portuaire.
D’autres furent engagés dans des actions le long de la frontière avec le Maroc, notamment contre des tentatives d’intrusion de matériels militaires livrés par l’Union Soviétique à la résistance algérienne.

Quand la guerre d’Algérie prit fin en 1962 tous les Sud-Aviation T28 Fennec encore en état de vol furent rapatriée en France. Ils volèrent quelques semaines comme avions de surveillance avant d’être stockés début 1963. L’année suivante la France les proposa à la vente à l’export, avec l’accord du gouvernement fédéral américain. L’Argentine, le Maroc, et l’Uruguay furent les principaux acheteurs de ces appareils.

Aux États-Unis l’avionneur North American affecta aux Fennec la désignation de T-28F, F pour France. De son côté le Pentagone les considéraient comme des T-28S, S pour Special. Il est à remarquer que dans la désignation française T28 le tiret entre la lettre et le nombre a disparu, marquant ainsi clairement que l’avion n’avait plus rien d’un aéronef d’entraînement. Là encore entre ces trois désignations du même avion on peut clairement se dire qu’il serait délicat de faire plus compliqué encore.

Beaucoup moins connu que les North American T-6G Texan jaunes les Sud-Aviation T28 Fennec furent pourtant parmi les rares exemplaires français d’adaptabilité totale d’un avion à un conflit. En 2020 quelques T28 Fennec ex-français étaient encore en état de vol.
Il est à signaler que de nos jours l’Armée de l’Air et de l’Espace emploie toujours un aéronef éponyme : l’hélicoptère léger Eurocopter AS-555 Fennec.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Sud-Aviation T28 Fennec
Envergure : 12.21 m
Longueur : 9.75 m
Hauteur : 3.87 m
Motorisation : 1 moteur en étoile Wright R-1820-97 Cyclone
Puissance totale : 1200 ch.
Armement : Nacelles de deux mitrailleuses de calibre 12.7mm, roquettes T.10, paniers à roquettes, et bombes incendiaires sous voilure à concurrence de 600kg de charge offensive.
Charge utile :
Poids en charge : 2887 kg
Vitesse max. : 450 km/h à 1800 m
Plafond pratique : 7350 m
Distance max. : 850 Km en configuration standard d'appui tactique rapproché.
Equipage : 2
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Plan 3 vues du Sud-Aviation T28 Fennec

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