Sud-Est SE.3200 Frelon

Sud-Est SE.3200 Frelon


Fiche descriptive

Appareil : Sud-Est SE.3200 Frelon
Constructeur : Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Sud-Est (SNCASE)
Désignation : SE.3200
Nom / Surnom : Frelon
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1959
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions expérimentaux
Rôle et missions : Prototype d'hélicoptère de transport militaire.

Histoire

Sud-Est SE.3200 Frelon :
Le premier hélicoptère propulsé par trois turbines

Au cours des années 50 et 60 les avionneurs français Sud-Ouest et Sud-Est se sont lancés dans l’étude et le développement d’hélicoptères avec plus ou moins de succès. Ces deux constructeurs d’état, qui allaient donner plus tard naissance à Sud-Aviation, ont développé au cours de ces deux décennies une dizaine de voilures tournantes tant pour les besoins des militaires français et étrangers que dans l’optique de créer un marché civil du transport haut de gamme. Parallèlement à l’industrie américaine, les hélicoptéristes français ont décidé de concevoir des machines de plus en plus lourdes, mais aussi de plus en plus complexes. C’est ainsi qu’apparut à la fin des années 50 le Sud-Est SE-3200 Frelon, un appareil qui s’il fut en grande partie raté, représentait toutefois le premier hélicoptère mû par trois turbomoteurs.

Au milieu des années 50 l’état-major des armées françaises émit un cahier des charges concernant un hélicoptère de transport lourd pouvant servir au sein des unités de l’Armée de l’Air et de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. En outre, le cahier des charges précisait que l’appareil pourrait être utilisé par l’Aéronautique Navale pour des missions de lutte anti sous marine et de sauvetage en mer. Cette machine devait en outre pouvoir être exportable et servir sur les marchés civils du transport off-shore et du transport de grand luxe.

La Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est (SNCASE ou Sud-Est) fut chargée par le Ministère de la Défense Nationale du programme. Le problème était que le constructeur se trouvait déjà pris par un autre programme, lancé celui-ci sur fonds propres, et qui consistait en un nouvel appareil léger moyen. Ce dernier était mené par l’ingénieur en chef René Mouille tandis que celui concernant ce nouvel hélicoptère lourd fut confié à Charles Marchetti, lui aussi un des principaux responsables de la SNCASE.

Le constructeur décida de choisir un tout nouveau propulseur, le Turboméca Turmo III de 750 chevaux, une turbine spécialement conçue pour servir aussi bien en atmosphère aride qu’au cours de survols maritimes. L’engin fut tout d’abord testé sur un banc d’essais à Toussus le Noble en région parisienne avant d’être monté sur une Alouette II. Ainsi gréé l’appareil pris la désignation de SE-314. Le gain de puissance fut tel qu’il permit de valider le Turmo III. Mais surtout il fit germer dans la tête des responsables de l’hélicoptériste l’idée d’une version surpuissante du petit hélicoptère monoturbine, le futur SA-315 Lama. Pour des nécessités de survol maritime et de vol longue durée, il fut décidé que le nouvel appareil allait être un triturbine, une configuration alors encore inconnue dans le monde.

La construction du premier prototype fut un travail très délicat, en effet l’industrie aéronautique française n’avait jamais travaillé sur un hélicoptère de ce gabarit et de cette puissance. Les équipes de Charles Marchetti durent travailler à la fois sur une structure entièrement nouvelle mais également sur des systèmes de transmission et des systèmes hydrauliques eux aussi novateurs.

Le premier prototype fut finalement assemblé le matin du 25 décembre 1958. L’hélicoptère reçut la désignation de SE-3200 et fut baptisé Frelon. Il se présentait sous la forme d’un hélicoptère de transport disposant d’un fuselage de section circulaire disposant d’un train d’atterrissage tricycle escamotable, d’un rotor principal quadripale, d’un rotor anticouple à cinq pales monté sur une poutre courte et de deux réservoirs de carburant extérieurs pouvant servir de flotteurs. Toutefois dès sa conception l’appareil présentait de graves carences. En effet, alors qu’il était censé servir au-dessus des océans le Frelon n’était pas un hélicoptère amphibie.

Le SE-3200 souffrait d’autres défauts et carences comme par exemple sa totale incapacité à embarquer un treuil du fait de l’absence d’une porte extérieure prévue à cet effet. Mais surtout l’hélicoptère n’était pas blindé, une faute majeure pour un hélicoptère conçu au départ pour le transport de troupes et de commandos. Le premier prototype effectua toutefois son premier vol le 10 juin 1959.

A cette époque les armées françaises étaient engagées dans une guerre de décolonisation en Algérie qui avait mis en lumière l’absolue nécessité pour une puissance militaire de disposer de forces aéromobiles leur puissance reposant sur l’emploi des hélicoptères de combat couplés aux voilures tournantes de transport. La machine standard de ce type en France était alors le Sikorsky S-58, un appareil américain construit sous licence par la SNCASE. Le Frelon se présentait alors aux yeux des responsables de Sud-Est comme son remplaçant idéal. Un second prototype fut commandé et assemblé. Malgré une campagne d’essais catastrophique, l’appareil fut présenté au public lors du Salon du Bourget de 1961. Là il fit sensation, le constructeur s’étant bien gardé de rendre public ses déboires technologiques. Lors de ce salon le Frelon fit presque plus sensation que le Bell XH-40, le prototype du Huey.

Dès 1960 pourtant, dans le plus grand secret afin de ne pas compromettre les chances de commercialisation à l’export de l’appareil, l’Aéronautique Navale se désengagea du programme, demandant à Sud-Aviation, la nouvelle raison sociale de l’appareil, de lui concevoir une version profondément améliorée de l’appareil, qui allait donner naissance au SA-321 Super Frelon. L’Aviation Légère de l’Armée de Terre et l’Armée de l’Air ne mirent pas longtemps à en faire autant. Mais au lieu de se ranger du côté de la Marine Nationale et du Super Frelon il demandèrent une autre extrapolation du Frelon, moins innovante, mais surtout moins onéreuse, le futur SA-330 Puma.

Finalement le programme SE-3200 Frelon se limita à la construction de deux prototypes, le programme d’essais et de développement étant finalement abandonné en mars 1965. Le second prototype servit encore quelques mois d’appareil de servitude au sein du Centre d’Essais en Vol mais fut finalement ferraillé début 1967.

Le hasard voulut que l’appareil développé par la SNCASE en même temps que le Frelon eut un succès totalement opposé, puisqu’il s’agissait de l’Alouette III l’un des hélicoptères les plus connus dans le monde et les plus utilisés. Malgré son total échec technologique, le SE-3200 fut le premier hélicoptère triturbine au monde, une configuration aujourd’hui encore peu répandue que l’on retrouve toutefois sur le Sikorsky MH-53 américain, sur l’Agusta-Westland AW-101 anglo-italien, et bien sûr sur le Super Frelon.

Aujourd’hui le SE-3200 est quasiment tombé dans l’oubli, aucun des deux prototypes n’ayant résisté au temps, toutefois il conserve la paternité du Puma, et donc de tous ses dérivés jusqu’ au Caracal.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Sud-Est SE.3200 Frelon
Envergure : 15.00 m (Diamètre du rotor principal)
Longueur : 17.80 m
Hauteur : 4.70 m
Motorisation : 3 turbomoteurs Turboméca Turmo III-B
Puissance totale : 3 x 750 ch.
Armement : aucun
Charge utile : 1350 kg sous élingue
Poids en charge : 8000 kg
Vitesse max. : 230 km/h à 1800 m
Plafond pratique : 3500 m
Distance max. : 1000 Km à charge maximale
Equipage : 4
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Plan 3 vues

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Profil Couleur

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.