Un Français n’est pas un Allemand qui parle français, l’adage est bien connu outre-Rhin. Pourtant sur le plan aéronautique Allemands et Français vont bientôt se séparer de leurs avions transport tactique C.160 Transall. Et chez nos voisins la question de l’avenir de ces avions revient de plus en plus dans la presse, spécialisée ou non. Actuellement douze de ces machines volent encore au sein de la Luftwaffe.

Dans cette dernière comme au sein de notre Armée de l’Air et de l’Espace c’est l’extraordinaire Airbus Defence & Space A400M Atlas qui va remplacer totalement le vénérable bimoteur à turbopropulseurs franco-allemand. La comparaison entre les Transall C.160 allemands et français s’arrêtent pourtant là. Les avions ont été utilisés de manières très différentes.
L’Allemagne n’étant plus vraiment une ancienne puissance coloniale ses avions de transport tactique ont très peu opéré en Afrique sub-saharienne, sauf lorsqu’ils volaient pour le compte des forces onusiennes. Ils ont surtout volé en Allemagne ou bien auprès des pays voisins. Résultat les C.160D allemands sont théoriquement bien moins usés que les C.160R français. Théoriquement car en pratique ils ont beaucoup moins souvent été modernisés et remis à jour. Leur avionique est en fait assez basique.

L’hypothèse d’une revente sur le marché de l’occasion fut un temps avancé par Berlin mais l’option ne semble pas trouver de débouchés. La présence en masse des Lockheed C-130B/E/H Hercules américains semble bien doucher les espoirs allemands dans ce sens.
On parla aussi un temps de transformer une partie de cette flotte en avions bombardiers d’eau mais là encore la concurrence de machines plus polyvalentes et adaptées comme l’Avro RJ85 britannique ou le Bombardier Dash 8 canadien joue en défaveur d’un tel chantier. Il pourrait rester les musées pour quelques exemplaires, mais là encore l’adage populaire sur les différences entre Allemands et Français n’est pas à oublier.

Car s’il y a bien un domaine dans lequel nos amis et voisins allemands sont absolument nuls c’est bien dans la préservation de leur patrimoine aéronautique ! Ils sont pires que nous autres Français, c’est dire. Ils ne savent tout simplement pas faire. Si on compte près de cinquante musées d’aviation ou bien comptant une division aéronautique, répartis sur l’ensemble du territoire allemand, aucun n’est réellement publique ! Il ne s’agit que de structures privées ou semi-privées, ayant plus ou moins de moyens financiers et plus ou moins de mécènes. Une structure comme le Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget ou le National Air & Space Museum de Washington DC est tout bonnement inconcevable pour les Allemands.
Le MMB de Berlin, le Militärhistorisches Museum der Bundeswehr, qui réunit des collections d’avions exclusivement militaires a déjà récupéré le C.160D codé 50+56.

Deux belles réussites franco-allemandes : le Transall et le Tigre.

La question en Allemagne taraude donc les médias spécialisés depuis plusieurs mois maintenant. La puissante presse quotidienne généraliste s’en est récemment saisi. Les Allemands peuvent t-ils réellement laisser partir à la ferraille le symbole même de leur renouveau aéronautique et des liens qui les unissent avec les Français ? La question divise outre-Rhin.

Photos © Bundeswehr.

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