Cela fera alors presque décennie complète que les pilotes britanniques n’auront pas protéger leur espace maritime, autant dire une éternité. En effet la Royal Air Force ne pourra pas mettre en œuvre ses premiers Boeing Poseidon MR Mk-1 avant au moins le printemps 2020 voire l’automne de cette même année. En cause non pas des retards de la part de l’avionneur américain mais bel et bien des incapacités logistiques à mettre en ligne ces biréacteurs de nouvelle génération. Au final pourtant ils rejoindront pourtant bien leur antre écossaise de RAF Lossiemouth.

Depuis juin 2011 et le retrait du service du dernier BAe Nimrod MR Mk-2 la Royal Air Force ne possède plus d’avion de patrouille maritime. Et comme cette mission ô combien maritime relève depuis le Coastal Command de la seule RAF la Fleet Air Arm ne possède aucun avion équivalent. De ce fait elle ne possède plus aucune expérience en la matière et doit reposer la surveillance aéroportée de son espace maritime sur divers accords de défense avec notamment les États-Unis et la France.

En 2020 donc les pilotes et équipages britanniques pourront compter sur les premiers des neuf Boeing Poseidon MR Mk-1 commandés voici trois ans. Des avions qui depuis RAF Lossiemouth assureront la surveillance des côtes autant que des zones maritimes hauturières et pourront pourchasser les submersibles ennemis s’aventurant trop près des ports-bases de Sa Majesté. Seulement voilà actuellement cette base sise en Écosse accueille actuellement le gros des unités de chasseurs multirôles Eurofighter Typhoon FGR Mk-4 à savoir les 1st, 2nd, et 6th squadron. La base doit donc être réaménagé en profondeur afin de recevoir également les Poseidon. Dans le même temps il est question que le 2nd Squadron quitte cette implantation pour rejoindre l’ex-base de RAF Leuchars, fermée en 2015, et qui sera donc réactivée.

Il faut dire que la Royal Air Force joue sur des œufs avec ces deux bases écossaises qui sont dans le collimateurs des écologistes locaux. Et pour cause : à l’époque de leur ouverture les généraux britanniques avaient eu la mauvaise idée de les installer au milieu de zones particulièrement boisées. Et qui sont donc aujourd’hui protégées.
Dans le même temps plusieurs responsables écologistes britanniques ont reconnu publiquement qu’il était nécessaire que la RAF retrouve une capacité de patrouille maritime, et donc de protection de l’environnement côtier et hauturier.

Photo © Wikimédia commons.

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7 COMMENTAIRES

    • À titre très personnel je pense que l’absence de patrouille maritime est plus grave que l’absence d’un porte-avions car c’est une carence lourde dans le principe de souveraineté et de défense de son territoire et de ses intérêts.

        • Et en 2020 ils auront retrouvé les 2 alors que la France sera toujours avec son seul PA, à se demander encore et toujours s’il n’en faut pas un deuxième, et avec des Atlantique 2 en fin de vie sans certitude de remplacement avant 2030.

        • @Dimitri
          Aux dernières nouvelles, le 2nd PA UK n’est pas prêt pour être opérationnel avec un groupe aéronaval, et puis il vaut peut-être mieux un seul PA STOBAR que 2 PA STOVL.
          Pour l’ATL2, je pense que l’on peut encore voir venir les solutions pour son remplacement (par un ou plusieurs types de plateformes), quitte à les prolonger encore de quelques années.

        • L’ATL2 refondu en a encore pour quelques années de service, la quinzaine d’appareils concernée devra en effet tirer la corde jusqu’en 2030. D’ailleurs pour l’anecdote, un de nos ATL2 avait été envoyé quelques jours en Écosse fin 2015 pour épauler les britanniques ayant un souci croissant d’intrusions de sous-marins russes.

          Pour la suite, la déclaration d’intentions Franco-Allemande MAWS début 2018 visant à remplacer respectivement ATL2 et P3 devrait faire son chemin, et suivie à mon avis par d’autres pays d’Europe souhaitant remplacer leurs P3.
          A l’instar du P8, un dérivé de liner devrait être vraisemblablement choisi. Il pourrait être question d’un dérivé militaire d’A320, auquel cas la part de marché de l’avionneur européen dans la PATMAR (avec le remplacement des innombrables P3 en service de par le monde) pourrait se poser en concurrent sérieux pour le P8 (qui rappelons-le engrange commande sur commande sans réel concurrent, si l’on exclut le Kawasaki P1).

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