Northrop F-5E/F Tiger II

Northrop F-5E/F Tiger II


Fiche descriptive

Appareil : Northrop F-5E/F Tiger II
Constructeur : Northrop Corporation
Désignation : F-5E/F
Nom / Surnom : Tiger II
Code allié / OTAN :
Variante : N-156E, N-267
Mise en service : 1972
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Chasseurs des années 60-80
Rôle et missions : Chasseur-bombardier léger, intercepteur.

Histoire

Northrop F-5E/F Tiger II :
Le chasseur "russe" des entraînements Top Gun

Les succès à l’exportation du Northrop F-5 Freedom Fighter furent tels qu’à la toute fin des années 1960 il fut décidé de lui donner un successeur. Non seulement l’avionneur comptait bien exploiter la manne que représentait alors le Mutual Defense Assistance Act mais en plus certains des alliés des États-Unis réclamaient une version plus évoluée et mieux motorisée. C’est ainsi que naquit un des avions de combat parmi les plus représentatif de la guerre froide : le Northrop F-5E/F igeriger II.

En fait extérieurement peu de choses différaient entre les deux générations de l’avion, si ce n’est que les bidons de carburant d’extrémité de voilure avaient totalement disparus, et que le nez avait été redessiné de manière plus aérodynamique. C’est plutôt à l’intérieur de l’avion qu’il fallait chercher les différences. Désormais il était mu par deux turboréacteurs General Electric J85-GE-21B d’une puissance nominale de 2268kgp. Son avionique avait elle-aussi été rajeunie grâce notamment au radar AN/APQ-159, permettant notamment le tir de missiles air-sol comme l’AGM-65 Maverick et des premières bombes guidées à l’image de l’AGM-62 Walleye. Pour le reste les deux canons de calibre 20mm demeuraient.

Connu sous la désignation maison de Northrop N-156E cette version rajeunie reçut la désignation de F-5E pour le monoplace et F-5F pour le biplace de transformation opérationnelle. Il fut décidé de le rebaptiser Tiger II, pour bien marquer la différence avec le Freedom Fighter. Pour mémoire le premier « Tiger » était le Grumman F-11 alors en dotation dans les rangs de l’US Navy.
Le premier vol de l’avion de présérie YF-5E eut lieu le 11 août 1972.

Rapidement Northrop engrangea les commandes. Mais là encore l’US Air Force le bouda, elle qui était alors engagée dans le programme LWF (pour Light Weight Fighter, chasseur léger en français) où concourait un autre appareil du constructeur le YF-17 Cobra. Nonobstant le Tiger II s’avéra rapidement un succès à l’étranger largement comparable au Freedom Fighter. Arabie-Saoudite, Bahreïn, Brésil, Chili, Corée du sud, Éthiopie, Honduras, Indonésie, Iran, Jordanie, Kenya, Malaisie, Maroc, Mexique, Singapour, Soudan, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Tunisie, et Yémen en firent l’acquisition entre 1972 et 1977. Les chaines de montage fonctionnaient à plein régime. Discrètement le Pentagone en livra également à l’aviation sud-vietnamienne qui l’assistait dans la guerre contre le marxisme en Asie.

À l’instar de la génération précédente le F-5E Tiger II fut également usiné par des sociétés étrangères : AIDC à Taïwan, K+W en Suisse, ou encore KAI en Corée du sud.

En 1975 un embargo militaire fut décidé par Washington à l’encontre de son allié éthiopien alors même que tous les Tiger II commandés par celui-ci n’étaient pas arrivés sur place. Ces avions construits mais en attente furent confisqués par les douanes américaines et rapidement reversés au 26th Tactical Fighting Training Squadron de l’US Air Force. Mieux connue sous son surnom d’Agressors, cette escadrille américaine avait pour mission de préparer au mieux les pilotes américains à leur hypothétique rencontre avec la chasse ennemie, donc soviétique. Les F-5E/F du 26th TFTS furent donc repeints dans une livrée proche de celle des MiG-21 Fishbed et MiG-23 Flogger alors en dotation de l’autre côté du Rideau de Fer.

La fin des années 1970 vit également l’émergence de deux nouveaux clients : l’US Navy et l’US Marines Corps. À l’image du 26th TFTS ces deux forces aéronavales disposaient d’unités d’Agressors qu’elles comptaient bien faire voler sur Tiger II. Ainsi l’escadrille VFC-13 de la Fighter Weapons School de l’aéronavale américaine, mondialement connue sous le nom de Top Gun (merci Hollywood au passage) en fit son avion type. D’autres exemplaires prirent le chemin de l’escadrille de combat VFA-127 où ils volèrent un temps aux côtés des F-21A Kfir de facture israélienne. Dans le corps des Marines c’est la VMFT-401 qui les mit en œuvre pour une mission similaire.

Alors qu’aux États-Unis ces avions ne participaient qu’à des missions d’entraînement et de soutien opérationnel, ailleurs dans le monde ils furent engagés dans bien des conflits au cours des années 1970 et des trois décennies suivantes. Ainsi la jeune république islamique iranienne engagea ses F-5E Tiger II dans de nombreux combats aériens contre la chasse irakienne, alors principalement équipée d’avions britanniques, français, et soviétiques. C’est ainsi qu’on vit ces avions affronter des Mirage F1-EQ, pas toujours d’ailleurs à l’avantage du biréacteur américain. De son côté l’Arabie-Saoudite a engagé certains de ses avions dans des missions de défense aérienne lors de l’opération Desert Storm en 1991, sans jamais rencontrés la chasse irakienne.

Parmi les Tiger II les plus célèbres au monde figurent sans contestation possibles les six avions rouges et blancs de la Patrouille Suisse. Depuis 1994 la formation officielle helvète vole sur ces biréacteurs en remplacement des Hawker Hunter utilisés jusque-là.

En août 2003 la NASA et Northrop-Grumman (nouvelle raison sociale du constructeur) se lancèrent dans la transformation massive d’un F-5E Tiger II désarmé dans le cadre du programme d’expérimentation SSBD (pour Shaped Sonic Boom Demonstration) visant à la réduction de la détonation supersonique, le fameux bang du mur du son. L’avion fut profondément modifié et permit de valider plusieurs études relatives au développement d’avions de combat et de drones.

Il est à signaler qu’en 1971 des ingénieurs travaillant pour l’avionneur se lancèrent dans l’avant-projet du Northrop N-267. Il s’agissait d’une version dérivée du F-5E mais dotée de six réacteurs lui permettant de décoller et d’atterrir à la verticale. Plus proche dans sa conception du Mirage III V français que du Kestrel britannique il ne dépassa pas le stade de la planche à dessins et son programme fut abandonné en 1973.

Version fondamentalement très réussie du Northrop F-5, le Tiger II aura permis de clôturer au mieux la saga de ce chasseur de légende qui quelques années avant le General Dynamics F-16 Fighting Falcon s’avéra être un succès internationale hallucinant. Si beaucoup demeurent en service en ce début de vingt-et-unième siècle il aura aussi laissé à la postérité l’avion de combat iranien Azarakhsh et le prototype d’avion de combat américain YF-20 Tigershark. Un total de 2618 exemplaires de série fut produit, versions de reconnaissance inclues. Pas mal pour un avion conçu au départ pour être le moins cher possible et le plus rudimentaire.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Northrop F-5E Tiger II
Envergure : 8.13 m
Longueur : 14.68 m
Hauteur : 4.06 m
Motorisation : 2 turboréacteurs General Electric J85-GE-21B
Puissance totale : 2 x 2268 kgp. avec post-combustion.
Armement : 2 canons de 20mm
3000kg de charges externes dont bombes lisses, missiles air-air et air-sol, et paniers à roquettes.
Charge utile :
Poids en charge : 11192 kg
Vitesse max. : 1650 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 15700 m
Distance max. : 2550 Km avec ravitaillement en vol.
Equipage : 1
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Northrop F-5E/F Tiger II

Profil Couleur

Profil couleur du Northrop F-5E/F Tiger II

Vidéo

Les Northrop F-5E de la Patrouille Suisse.

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Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.