Franchir l’Atlantique sur un navire pour des chasseurs embarqués c’est plutôt logique, sauf que là il s’agit d’un vulgaire cargo. Cinq anciens avions de la Marine Nationale, des Dassault Super Étendard Modernisés, sont actuellement en route vers l’Amérique du sud à bord du navire de commerce Lily Auerbach. Le bâtiment a quitté le port du Havre ce mercredi 17 avril 2019 et doit atteindre celui de Bahia Blanca en Argentine le 10 mai. Ensuite les monoréacteurs seront remis à l’aéronavale argentine qui les attend avec impatience.

Près d’un mois de traversée donc pour ces cinq avions de combat qui vont en Argentine connaitre une seconde vie. Un peu moins de trois ans après leur retrait du service les Dassault Super Étendard Modernisés reviennent donc sur le devant de la scène. Mais quel parcours du combattant pour en arriver là.
Car jusqu’à récemment ils étaient stockés à l’Élément Air Rattaché 279 de Châteaudun, une implantation de l’Armée de l’Air sise en Eure-et-Loir. Une fois le contrat franco-argentin signé il y a un peu plus d’un an il a fallut littéralement les ressortir de la naphtaline, ou plutôt de leur film plastique de protection. Puis de là ils ont été acheminé par la route, sous convoi exceptionnel, jusqu’au port normand du Havre. Emmaillotés dans un nouveau cocon protecteur ils ont été chargé sur le cargo Lily Auerbach.

Contrairement a ce qui a pu être écrit l’an dernier sur certains sites d’information le ministère argentin de la défense a bien confirmé que ces cinq avions étaient destinés à voler en unité de combat et non à servir à la cannibalisation. Ce sont d’ailleurs les anciens avions français (porteurs des numéros 1, 31, 41, 44 et 51) ayant le moins d’heures de vol et le moins d’appontages au compteur.
Ils vont permettre de partiellement remplacer les actuels onze avions d’origine sur les quatorze commandés en 1979 et engagés au combat durant la guerre des Malouines.

Leur entrée en service opérationnelle est espérée outre-Atlantique pour le début de l’été 2019. Un retour en force pour ces avions qui pour autant demeureront des chasseurs terrestres, l’Argentine n’ayant plus de porte-avions depuis les années 1990.

Photo © Wikimédia commons.

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14 COMMENTAIRES

  1. Je n’ai jamais étée fan des SE(M):
    – Très très peu maniable
    – Sub-sonique (au tout juste super sonique)
    – Sous-motorisé avec un rapport poids-poussé de 0,42
    – Rayon d’action moyen
    – Emport extrêmement limité (il me semble avoir lu qu’il n’emporte qu’une bombe de type JDAM)

    Ce qui n’arrange pas les choses, mais n’est pas important, c’est qu’il est moche … vraiment moche.

    J’espère que d’autres lecteurs pourront m’en dire plus sur cet avion car je sens tout de même qu’il est aimé.

    • Tout simplement car le Super Etendard n’est pas un avion de chasse à proprement parlé. C’est un avion d’attaque a l’instar d’un a6 intruder ou un a7 corsair américain. Il était utilisé principalement ( voir uniquement ?) pour l’attaque au sol, la lutte antinavire ou la reconnaissance. Donc pas besoin de PC ou d’être d’être rapide comme un mirage même s’il atteignait quand même le mach 1.3. Comme son prédécesseur, l’étendard IV, il n’était jamais lâché seul sur un PA. Il était constamment accompagné par un véritable chasseur, F8 crusader puis Rafale.

  2. Je comprends que le SEM n’est pas un avion de chasse. Dans son rôle d’attaque au sol il était très faible comme je l’indiquait « Emport extrêmement limité (il me semble avoir lu qu’il n’emporte qu’une bombe de type JDAM) ». Un A-6 ou A-7 c’est 28-30 Mk82! Ca c’est du sérieux. L’A-6 avec son gros nez avait un radar de suivi de terrain très avancé par exemple.

    Je dois sûrement rater quelque chose concernant cet avion.

    • Peut-être que c’était pile l’avion qu’il fallait pour les moyens de l’époque de la marine nationale. C’etait avant tout un porteur de missile, le fameux couple exocet SUE, et son radar qui pouvait détecter une frégate à 100 km. Et puis il est resté en service 38 ans, même quand le Rafale était largement mature. C’est que la marine nationale y trouvait quelque part son intérêt.

    • Que vous n’aimiez pas l’architecture générale du Super Étendard je peux parfaitement le comprendre mais que vous le considériez comme un mauvais avion d’attaque là je ne comprends pas trop sur quoi factuellement vous faites reposer votre propos Jeanne. Rappelons ne serait-ce qu’une seule statistique le concernant sur les 20 dernières années de sa carrière. Durant la campagne de frappes aériennes de la guerre du Kosovo en 1999 il a été l’avion de la coalition internationale avec le plus haut taux de réussite (environ 97%) loin devant des avions pourtant de conception plus récente que lui comme les General Dynamics F-16CJ et Lockheed F-117A américains. Ses seuls erreurs de tir ont concerné deux attaques à la bombe lisse.
      Après je vous le concède, mettre en parallèle l’avion français et l’A-6 Intruder est ridicule, le second étant en fait bien plus un bombardier embarqué qu’autre chose.

  3. A l’instar de Dimitri, je suis d’avis qu’il fut l’appareil d’attaque dimensionné spécifiquement pour les PA français de l’époque : petit, robuste, classique, docile, résolument orienté subsonique, et ravitaillable en vol, bref conçu sans chichi ni nécessité de très hautes performances (CF son ATAR -bridé sans PC- dont une version équipait pourtant les Mirage 3 et F1 capables de +M2). Je n’ai toutefois jamais lu qu’il était si peu manœuvrant, au contraire même. Le comparer à un A6 biplace de pénétration tout-temps pesant le double à vide, capable d’emporter 7t en externe contre 2 et opérant de PA 2 fois plus gros est donc à mon sens assez vain : c’était un appareil de la catégorie du Skyhawk et qui aura eu une toute autre longévité 😉 .

    N’oublions d’ailleurs pas qu’initialement dévolu à la lutte antinavire avec l’AM39 Exocet (un missile sous l’aile, bidon sous l’autre, rôle dans lequel il excella et fut craint mondialement, les Anglais en firent les frais) et l’attaque légère à la roquette, il fut graduellement adapté à de nombreuses missions au fil de son évolution.
    Nounou (via le fameux pod), reco avec la version IV-P, puis plus polyvalent avec les SE puis SEM via l’intégration du Magic2 pour l’air-air basique, l’ASMP pour la dissuasion, et l’AS-30L / GBU-12 ou 49 pour l’attaque.
    Initialement unique en effet (toujours en configuration asymétrique bidon / armement permettant une meilleure autonomie, le pod de désignation ATLIS occupant le point ventral), l’emport en GBU fut ensuite doublé avec un dual rack (le portant au même niveau que les 2000D sur la période Afghanistan… hé oui, nos avions avant le Rafale et à l’exception du Jaguar n’étaient pas de gros camions à bombes).
    https://www.meretmarine.com/sites/default/files/styles/mem_846_article_content/public/new_objets_drupal/14541.jpg

    Etendard IV et IV-P de reco, et plus tard SE puis SEM furent donc tout à fait taillés pour la Royale, assurèrent avec succès (et un peu d’improvisation) toutes les missions qui leur furent confiées malgré l’arrivée progressive des RafaleM avec lesquels ils cohabitèrent quasi 12 ans le temps de leur maturation, et de fait légitimement très aimés par leurs équipages.

  4. Il ne faut pas oublier que l’Etendard est un avion monoréacteur et monoplace fait pour exécuter des missions en binôme sauf pour la reco.
    Alors comparons les capacités de 2 Etrds avec celles d’un biplace.

  5. Qu’en est il des éléments confidentiels de ces avions : ddt asmp, gps p/y; Ont ils été supprimés avant livraison aux argentins ?

    • Les équipements liés à l’ASMP ont évidemment été déposés, ceux relatifs au GPS pas forcément. En même temps ce dernier est-il vraiment « confidentiel » ?

  6. Quand je lis cet article, je me dis que certains pays sont bien mal en point. Racheter des étendards qui ont bien servi montre le peu de moyen consacré à la défense du pays.

    Heureusement nous n’en sommes pas là.

  7. Super petit avion avec lequel il fallait com:pter en lutte anti surface. ( anti navire)..Souvent guidé par un atlantic.. qui lui fournissait les coordonnées du but,et assurait le guidage par un système très simple ( bip IFF) il était difficilement détectable car volant au ras des flots en phase terminale et ne remontant quelques secondes pour tirer l’exocet…Pas beaucoup de préavis….Très efficace. avec le patmar…

  8. Sans parler de sa capacité a se ravitailler à une nounou du même type à l’aller et au retour ce qui lui permettait plus d’allonge…
    Malheureusement le premier pilote a se tuer avec un super étendard ( en 1980 14F), le maitre Dauphin, était de ma promo de maistrance aéro..Je pense souvent à lui..RIP.

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