C’est l’un des hélicoptères qui intrigue le plus les passionné(e)s de voilures tournantes. Si on en croit les annonces officielles russes c’est au cours du mois d’avril 2019 que doivent arriver en unité les premiers Mil Mi-28NM de série. Il reste donc moins d’une décade au constructeur pour respecter le calendrier émis l’an dernier. Sachant que le premier exemplaire de série a été aperçu par des spotters il y a peu la chance pourrait bien être du côté de l’hélicoptériste.

Pour mémoire le Mi-28NM est la dernière évolution (en date) du si mal connu Mil Mi-28 conçu durant la guerre froide comme une réponse soviétique au McDonnell-Douglas AH-64A Apache. Si les deux hélicoptères ont en commun une laideur repoussante le second s’est nettement mieux vendu que le premier et a beaucoup plus su faire la démonstration de ses capacités sur le champ de bataille.
Quelques Mil Mi-28 ont été aperçu en 2000 en Tchétchénie (alors qu’ils n’étaient pas encore officiellement en service) puis plus récemment au-dessus du territoire ukrainien sous occupation de Crimée ou encore en Syrie. Sur ce dernier théâtre d’opération un Mi-28N a été perdu.

Le développement du Mi-28NM a été long et particulièrement semé d’embuches. Les autorités russes n’ont jamais caché leur embarras vis à vis de celui que l’OTAN appelle Havoc, et pour cause. Non seulement il ne peut nullement remplacer le Mil Mi-24, n’ayant pas la moindre capacité de transport de troupes d’assaut, mais en plus il se trouve en concurrence directe avec le Kamov Ka-52. Ce dernier est très apprécié depuis quelques années des pilotes et généraux russes, mais aussi des décideurs moscovites. Il faut dire qu’il est actuellement un des tout meilleurs hélicoptères de combat de la planète. Ce que visiblement ne sera jamais le Mi-28NM.

Quand en 2009 son développement est lancé il est sensé permettre de concurrencer l’AH-64D Longbow Apache mais aussi le Tigre, déjà en service depuis alors respectivement douze et six ans. Sauf qu’aujourd’hui il arrive sur le marché et se trouve face à l’AH-64E Guardian mais aussi à de nouveaux hélicoptères de combat en provenance notamment de Chine comme les WZ-10 et WZ-19. Et toujours l’hélicoptère européen !
Le premier vol du prototype Mi-28NM remonte à mi-2016 et la commande étatique russe à fin 2017. Il s’agissait alors de quinze exemplaires. Depuis plus rien, il semble bien que ces machines soient les seules souhaitées par Moscou. Dans le même temps le carnet de commande de Kamov et de son Ka-52 est bien rempli !

Quel intérêt alors pour Moscou d’acheter un hélicoptère qui visiblement ne l’intéresse pas ? Certainement pour assurer une forme de représentativité de la machine et essayer d’accrocher des marchés à l’export. L’Algérie (déjà détentrice de modèles antérieurs) et le Venezuela seraient sur les rangs pour acheter des Mi-28NM. Dans le même temps des pays pourtant dans le cœur de cibles de Mil semblent eux-aussi se tourner vers Boeing et son Guardian, c’est le cas de l’Irak qui pourtant aligne une grosse vingtaine de Mi-28NE. L’Inde elle a définitivement choisi le camp euro-américain.

Le Mil Mi-28NM arrive donc sur le marché au pire moment pour l’industrie russe. Et ce malgré qu’il annonce des capacités tout à fait comparables avec ses concurrents notamment en matière de lutte antichar de nuit ou encore de reconnaissance armée. Sauf que les combats contre les colonnes de blindés sont un peu révolus. Chez Airbus Helicopters, Boeing et Kamov on semble l’avoir compris ; visiblement pas dans les bureaux d’études Mil.
Au final le Mi-28NM risque bien d’être à l’image des autres versions du Havoc : impressionnant mais totalement inadapté à son époque et donc au final inutile. Ça fera toujours les affaires de la concurrence, et de Kamov en premier lieu.
Et si en fait deux hélicoptères russes de combat ce n’était pas finalement un de trop ? Nous le saurons bien assez rapidement.

Photo © Keypublishing

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1 COMMENTAIRE

  1. « Si les deux hélicoptères ont en commun une laideur repoussante  »
    Perso, je trouve que question look, le Apache est très joli, contrairement au Mi-28.

    Après, il est sur que cet appareil fait doublon face aux KA-52, qui m’ont l’air technologiquement bien plus avancé et interessant. La configuration en rotor contrarotatif offre des gains de performances certains, ainsi qu’une grande agilité, la capacité d’emport et l’optronique est suppérieur, et le KA-52 est très certainement le meilleur hélicoptère d’attaque polyvalant du monde, aussi efficace en montagne que dans les milieux marins.

    Face a ce succès, les MI-28 semblent commandés davantage pour sauvegarder l’industrie de Mil, et peut être dans un soucis de cout.
    Pilotant le KA-50 sous DCS, un simulateur ultra réaliste, cet appareil est vraiment formidable, et la version 52 ajoute a cette cellule la modernisation des capteurs et de l’électronique.

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