C’est une prise de conscience paradoxale dans le pays d’un Donald Trump qui a décidé de claquer la porte aux accords de Paris. Depuis maintenant deux ans les personnels du 176th Wing de l’US Air Force essayent d’adapter leurs modes d’interventions aux modifications du climat en Alaska. Il faut dire que ce grand état du nord ouest américain subit de plein fouet le réchauffement climatique avec des hivers de plus en plus tardifs et courts. Du coup c’est toute la doctrine d’emploi des hélicoptères militaires de sauvetage qu’il faut revoir.

Le vol en montagne, autre spécialité du 210th RS.

Car en Alaska le 210th Rescue Squadron est une véritable institution, et pas uniquement au sein du 176th Wing de l’US Air National Guard dont il dépend. Ses hélicoptères de recherches et de sauvetages Sikorsky HH-60G Pave Hawk sont les véritables mules du secours héliporté. Ils remplissent des missions proches du service publique 365 jours par an et par quasiment toutes les conditions météorologiques : pluies verglaçantes, tempêtes de neige, vents tournoyants, rien ne semble les arrêter.

Or depuis l’apparition des HH-60G Pave Hawk au début des années 1990 les conditions d’intervention ont bien changé. À cette époque là les équipages se considéraient en hiver dès la mi-octobre et l’apparition des premières neiges et ce jusqu’à au moins la mi-avril. Et cela était encore plus prégnants dans le passé, à l’époque notamment des Sikorsky HH-3E Jolly Green Giant. Aujourd’hui il en est très différemment.
Du coup avec le retard d’apparition des glaces, la réduction des banquises et bien entendu la raréfaction relative des chutes de neige les équipages et mécanos ont du s’adapter.

Membre d’équipage d’un HH-60G Pave Hawk du 210th RS dans la neige : une quasi image d’Épinal.

Par exemple les pilotes réalisent beaucoup moins d’atterrissages, privilégiant le transport sous élingue au transport en soute quand ils doivent transporter du ravitaillement au profit des populations civiles particulièrement excentrées ou bien des forces déployées loin sur le territoire de l’Alaska. De nos jours le risque que la glace rompe sous le poids de l’hélicoptère est loin d’être négligeable, et ce même en plein hiver. Du coup le rayon d’action de l’appareil s’en ressent à charge marchande égale.

Ravitaillement de populations civiles par élingue.

Même principe lorsque les pilotes du 210th Rescue Squadron s’exercent à la dépose de troupes en période glaciaire ils sont obligés de le faire à l’aide de la corde lisse et non plus d’un posé d’assaut. Et bien entendu par grand froid la technique d’aérocordage s’avère encore plus délicate qu’en période printanière ou estivale autant pour les équipages que pour les combattants.

Aujourd’hui les femmes et les hommes du 210th Rescue Squadron savent que leurs hélicoptères interviendront dans le futur sur un territoire alaskain de moins en moins enneigé, y compris en plein hiver. Et c’est pour cela qu’avec l’aide de leurs collègues du 212th Rescue Squadron, une unité en fait totalement administrative et ne possédant aucun aéronef, ils ont développer ces évolutions dans l’engagement de leurs moyens. Actuellement d’autres unités de l’US Air National Guard provenant d’état septentrionaux comme le Dakota du nord, le Maine, ou encore l’état de Washington viennent aussi se former à ces évolutions.

Atterrissage aux abords d’une station scientifique en Alaska.

Une fois encore ces militaires si particulier sont les témoins au quotidien des évolutions climatiques. Et grâce à leur intelligence autant qu’à la polyvalence de leurs Sikorsky HH-60G Pave Hawk ils peuvent s’adapter afin de continuer à servir chaque jour les besoins des habitants isolés, des scientifiques, et bien entendu de la défense américaine.

Photos © US Department of Defense.

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom