Dans le cadre de notre série d’avril sur le centenaire de la Royal Air Force nous vous proposons ici une approche originale sur son histoire : la place des aéronefs de facture française dans ses rangs. Et là en fait on voit clairement les limites de notre influence sur notre puissant allié.

Car ne nous en cachons pas les modèles d’avions et d’hélicoptères français ayant un jour porté la cocarde de la Royal Air Force ne sont pas légions, et pour cause. Le Royaume Uni a toujours reposé l’équipement de son aviation militaire sur sa production nationale et en second lieu sur les machines conçues et réalisées aux États-Unis. Et encore cela ne fut réellement vrai qu’avec l’apparition de la loi de prêt-bail durant la Seconde Guerre mondiale.

À ses origines, en avril 1918, la Royal Air Force alignait des chasseurs de facture française. Les principaux étaient alors les Nieuport 17 et Spad S.XIII. Ces avions furent surtout acquis parce que le pays était en guerre et que les combats se déroulaient principalement en Belgique et en France, donc au plus près des centre d’usinage de ces biplans. Pourtant de l’avis général des pilotes britanniques ces deux modèles d’avions étaient particulièrement agréables et pardonnaient beaucoup les erreurs de pilotage. D’ailleurs ils restèrent en service jusqu’après l’armistice du 11 novembre.

Un chasseur Nieuport 17 similaire à ceux équipant la RAF en avril 1918.

Puis ce fut une longue, très longue traversée du désert pour l’industrie aéronautique française au sein de la Royal Air Force.
Une traversée de quasi cinquante ans, seulement interrompue par l’apport d’avions d’armes et d’avions civils «livrés» par des pilotes et équipages français fuyant l’avancée allemande du printemps 1940. Parmi tous les avions ayant traversé la Manche pour trouver refuge tous ne furent pas acceptés au service dans les rangs de la RAF, certains finirent leur carrière en pourrissant dans la nature ! Néanmoins l’état-major britannique en accepta quelques-uns généralement pour des missions d’entraînement ou de liaisons à l’image des Caudron Goéland et Simoun, des Potez 25 et 29 et d’un unique avion de ligne trimoteur Wibault 283. D’autres eurent la possibilité de rejoindre des unités de combat en attendant que leurs personnels ne soient transformés sur des avions de facture britannique… ou américaine. Ce fut le cas des Dewoitine D.520, Morane-Saulnier MS.406, et Potez 63.11 arrivés tous dans un état souvent assez dégradé.
Il est à signaler que jamais aucun de ces avions, à l’exception du Potez 63.11 ne réussit jamais à impressionner les pilotes et ingénieurs britanniques.

En fait il fallut attendre la toute fin des années 1960 et les débouchés de l’Anglo-French helicopter agreement pour qu’enfin la Royal Air Force daigne s’intéresser de nouveau à ce qui se fabriquait de l’autre côté du «Channel». Et donc ce furent des hélicoptères qui furent achetés par les dirigeants de la RAF, avec pour consigne expresse que ces machines soient fabriquées sous licence en Angleterre par Westland.
Le premier, et non des moindres, fut l’Aérospatiale SA.330 Puma qui devint à partir de 1971-1972 le principal hélicoptère de transport de troupes et de soutien opérationnel en service dans la RAF. Ce qu’il est toujours aujourd’hui, sous la forme du Puma HC Mk-2.
L’autre hélicoptère français sélectionné par la Royal Air Force entra en service l’année suivante pour des missions d’entraînement et de soutien auprès de la famille royale, il s’agissait de l’Aérospatiale SA.342 Gazelle. Sa longévité aura cependant été bien moindre puisque le tournant du siècle lui fut fatal. L’hélicoptère monoturbine français quitta le service actif dans la RAF en 1997.

Westland Gazelle HCC Mk-2, l’hélicoptère personnel d’Elizabeth II durant près de 15 ans.

Il est intéressant de voir que si le Puma n’a pas (encore) trouvé de successeur le remplacement des Gazelle se fit au moyen de deux modèles d’hélicoptères français non concernés par l’Anglo-French helicopter agreement car postérieurs à ce dernier. Pour les missions d’entraînement la Royal Air Force sélectionna l’Eurocopter Squirrel HT Mk-1 et pour celles de transport et de soutien de la famille royale l’Eurocopter Twin Squirrel HCC Mk-1. Il est à signaler qu’aujourd’hui plus aucun de ces deux modèles d’hélicoptères ne porte les couleurs de la RAF !

Photos © UK Ministry of Defence et US Library of Congress.

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11 COMMENTAIRES

    • Quel tacte. Si les Rosbifs étaient les chienchiens des Yankee , ne seraient-ils pas équipés de F-15 à la place de Tornados , de F-22 à la place d’Eurofighters , de Blackhawk à la place des Merlins.
      Mais bon , vu votre pseudo , faut pas s’étonner votre délicatesse…

      • Laissez tomber Fougère, je pense que le Fdesouche n’est pas tout seul dans sa tête ! Ou alors il n’a pas la lumière à tous les étages.

      • Mais ils possèdent des tomahawks, les missiles balistiques US pour les SNLE Britanniques et dans les années 80 la RAF avait failli s’équiper de F117. Je ne cautionne pas du tout les propos de Fdesouche mais il faut avouer que la défense britannique est particulièrement dépendante des USA.

        • En effet, la défense britannique a énormément acheté et fabriqué sous license du matériel américain (Je pense principalement au F-4K utilisé par la RN) mais les Américains ont failli fournir des Polaris aux autres européens (Les italiens ont équipes un croiseur avec quatre tubes préparés pour ce missile). L’abandon du TSR.2 peut s’expliquer par des ingérences étrangères mais le F-111K , lui aussi , a étéabandonné.
          Les anglais ont quand même exigés que leur Phantom soit équipé de réacteurs Spey , histoire de faire tourner un minimum leur industrie.

  1. Surtout pour les missiles ballistiques être dépendant d’une autre nation pour s’en fournir c’est ne pas être totalement indépendant niveau dissuasion nucléaire. Juste pour info le Royaume-Uni ne possede que la composante océanique pour la triade nucléaire. Ils possédaient les V-bombers, le buccaneer ou des Panavia Tornado GR1/1A porteurs de l’arme nucléaire pour la force aérienne mais aujourd’hui plus rien.

    • Il est certain que l’abandon de la WE 177 (l’équivalent de l’AN 52) à la fin des années 90 a laissé la dissuasion nucléaire anglaise sur les seuls Trident américains. Après , les têtes nucléaires et la chaîne de commandement restent britanniques , ce qui est moindre comparée à la dissuasion française . Néanmoins, les liens entre le Royaume Uni et les États Unis, bien qu’étant très  »special » , ne sont pas des liens vassaliques , bien que la special relationship reste étrange

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