À l’heure actuelle il dispose encore de son immatriculation provisoire suisse HB-FSF mais très bientôt il possèdera sa propre livrée militaire. En ce mois de juin 2018 l’Irish Air Corps a présenté officiellement le premier des trois Pilatus PC-12NG qu’il a commandé. Cet avion devrait entrer en service opérationnel entre la fin de l’année et le tout début 2019. Des monomoteurs à turbopropulseurs dont la commande fut le fruit d’une mûre réflexion de la part du gouvernement irlandais.

Parmi les plus petites forces aériennes d’Europe occidentale l’Irish Air Corps veille cependant à ne pas être anecdotique. Elle continue donc de posséder des avions et des hélicoptères spécialement adaptés à la taille de son pays et à son environnement très particulier. C’est pourquoi le choix du Pilatus PC-12NG est assez logique.

Ces trois avions ont été commandé au tout début de l’année 2016 afin de palier à deux carences principales : celles des liaisons rapides et du transport d’état-major dans un premier temps mais aussi de la surveillance et de la lutte anti-terroriste également. C’est pourquoi une de ces machines sera très classiquement configuré comme un PC-12 d’affaire tandis que les deux autres disposeront d’équipements sophistiqués de reconnaissance et de surveillance électronique.

Et c’est plus particulièrement ces derniers qui sont réellement intéressants. D’ailleurs ce sont eux qui seront livrés en premier. Ils ont été pensé par l’état-major irlandais suite aux manœuvres de lutte anti-terroriste organisées au début de l’année dernière, et qui avaient mis en lumière la relative inadaptation des vénérables Reims FR172H. Pour autant l’arrivée des ultramodernes monomoteurs suisses ne signifiera pas leur mise à la retraite, loin de là.
En fait ces deux Pilatus PC-12NG pourront, grâce notamment à un FLIR et à une caméra thermique, disposer d’un moyen renforcé de surveillance aussi bien maritime que terrestre. De quoi largement recentrer la patrouille maritime irlandaise sur sa véritable vocation !

Il est à signaler que lorsque ces avions furent commandés le Royaume-Uni, seul pays à disposer d’une frontière terrestre avec l’Irlande, était encore pleinement membre de l’Union Européenne et son peuple n’avait pas encore voté sa sortie, le tristement célèbre Brexit. Or depuis cette annonce les Irlandais sont inquiets de ce qu’il adviendra de cette frontière commune, car elle est largement profitables aux deux pays. Et il semble se dessiner désormais que les Pilatus PC-12NG de surveillance doivent également dans un futur de moins en moins lointain la scruter. Une charge de travail assez inédite, il faut bien le reconnaitre.

Dans un pays de consensus comme l’Irlande il est intéressant de voir que les acquisitions de matériels militaires sont toujours autant sources de débats. Celle qui concernait ces trois Pilatus PC-12NG eut également son lot d’agitations dans les couloirs et les bureaux du Dáil Éireann et du Seanad Éireann, les deux chambres parlementaires irlandaises. Pas autant certes que ce qui a concerné l’amendement autour de la dotation prochaine d’une aviation de combat mais tout de même. Certains députés et sénateurs irlandais, aussi bien de droite que de gauche, craignaient que ces deux avions de surveillance ne viennent ternir l’image du pays en Europe et dans le monde. Il faut savoir que le peuple irlandais à une conception bien à lui de sa sécurité.

Nous aurons dans les prochains mois l’occasion de revenir sur l’entrée en service de ce Pilatus PC-12NG irlandais.

Photo © Irish Air Corps

3 COMMENTAIRES

    • Tu as vu les manifestations en angleterre, je crois qu’ils sont en train de changer d’avis. Ils se rendent compte qu’ils ont fait une grosse connerie et que sa va leur couter super cher.

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