C’est un chiffre symbolique pour le constructeur européen. ATR vient de livrer ce jeudi 29 novembre 2018 son 1500ème avion, un ATR 72-600, destiné au transporteur nippon Japan Air Commuter. C’est aussi le reflet d’un succès né dans les années 1980 de la volonté de la France et de l’Italie de s’implanter sur un marché alors émergent : celui des avions régionaux et courts-courriers. En quelques années ce constructeur a su devenir un acteur majeur du secteur.

Qui aurait pu imaginer en 1982 quand le groupement d’intérêt économique ATR (pour Avion de Transport Régionale mais également Aerei da Trasporto Regionale) a été fondé par Aérospatiale et Aeritalia que trente-six ans plus tard il serait l’un des deux principaux avionneurs spécialisés dans les avions de ligne turbopropulsés ? Pas grand monde à vrai dire. Car à l’époque British Aerospace, De Havilland Canada, ou encore Fokker et Saab produisaient de telles machines sans compter les avionneurs soviétiques.
De nos jours le premier a cessé, le troisième a carrément disparu, le quatrième ne produit plus d’avions civils et le deuxième est seul encore en lice au travers de Viking Air. Quand aux constructeurs ex-soviétiques leurs productions sont devenues quasi marginales.

Donc entre le 3 décembre 1985 où le premier exemplaire de série est entré en service, à l’époque un ATR 42, et aujourd’hui la livraison au Japon de cet ATR 72-600 il s’est passé trente-trois ans (presque jour pour jour) et 1500 avions de série.
Et de nos jours ces deux avions n’ont réellement qu’un seul et unique concurrent sérieux : le très polyvalent Dash 8 canadien !
Il est d’ailleurs intéressant de voir que Japan Air Commuter, branche régionale du géant JAL, tourne désormais peu à peu le dos à cette machine nord-américaine au profit des ATR 42-600 et 72-600.

Car aujourd’hui pour les clients de l’avion européen il y a avant tout la stabilité affiché d’un constructeur appartenant à 50% à Airbus et à 50% à Leonardo, c’est à dire deux des acteurs majeurs du secteur. Et le succès s’en fait ressentir. Des ATR volent partout dans le ciel, sous les immatriculations de pays aussi différents que l’Albanie, les États-Unis, la France, le Japon, le Maroc, la Russie, l’Uruguay, ou encore le Zimbabwe. Un succès de A à Z en sommes.
Seul bémol le marché de la défense demeure encore balbutiant malgré l’existence de versions de patrouille maritime des ATR 42 et ATR 72. Mais ces deux avions pourraient bien connaitre très prochainement des contrats juteux, n’ayant pas vraiment de concurrents sérieux face à eux.

Photo © Wikimédia.

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