C’est un pas de plus pour l’aventure aéronautique en Turquie. Le prototype d’avion d’attaque au sol et d’appui aérien Turkish Aerospace Industries Hürkus-C a mis fin le samedi 29 décembre 2018 à son ultime phase d’essais en vol. Y ont notamment été validé les armements et systèmes de reconnaissance utilisés dans quelques mois par la force aérienne turque. L’avion est également proposé à l’export, comme une alternative annoncée moins onéreuse aux avions existant déjà.

Cette phase finale d’essais en vol du Hürkus-C aura entre autre permis de valider l’emploi de plusieurs armements très différents les uns des autres. La roquette de 70mm à guidage laser Cirit et le missile antichar fire & forget Mizrak-U, tous deux de conception et de réalisation turque, ont été validé à l’emploi par le nouvel avion. En dotation standard ce sont respectivement deux fois quatre et deux fois deux munitions de ce type qui peuvent être tirés. Mais le Hürkus-C a aussi été essayé avec quatre missiles Mizrak-U sous l’aile droite et une bombe lisse Mk-82 sous l’aile gauche.
Des tirs ont aussi eut lieu pour le kit guidage laser HGK de conception locale et adaptable sur cette munition de facture américaine.
Pour terminer son armement comprend également des nacelles de mitrailleuses de 12.7mm et de canons de 20mm fournis par l’industrie turque, avec le soutien d’entreprises européennes.

Pour autant il ne semble pas que la célèbre bombe guidée GBU-12, directement dérivé justement de la Mk-82, fasse parti de l’arsenal du nouvel avion turc. Pas plus que la GBU-38, alias JDAM, membre de la même famille. Dans le même ordre idée les roquettes de 70mm et missiles antichars conçus aux États-Unis ne semblent pas non plus faire partie de l’arsenal du Hürkus-C.

Et cette absence notable d’armement made-in USA pourrait être à double tranchant. D’un côté cela pourrait en effet permettre de toucher des marchés fermés aux avions armés par les États-Unis (quoique la question de la motorisation nord-américaine se posera toujours) pour diverses raisons diplomatiques voire politiques. Mais de l’autre cela pourrait jouer en faveur des avions concurrents qui eux disposent des capacités d’emport pour les GBU-12 et/ou GBU-38, ou encore les missiles AGM-114 Hellfire.
Tout n’est donc pas aussi simple qu’il y parait dans la commercialisation future du Hürkus-C.

Car sur les marchés internationaux l’avion va rencontrer deux mastodontes en face de lui, à commencer par l’Embraer A-29 Super Tucano brésilien et très prochainement le Beechcraft AT-6B Wolverine, directement dérivé de l’avion d’entraînement T-6A Texan II. Le premier est déjà très bien implanté et surtout il est combat proven. Le second va très certainement le rejoindre, et même peut-être sous la cocarde toujours vendeuse de l’US Air Force.
Il devra aussi affronter le KAI KA-1 Woongbee sud-coréen qui a lui aussi largement fait ses preuves et se vend, difficilement certes, mais réussit à être commercialisé à l’export.

Autant le dire de suite, même si la production de Hürkus-C atteindra au moins les 12 exemplaires de série, ceux commandés par la Turquie, rien n’est moins sûr ensuite. Pourtant l’avion semble séduisant mais il arrive sur un marché international véritablement verrouillé. Sauf bien sûr si le récent rapprochement en Ankara et Moscou permet à Turkish Aerospace Industries de gagner des marchés. D’autant que l’industrie aéronautique russe ne possède actuellement aucun avion concurrent, le nouveau Yakovlev Yak-152 n’étant pas annoncé autrement que comme machine d’entraînement basique et intermédiaire.

Photo © Keypublishing.

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