Quelques semaines après l’USS Dwight D. Einsenhower c’est aujourd’hui au tour de l’USS John C. Stennis de jouer le rôle de salle de classe flottante. Depuis ce mercredi 30 octobre instructeurs et élèves pilotes du Training Air Wing 1 de l’US Navy s’exerce au délicat art de l’appontage et du décollage depuis un pont d’envol de porte-avions. De futurs pilotes américains mais également britanniques et français participent à cette série de vols pour laquelle le bâtiment américain n’accueille aucun autre type d’avion à son bord. Et c’est en Atlantique nord, à quelques encâblures des côtes américains que cela se déroule.

Point de Boeing F/A-18E/F Super Hornet ou d’EA-18G Growler à bord de l’USS John C. Stennis, même les habituels Grumman E-2C Hawkeye ont déserté les hangars et le pont d’envol. Un vénérable Grumman C-2A (R) Greyhound a bien réalisé deux rotations depuis la côte est des États-Unis, mais il y est retourné une fois sa mission logistique terminée.
En fait seuls deux hélicoptères de soutien et de secours en mer Sikorsky MH-60S Knighthawk demeurent à bord.
Les autres aéronefs portent clairement les couleurs des unités d’entraînement et de formation.

Il n’y a pas d’heure pour voler sur T-45C Goshawk.

La livrée blanche et rouge des McDonnell-Douglas T-45C Goshawk ne passent définitivement pas inaperçue sur le pont d’envol d’un porte-avions américain. Les plus britanniques des avions d’entraînement américains sont ici présents aussi bien sous les marquages de l’US Navy que de l’US Marines Corps. Et à bien tendre l’oreille dans les coursives de l’USS John C. Stennis on pourrait presque se croire à bord du Charles de Gaulle. En effet le Pentagone a reconnu qu’une demi-douzaine de stagiaires français, des pilotes de la Marine Nationale, se trouvait à bord du navire américain. Ils se forment avec leurs collègues américains, mais aussi britanniques. Sauf qu’après eux voleront sur Dassault Aviation Rafale M.

Car l’actuelle génération de jeunes pilotes embarqués américains est destinés à trois modèles d’avions principaux : l’omniprésent F/A-18E/F Super Hornet bien entendu mais également les F-35B et F-35C Lightning II. Ce qui est intéressant de voir c’est que les futurs pilotes de cette machine partagent avec leurs collègues français le point commun d’ensuite devoir être formés sur simulateurs de vols, après leur passage sur T-45C Goshawk. En effet le F-35 Lightning II tout comme le Rafale M n’existe qu’en version monoplace, la transformation opérationnelle n’étant donc pas possible sur biplace.

Crosse d’appontage sortie ce T-45C Goshawk va bientôt se poser.

Durant ces quelques jours donc les apprentis pilotes vont se former et surtout se qualifier à l’appontage et au décollage depuis le pont de l’USS John C. Stennis. Deux techniques qui ne sont pas aussi évidentes qu’il n’y parait. On n’est pas là dans un film hollywoodien, la moindre erreur de pilotage se paye cash. C’est pourquoi la sécurité à bord est essentielle. À chaque rotation l’équipage de l’hélicoptère MH-60S Knightnawk veille, paré à mettre à l’eau son plongeur-sauveteur. Sur le pont d’envol les équipes de secours et de lutte contre l’incendie sont eux aussi en alerte maximale.
Il faut dire que de jour comme de nuit, par temps clair autant que sous la pluie ou la grêle les missions des instructeurs et des élèves pilotes s’enchaînent. Immobiliser un porte-avions a un coût, même pour la puissante US Navy. C’est pourquoi ces sessions de formation ne durent rarement plus de dix jours.
Une période intensive.

Photos © US Navy.

 

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