Bagarre publicitaire autour du contrat de remplacement des F-5 suisses

Bagarre publicitaire autour du contrat de remplacement des F-5 suisses

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La Suisse achètera-t-elle, oui ou non, des avions de combat ? Alors que le dossier traîne au Conseil fédéral, les constructeurs redoublent d’efforts… publicitaires.

Le Conseil fédéral de la Suisse fait  preuve d’indécision après le nouveau  report de la publication du rapport de sa politique de sécurité. Le document définitif qui sera transmis au parlement en juin tranchera alors sur le dossier du remplacement des avions de combat F-5 Tiger.

Meilleurs vœux à l’aviation suisse qui fête ses 100 ans ! C’est le message diffusé, hier, par Saab en pleines pages publicitaires dans la presse helvétique. Avec son avion de combat JAS 39 Gripen, Saab est l’un des avionneurs en lice contre l’Eurofighter et le Rafale de Dassault.

«Dans l’exposition qui s’ouvre aujourd’hui au Musée des transports à Lucerne, aux côtés du légendaire Tiger et du Blériot, nous avons pu exposer un Gripen. Comme futur possible de l’avion militaire suisse», explique Niels Fischer. Le représentant de Saab en Suisse ne donnera aucun chiffre et s’en tient à l’explication des félicitations entre passionnés de l’aviation.

Côté Dassault Aviation, on est moins «subtil», remarque un interlocuteur. La semaine dernière, sous le slogan «Le Rafale, un véritable plan de relance économique», l’avionneur français a également diffusé sa pub dans les journaux suisses. Pour mémoire, la négociation concernant l’achat des nouveaux avions prévoit des contre-parties pour un montant équivalant à celui de l’achat (soit environ 2,2 milliards), au bénéfice de l’industrie suisse active dans l’aéronautique.

«Cette campagne de pub des vendeurs est irrationnelle», juge Josef Lang. Egalement membre de cette sous-commission, le conseiller vert estime qu’«ils perdent un peu les pédales ! Normal, le Conseil fédéral qui doit décider ne décide pas et le ministre de la Défense ne veut pas d’avions. Ou alors les deux favoris (Rafale et Gripen) préparent déjà la votation populaire qui aura lieu si le Conseil fédéral dit oui aux avions.»

En effet, le Groupement pour une Suisse sans armée (GSsA) a fait aboutir une initiative populaire «Contre de nouveaux avions de combat». Ce texte exige un moratoire de dix ans pour l’acquisition de tels appareils. Au final, le peuple pourrait bien décider dans les urnes du sort du remplaçant du Tiger.

Passionné d'aéronautique et formateur en Web et PAO, il est le fondateur, en 1999, de l'encyclopédie de l'aviation militaire www.avionslegendaires.net. Administrateur et rédacteur en chef du blog, il vous fait partager ses avis et coups de coeur (ou de gueule) sur l'actualité aéronautique.

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