Les ennuis sont loin d’être terminés pour le KC-46 Pegasus au sein de l’US Air Force. Alors que les premiers exemplaires de série viennent d’arriver en unité l’US Department of Defense met de nouveau Boeing en demeure de livrer ses nouveaux biréacteurs de ravitaillement en vol en respectant toutes les règles de sécurité. En effet fait hallucinant des pièces détachées et même des outils ont été retrouvés par les militaires américains au moment de leur livraison à Altus AFB. Une polémique de plus qui vient obscurcir un peu plus le ciel de l’avionneur de Seattle déjà empêtré dans les ennuis suite à l’écrasement du 737 Max éthiopien.

Et c’est directement l’acheteur numéro 1 de l’aviation militaire américaine, le sous-secrétaire à l’Air Force Will Roper qui a tapé du poing sur la table. Il ne demande plus rien, désormais il exige de Boeing de rectifier le tir. Et donc de livrer ses nouveaux ravitailleurs en vol biréacteurs en respectant les délais et en s’assurant qu’aucun élément n’a été «oublié» sur la chaîne d’assemblage.

Il faut dire que les équipes du 56th Air Refueling Squadron ont fait de drôles de découvertes, sur deux avions. Des éléments allant de vis et écrous à des plaques métalliques de quelques centimètres carrés laissés dans la structure de l’avion. Pis sur l’un d’entre eux les personnels d’Altus AFB ont retrouvé rien moins qu’un tournevis électrique et une agrafeuse professionnelle. Ce ne sont pas là des petits tournevis, il s’agit d’outils volumineux et qui manquent forcément aux techniciens tête en l’air qui les ont laissé dans l’avion.
Comme l’a rappelé Will Roper de tels outils auraient pu faire de graves dégâts à l’avion en cas de problème durant un vol. Et ça pour un constructeur lambda ce serait déjà inadmissible mais pour Boeing c’est presque difficilement croyable.

Will Roper a prévenu Boeing que désormais les inspections lors des livraisons de KC-46A Pegasus seront poussées bien plus loin qu’habituellement et qu’aucune erreur ne sera pardonnée. Il envisage même des rétorsions économiques à l’encontre de l’industriel.
D’autant que comme il l’a rappelé l’avion présente un grave défaut au niveau des caméras servant à l’opérateur de ravitaillement en vol pour contrôler la bonne marche du transfert de carburéacteur. Sous certaines contraintes météorologiques ces équipements fonctionneraient mal. L’équipementier Rockwell-Collins qui fournit ces matériels s’est vu notifié de telles modifications sans augmentation de l’impact économique.

Une chose semble sûre le Boeing KC-46 Pegasus peinera vraiment à être déclaré IOC d’ici la fin de l’année 2019. Désormais de plus en plus de voix s’élèvent aux États-Unis pour réclamer que l’US Air Force ait recours à des locations d’avions ravitailleurs privés. Pour autant bien sûr il n’est nullement question de l’annuler et d’en faire profiter Airbus. Le Pentagone sait parfois être pragmatique, mais jamais à ce point là !

Photo © US Air Force.

 

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11 COMMENTAIRES

  1. Quand on regarde les caractéristiques du KC-46A et de l’A330 mrtt, qui sont au passage largement en faveur de l’avion européen, c’est difficile de croire que le gouvernement américain ai choisi l’avion de Boeing autrement que pour des considérations protectionnistes.
    Pour une force aérienne du niveau de l’USAF c’est plutôt une version militaire du Boeing 777 qui leur aurait fallu.

  2. Deux problèmes majeurs et totalement indépendant:
    – premièrement, un problème industriel au niveau des assemblages des avions, qui montre un manque ou une perte de compétence professionnelle des ouvriers au niveau du constructeur.
    – deuxièmement, le problème de vision vers l’arrière est particulièrement important, car pour l’opérateur cela devient problématique, surtout avec le système rigide utilisé par les américains pour de nombreux avions et nouveaux drones.

    • N’allons pas jeter la pierre sur les ouvrier. Boeing à un carnet de commandes archi plein. Les ouvriers doivent sûrement avoir une cadence de travail de dingue avec un rythme de production très élevée à assurer. Rien que pour le 737 max, Boeing en assemble 52 par mois et prévoyait, avant l’accident d’Ethiopian, d’augmenter encore la production.

    • Il est probable que les ouvriers les plus qualifiéssont sur les lignes de productions civiles et que pour le KC-46 Boeing emploi des sous-traitants dont l’expertise est douteuse.

  3. Jeune homme vous êtes passionné par l’aéronautique, c’est bien, mais n’écrivez pas n’importe quoi.
    Les procédures d’assemblage sont très précises. L’ouvrier (compagnon), prend auprès du contre-maitre concerné (electrique, moteur, cellule, etc) la fiche d’assemblage concernant la pièce ou les éléments á monter.
    Sur celle-ci est mentionné l’outillage nécessaire, les pièces à prendre au magasin, et le mode d’assemblage détaillé.
    De retour au magasin il doit vérifier le retour de l’outillage.

    Ensuite un contrôleur vérifie et atteste le montage correct des éléments.
    Donc, rien à voir avec le carnet de commande.

    • Oui c’est comme il y a deux ans dans les actualités diverses, un client qui a commandé une VW golf neuve, reçoit sa voiture en concession avec 2 sièges avants aux couleurs différentes. Pourtant la voiture a été manipulée par d’autres personnes avant lui mais personne n’a donné l’alerte.

    • Bonsoir Richard, nous avons modéré un commentaire de Dutertre qui considérait le vôtre comme condescendant mais utilisait un vocabulaire pour le moins vulgaire. S’il vous plait évitez d’appeler certains « jeune homme » et d’avoir des avis à l’emporte-pièce. Cela n’en sera que meilleur pour tout le monde.

  4. L’erreur est humaine, mais là surtout dans ce domaine cela fait « négligé », l’avion d’Airbus avait été choisit dans un premier temps avant que l’appel d’offre ne soit « truqué » en faveur de boeing dans des conditions que l’on pourrait qualifier de « douteuses », alors franchement je n’y vois qu’un retour de bâton bien mérité.

  5. Auparavant, il existait plusieurs constructeurs d’aéronefs pour combler les besoin de l’Oncle Sam. Le jeu de la concurrence garantissait la production de modèles de qualité. Maintenant Boeing est presque tout seul… L’administration américaine osera-t-elle taper suffisamment fort sur la table pour éviter de tels incidents? Et le président Trump se rangera-il du côté de l’administration?

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