La remise à niveau des moyens aéroportés de veille radar n’est pas uniquement une préoccupation des forces de l’OTAN. L’état-major russe a annoncé qu’elle avait modernisé l’intégralité de sa flotte de Beriev A-50. Les avions ont été transformés au standard A-50U et bénéficier notamment d’un radar légèrement plus puissant Schmel M mais également de nouveaux équipements de communication. Une solution qui évite ainsi à la défense russe de remplacer ces avions très couteux à l’emploi et finalement utilisés principalement en opérations extérieures.

Un temps on a pu croire que Moscou allait faire modifier ses douze Beriev A-50A afin de les porter au standard du A-100 Premier. Finalement les généraux (et sans doute surtout les financiers du Kremlin) ont opté pour l’option la moins onéreuse : le A-50U. Cinq de ces avions sont d’ailleurs en service depuis 2017 et leur achat neuf, ils n’ont donc pas été concernés par cette modernisation.
Par rapport à son prédécesseur il dispose d’un radar Schmel M plus puissant permettant de localiser des cibles aériennes dans un rayon de 700 kilomètres, contre 650 précédemment. Comme tous les AWACS actuels les A-50 et A-50U peuvent également traiter des cibles au sol ou sur les eaux. Là encore la distance gérée a été légèrement augmentée passant de 275 à 325 kilomètres à la ronde. Dans certains cas extrême le Schmel M peut détecter de très gros navires (type super tanker ou porte-avions) jusqu’à 400 kilomètres de l’avion.

Pour autant à la différence notable des Boeing E-3 Sentry en service aux États-Unis, en France, ou encore au Royaume Uni les Beriev A-50 russes ne volent pas quotidiennement pour surveiller l’immensité territoriale de ce pays. En fait ils sont surtout utilisés en opérations extérieures comme actuellement en Syrie pour guider les vagues de chasseurs-bombardiers Sukhoi Su-24 et Su-34 contre les ennemis du régime El-Assad.
La Russie s’appuie encore très largement sur le puissant maillage de stations-radars hérités de l’ex-Union Soviétique.

Et c’est justement en tirant profit des enseignements de ces engagements en Syrie ou bien au-dessus du territoire ukrainien occupé de Crimée que les ingénieurs russes ont élaboré ce chantier de modernisation. Entre autre les Beriev A-50U sont désormais plus efficace dans leur gestion en temps réel des données et leur retransmission aux avions de combat.
Pour autant cela demeure un avion d’ancienne génération et l’aviation russe devra tôt ou tard envisager son remplacement.
Le nouveau Beriev A-100 Premier pourrait être alors la solution.

Photo © Keypublishing

 

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3 COMMENTAIRES

  1. Je ne me lasse jamais de ce site qui a souvent de nouveaux articles !
    Vous dites qu il peut détecter un avion dans un rayon de 700 km. Ne serait ce pas 350km? 700 me paraît énormissime, surtout pour détecter un avion.
    Quoi qu il en soit, merci encore pour ce travail !

    • Non non les chiffres relayés dans l’article sont bel et bien ceux annoncés par l’avionneur et le ministère russe de la défense. Après il convient de se demander jusqu’où ils sont réalistes et à partir de quel moment ils tombent (un peu) dans la propagande visant à la désinformation.

  2. Surveiller l’immensité territoriale de la Russie par cet avion est inutile, il doit certainement patrouiller dans des zones permettant de voir au-delà des frontières du pays.

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