WASP – Women AirForce Service Pilots de 1942 à 1944

WASP – Women AirForce Service Pilots de 1942 à 1944

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Ph 06 - LithographieMa recherche sur l’histoire des premières unités de pilotes féminins au sein de l’armée américaine débuta par l’acquisition, il y a quelques années, d’une lithographie représentant une jeune femme en combinaison de vol, assise sur l’aile arrière d’un Vultee BT-15. Intitulé « Rose du Texas », ce dessin est numéroté, signé et daté par l’auteur. Il porte également la signature de cette jeune femme. Une rapide recherche m’a permis d’abord d’identifier son origine et ensuite, de connaître l’identité de cette personne.

La photo est extraite de la Une du magazine Life en date du 19 juillet 1943. Le cliché fut pris le jeudi 1er juillet 1943 par Peter Stackpole, photographe accrédité auprès de cette revue. Cette jeune engagée s’appelle Shirley Slade. Agée de 22 ans, elle fut sélectionnée afin de suivre une formation de pilote au sein de l’USAAF. Issue de la Class 43-W-5 qui est alors composée de 84 élèves, son instruction se déroula sur le terrain d’Avanger à Sweetwater dans l’état du Texas. Elle sera brevetée et obtiendra ses ailes en septembre 1943.

Life couvertureEn pages intérieures, l’incontournable magazine américain de l’époque consacre un article à cette nouvelle unité de l’USAAF (US Army Air Forces) qui a la particularité d’être entièrement féminine. Cette unité sera chargée de la formation et des l’entraînement de futurs pilotes affectés à des tâches non combattantes.

Comme Shirley Slade, c’est au sein de cette unité appelée WASP, pour Women Airforce Service Pilots, que des centaines de jeunes femmes ont participé à l’effort de guerre dans un rôle défini à l’époque comme secondaire mais néanmoins vital. A noter que WASP est la traduction de guêpe, doux mélange d’abnégation et de féminité.

Des aviatrices de renom à l’initiative

Jacqueline Cochran
Jacqueline Cochran

En parallèle à ma recherche initiale, la lecture de documents officiels, la consultation d’archives, d’articles indépendants et autres sources témoignent de la grande difficulté à l’acceptation de ce projet innovateur par certaines autorités américaines. Pour beaucoup, la participation féminine dans des rôles attribués par nature aux hommes était encore taboue.

Au départ, l’idée d’utiliser des pilotes féminins dans le cadre de missions non combattantes fit l’objet en 1940 d’une première approche aussitôt désapprouvée par le Général Arnold, Commandant de USAAF et ce, malgré le soutien à ce projet de quelques hautes autorités dont Eleanor Roosevelt, épouse du Président.

Nancy Harkness
Nancy Harkness

L’aventure des WASP commença véritablement durant l’été 1941. Dès son retour d’Angleterre, Jacqueline Cochran, Nancy Harkness, autre aviatrice de renom et les initiateurs du premier projet frappèrent à nouveau aux portes des gouvernants US avec un dossier lourd de l’expérience vécue en Grande Bretagne. Le contexte mondial avait alors changé. Il incitait les autorités civiles et militaires américaines à prendre cette initiative avec un peu plus d’application.

En prévision de l’entrée prochaine des Etats-Unis dans le conflit mondial, la reconstruction militaire amena une augmentation spectaculaire des activités à tous les échelons des forces armées. Pour sa part, L’USAAF (US Army Air Forces) procéda à l’engagement massif de pilotes masculins afin de renforcer les unités combattantes mais conjointement, de nombreux postes affectés à des tâches secondaires restèrent vacants par manque de personnel.

Les mission de cette « main d’œuvre » manquante pourraient être remplie par des femmes.

ATC et ATA, comme renfort

Général William Turner
Général William Turner

Très vite, au sein de l’USAAF, l’ATC (Air Transport Command) acquit un rôle essentiel. Cette division dirigée par le Général Turner, a pour mission de répondre à la demande urgente, au renforcement rapide et l’appui logistique des bases à travers le monde. L’ATC deviendra rapidement une des pierres angulaires de cette importante réorganisation militaire et les WASP feront partie de cette composante.

Suite à ce manque flagrant d’aviateurs surtout affectés aux tâches subalternes, l’idée de constituer des unités féminines faisait son chemin. Elle ne trouvera sa finalité qu’après l’attaque de Pearl Harbor le 06 décembre 1941. L’évidence était flagrante, l’Amérique manquait cruellement de pilotes.

De son côté, en mars 1942 et en collaboration avec l’ATA (Air Transport Auxiliary) pour lequel elle avait déjà servi auparavant, Jacqueline Cochran retourna en Grande Bretagne afin d’élaborer un programme d’essai pour pilotes féminins.

Parallèlement, les aviatrices américaines basées en Angleterre furent invitées à retourner aux Etats-Unis afin de collaborer à ce projet novateur. En fait, cette initiative n’eut pas beaucoup de succès car seulement trois membres US de l’ATA participèrent à la mise en œuvre de ce nouveau programme.

Général Henry Arnold
Général Henry Arnold

Conjointement, face à un Général Arnold toujours aussi réticent envers ce projet, certaines associations à la tête desquels se trouvait toujours la battante Eleanor Roosevelt défendaient ce programme et l’été 1942 fut propice aux décisions. La femme du Président déclarait :

Ce n’est pas un temps où les femmes doivent être patientes. Nous sommes en guerre et nous devons lutter de toutes nos capacités. Les femmes pilotes sont des armes en attente d’être utilisées.

C’est au prix de quelques pressions et interventions finement menées que le Commandant de L’USAAF fut enclin à reconsidérer sa position et accepter les différents protocoles. Le 10 septembre 1942, la nouvelle organisation fut rendue publique et le 15 septembre, le programme d’instruction fut accepté par l’ensemble des parties.

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De mon vrai nom Patrick Debaisieux, j’ai gardé comme speudo « Mercator » célèbre cartographe (1512-1594) issu de mon plat pays. Forcément, j’apprécie tout ce qui touche de près ou de loin à l’aviation et plus particulièrement l’époque 1918-1939. Amateur de « Bons mots » et de lecture, je me définis plus comme homme des bois que des villes et je suppose qu’avec mes 57 balais, je ne changerai plus guère.