Les Britanniques tentent-ils de reprendre la main dans les opérations aériennes sur leurs homologues français ? On peut raisonnablement se le demander avec le raid aérien mené ce mardi 19 février 2019 par deux Typhoon FGR Mk-4 de la RAF contre un navire léger de l’organisation terroriste Daech. Afin d’assurer sa destruction les pilotes britanniques ont eu recours à des missiles air-sol légers Brimstone Mk-II, une munition jusque là utilisée par les Tornado GR Mk-4. Dans le même temps ces avions de combat emportaient des bombes guidées type Paveway.

En fait le missile Brimstone est présent sur le théâtre d’opération irako-syrien depuis ses débuts. Les Panavia Tornado GR Mk-4 s’en sont servis contre les positions de l’autoproclamé État Islamique dès septembre 2014. Leur recours sur Eurofighter Typhoon FGR Mk-4 est beaucoup plus récent, n’ayant été validé par le ministère britannique de la défense que depuis quelques semaines seulement. Et avec ce chasseur de nouvelle génération, équivalent européen au Dassault Aviation Rafale C français, les pilotes de la RAF disposent d’une plateforme d’attaque au sol et d’appui très efficace.

Le raid aérien mené ce mardi 19 février 2019 en journée contre un navire de patrouille fluviale sur l’Euphrate n’a pu être rendu possible que par la précision du missile Brimstone Mk-II. Guidé à la fois par laser et centrale inertielle cette munition d’une portée d’environ 50 à 60 kilomètres a touché la cible en plein cœur, tandis que sur les bords du fleuve les troupes des troupes démocratiques syriennes assuraient une couverture rapprochée. Le navire, en proie aux flammes, a ensuite coulé au fond du fleuve. Un raid aérien qui a permis aux forces de la coalition de reprendre l’avantage sur les derniers éléments encore très mobiles des groupes terroristes armés de la région.
Il s’agit officiellement, selon le gouvernement britannique, du premier emploi opérationnel d’un tel missile en mission de guerre depuis un Typhoon.

Gros plan sur trois missiles Brimstone, ici installés sous un drone de combat Reaper.

Pour autant les avions de la Royal Air Force emportaient également des bombes guidées laser Paveway IV qui n’ont pas été utilisés finalement. Désormais les pilotes britanniques pourront engager régulièrement ces munitions sous leurs avions d’armes.

Photos © Royal Air Force.

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10 COMMENTAIRES

    • Bien sûr qu’il y a une compétition médiatique car dans les deux cas cela permet de vendre ou non l’avion sur les marchés de l’export. Rafale Vs Typhoon, la compétition médiatique existe depuis les raids aériens contre Khadafi.

  1. L’eurofighter est très loin d’égaler le Rafale, il accuse notamment un retard énorme en terme de senseurs. Son radar aesa est très en retard et aujourd’hui cet équipement très performant et bien plus discret est primordiale car la furtivité d’un avion passe par la discrétion de ses senseurs, plus important qu’avoir des formes à la noix façon f35.

    • Que vient faire le F-35 là-dedans ? Certains ne peuvent pas s’empêcher de casser du sucre sur le dos de l’avion américain. Ils réduisent ainsi à néant tout leur argumentaire précédent. C’est dommage !

  2. Le Typhoon obtient désormais un capacité bien plus redoutable que ce que possède Rafale désormais.
    Avec le Brimstone II qui possède un portée similaire à l’AASM avec en plus une capacité anti-char et une taille réduite, le Typhoon deviens meilleurs qu’un Rafale en terme d’attaque au sol grâce au Brimstone II auquel 12 peuvent être monté sur Typhoon contre 6 AASM pour Rafale.
    Mais en effet en terme de senseur, Rafale reste devant. N’empêche que si j’ai le choix entre Typhoon brimstone et Rafale AASM je choisirai le Typhoon.

    • Brimstone et A2Sm ne jouent pas dans la même cour, leur conception, usage et charge de combat ne sont vraiment pas comparables.

      Le kit A2Sm se module de la munition de 125 à 1000kg, bref c’est une vraie bombe -même si propulsée. Elle ajoute une capacité stand-off par rapport aux Paveway pour des frappes de précision plus lointaines sur objectifs multiples (dont bâtiments / bunkers), mais aussi mobiles. Inconvénients : taille / poids importants, et risques de dommages collatéraux.
      Le Brimstone reste avant tout un missile léger anti-véhicule (dont tanks avec sa charge creuse) de la classe de l’Hellfire US (50kg charge militaire comprise) et d’une grande précision sur cibles mouvantes rapides ou d’opportunité, d’où son usage sur drones et en grand nombre sur avions, mais totalement incapable de détruire des infrastructures de plus grande taille comme de vraies bombes guidées donc moins polyvalent (et n’oublions pas que la majorité des Brimstone en service dans la RAF sont au standard 1, donc +/- 20km de portée).

      Dans les faits, ces deux munitions seraient donc plutôt complémentaires. Mais je suis d’accord avec vous dans le fond : la France ne possède pas de capacité anti-véhicule léger / char sur Rafale, et doit traiter toutes ses cibles (même très légères) à coups de bombes guidées de type Paveway ou A2Sm, ce qui n’est pas leur usage premier.
      Niveau coût, par contre, Brimstone / A2SM sont quasi-similaires, et encore trop chers pour détruire un pick-up, une barque, ou un vieux T55.

  3. Le Typhoon II de la RAF n’emporte pas de canon de bord contrairement à ceux de l’Allemagne. Je me questionne sur la pertinence de ce choix. Depuis les combats au Nord Vietnam, la présence d’une arme de bord est toujours justifiable malgré les le perfectionnement des missiles Air-Air. Si le Typhoon II est choisi pour remplacer nos CCF-118, je suis prêt à parier un 2 dollars canadiens que ceux-ci seront munis d’un canon.
    Le tir réalisé en situation de combat du du missile Brimstone Mk-II favorisera la vente de celui-ci. Il fut conçu pour traiter de tels objectifs.

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