Cela peut paraître surprenant de moderniser des avions high tech, c’est pourtant une habitude pour les Israéliens. Spécialistes internationalement reconnues du rétrofit les industries aéronautiques israéliennes ont entrepris de modifier les chasseurs de 5e génération Lockheed-Martin F-35I Adir actuellement en cours de livraison. Le but de ce chantier, réalisé officiellement avec l’assentiment des États-Unis, est d’adapter les avions aux besoins de Heyl Ha’Avir en matière de contre-mesures électroniques. Pour autant il n’est nullement question d’exporter aux autres utilisateurs étrangers de l’avion américain cette technologie.

En fait ça n’a rien d’une nouveauté au sein de l’état hébreux ! Les industries aéronautiques israéliennes adaptent tous les avions livrés par l’industrie américaine aux besoins locaux. Cela fut le cas il y a quelques années avec les Boeing F-15I Ra’am et Lockheed-Martin F-16I Sufa. Et pourtant ces avions avaient déjà été pensé au départ en collaboration entre les deux pays.
En fait l’idée remonte aux années 1980/1990 et aux chantiers de modernisation des McDonnell F-4E Kurnass, McDonnell-Douglas F-15C/D Baz, ou encore General Dynamics F-16C/D Barak. Et à chaque fois c’est surtout l’avionique et l’armement qui furent concernés par ces modernisations, plus encore que les cellules elles-mêmes.

Dans le cas des Lockheed-Martin F-35I Adir seule l’avionique est concernée. Et plus particulièrement les équipements de guerre électronique embarqués, ceux permettant de protéger les avions lors des phases d’attaque. Car à la différence par exemple des Britanniques ou des Italiens qui utilisent leurs Lightning II encore principalement lors de missions de défense aérienne les Adir assurent des missions de frappes en profondeur.
Les Israéliens ont bien compris l’intérêt de tels avions vis à vis de voisins jugés hostiles ayant tous des moyens de détection radar plus ou moins élaborés.

Sauf qu’aux yeux des militaires israéliens l’auto-défense électronique des chasseurs furtifs de 5e génération est insuffisante. D’où cette décision de lancer un chantier de modernisation.
Et pour cela plutôt que de tester les équipements sur un avion lambda, habituellement un F-16D ou plus rarement un F-15D, Heyl Ha’Avir a décidé de mobiliser un F-35I. L’avion quitte donc la première ligne et rejoint le Tayeset 601 qui dépend du Merkaz Nisu’ey Tisa. Ce dernier est le centre d’essais en vol d’Israël.
Il servira de plastron volant afin de définir les futurs équipements.

Officiellement ces transformations d’avions américains souvent neufs sont réalisées d’un commun accord entre les États-Unis et Israël. Officieusement il semble qu’il en soit assez différemment. Les avionneurs américains sont ensuite à la peine pour empêcher que d’autres pays utilisateurs en fassent de même. Pis ces modernisations israéliennes desservent bien souvent les exportations. Pourtant cela fait partie de ce que les Américains appellent la relation privilégiée avec les Israéliens.

Selon Heyl Ha’Avir les premiers F-35I Adir modernisés pourraient sortir des chaînes israéliennes à l’horizon 2025. D’ici là cependant il faudra définir les équipements en question et vérifier leur compatibilité avec l’avion furtif.
Actuellement Israël utilise vingt-quatre avions de ce type et en attend encore trois d’ici la fin de l’été et trois autres entre novembre et décembre.

Photo © Heyl Ha’Avir

 

Publicité

10 COMMENTAIRES

    • Il faut croire que la relation privilégiée États-Unis / Israël donne des accès à ces codes. Après on sait que tout ce qui tourne autours des fameux codes du F-35 fait fantasmer beaucoup, et donne pas mal de grain à moudre aux théoriciens du complot autant qu’aux aficionados du bashing anti-Lightning II.

  1. Les limites de la furtivité…

    Israel à raison de jouer sur tous les tableaux (guerre électronique…)
    Les premiers retour doivent être intéressants, autant pour les USA qu’Israël surtout dans cette zone

    Merci à eux!! Enfin des personnes qui ont compris l’utilité du F-35!! (Une future bête en air/sol une fois les milliards de problèmes réglés…)

    • Je partage entièrement les propos de Red star « Une future bête en air/sol une fois les milliards de problèmes réglés… » Le rayon d’action du F-35 convient parfaitement pour un petit pays comme Israel ou certains états européens. Au risque de déplaire à Arnaud, le F-35 « a les pattes beaucoup trop courtes » pour remplir les missions de supériorité aérienne d’un pays géographiquement très vaste comme le Canada.

      • Au risque de vous choquer Simon j’ai toujours considéré que le F-35A Lightning II n’était pas adapté aux besoins canadiens. Et puis franchement pourquoi refiler un avion conçu pour faire la guerre à un pays qui ne la fait finalement pas si souvent que ça, même pas au sein de forces multinationales. Pour les Canadiens le Super Hornet est bien suffisant, il permettra à l’Aviation Royale Canadienne de demeurer inféodée à l’US Air Force et à son NORAD. Vous n’avez finalement besoin que d’un avion de supériorité aérienne.

        • Vous ne me choquez absolument point bien au contraire! Le F-35 ne convient pas au besoin de l’ARC. Le terme « inféodée » chatouille ma fibre nationaliste mais je comprends votre point de vue.

  2. Les Israéliens avaient précisé qu’ils l’achèteraient à condition qu’il soit « open source », ou pas d’achat! Les ricains ont cédé, Israël qui refuse de l’acheter n’était pas bon pour l’image du F35. Ce sont les seuls dans ce cas alors qu’ils n’ont pas participé à la conception. Même les anglais n’ont pas ce privilège alors qu’ils sont partenaires de 1er rang.

  3. Ils vont faire ce que LM est incapable de faire et mettre enfin ce zinc au point, LM pourrait peut être en prendre de la graine , qui sait ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom