À l’époque cela avait été un évènement retransmis en direct à la télévision, et les chaînes d’information en continue n’existaient pas. Le 7 mai 1994 la Marine Nationale réalisait la cérémonie de mise à flot de son joyau, le porte-avions Charles de Gaulle. Il s’agissait du premier bâtiment de ce type disposant d’une propulsion nucléaire et cela avait créé un véritable choc en Europe. En effet à cette époque seule l’US Navy disposait de porte-avions nucléaires, la France entrait donc dans un club très très restreint.

Pourtant en ce printemps 1994 il n’est pas encore question de faire apponter le moindre avion dessus. D’ailleurs le Dassault Aviation Rafale M en est encore à sa phase d’essais en vol. Et son premier contact avec le puissant navire de guerre n’interviendra qu’en juin 1999 durant une double campagne de tests : avion et bâtiment à la fois.
Lorsque le Charles de Gaulle est officiellement mis à flot ce 7 mai 1994 c’est encore un prototype, il devra attendre plus de six ans pour officiellement entrer en service. Il sera armé le 28 septembre 2000.

Et pour l’occasion ce sont les plus hautes autorités de l’état qui ont fait le déplacement depuis Paris pour rejoindre Brest. Le Président de la République François Mitterrand, le premier ministre Édouard Balladur, le ministre de la défense François Léotard, et Robert Badinter le président du conseil constitutionnel sont venus en Bretagne. Il faut dire que c’est un véritable évènement à la portée historique autant que politique.
Mais au fait saviez-vous que le Charles de Gaulle ne devait pas au départ s’appeler ainsi ? Au milieu des années 1970 quand sa réalisation est annoncée par l’Élysée il s’appelle Bretagne. Puis François Mitterrand entend le baptiser Richelieu avant finalement de céder à la requête de son premier ministre Jacques Chirac qui veut honorer le chef de la France Libre et de la 5ème République. En 1986 il devient donc Charles de Gaulle.

Et dès le départ, dès cette mise à flot la question d’un deuxième porte-avions identique, un sister-ship comme disent les Britanniques se pose. Mais en 1994 François Mitterrand a d’autres chats à fouetter, le vieux chef d’état est usé par deux septennats et rongé par le cancer. Il décide donc de laisser cela à son successeur, un an plus tard. Et Jacques Chirac ne va jamais vraiment avoir l’intention de le commander. Il fait demander deux études en ce sens, une auprès des militaires et des industriels, et l’autre auprès d’un cabinet indépendant. Et finalement il ne commande pas de deuxième porte-avions ! Celui-ci deviendra alors un serpent de mer auquel se rattacheront beaucoup de ceux qui espèrent. En vain.
Aujourd’hui un tel navire n’aurait plus de raison d’être, il serait technologique dépassé. Reste à savoir si le Charles de Gaulle sera remplacé par un seul ou deux bâtiments. Seul l’avenir nous le dira.

Photo © Marine Nationale.

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