Pour Moscou et Washington c’est l’incident de trop ! Et chacun rejette logiquement la faute sur l’autre dans cet accrochage maritime sur les eaux de la mer de Chine entre le croiseur américain USS Chancellorsville et le destroyer russe Amiral Vinogradov. Seulement voilà des images existent désormais, rendues possibles par l’un des deux hélicoptères embarqués Sikorsky MH-60R Seahawk du navire américain. Des photos qui malheureusement ne permettent toujours pas de savoir qui a agressé l’autre.

Alors forcément quand la marine russe déclare que ce vendredi 7 juin 2019 son destroyer naviguait paisiblement dans les eaux internationales et que le croiseur américain lui a délibérément foncé dessus, l’US Navy rétorque exactement l’inverse. C’est de bonne guerre. Sauf que désormais il est temps de connaître la vérité. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle ne sera pas évidente à mettre en lumière.
Pourtant ce n’est pas anodin que deux navires de deux telles puissances antagonistes puissent se retrouver à moins de 15 mètres l’un de l’autre. Surtout qu’ils étaient au beau milieu de la mer des Philippines, à plusieurs dizaines de kilomètres de toutes côtés.

Sauf qu’à l’instant de l’incident seul un des deux hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk se trouvait dans son hangar à bord de l’USS Chancellorsville. Le second était en vol. Il revenait d’une mission de patrouille. Et c’est lui qui a permis de connaître les seules images divulguées de l’incident. Deux photos sont actuellement connues mais très honnêtement elles ne permettent pas forcément de se faire une idée concrète de la situation.
Nous avons décidé de vous les reproduire pour que vous puissiez vous faire vous aussi peut-être une idée par vous même.

Un des seuls facteurs sûr c’est qu’au moment de l’incident aucun autre aéronef ne se trouvait sur zone. Aucune chance donc que la Russie ne fournisse d’image. Les radaristes embarqués à bord de l’USS Chancellorsville ont confirmé qu’aucun des deux hélicoptères embarqués Kamov Ka-27 n’avait pris les airs avant ou pendant l’accrochage naval. Les hélicoptères russes étaient remisés à bord de l’Amiral Vinogradov.
Ce sont deux bâtiments de taille et de masse assez similaires, même si le navire américain est légèrement plus gros. Par contre leur puissance de feu n’est absolument pas comparable. Le navire russe est spécialisé dans la guerre anti-sous-marine tandis que son homologue américain est avant tout destiné à frapper des cibles à terre.

Le croiseur américain USS Chancellorsville.

Chacun d’entre eux naviguait en zone internationale et aussi bien selon Moscou que Washington aucun tir n’a été réalisé, malgré ce qu’une certaine «presse» a pu prétendre dans les heures qui ont suivi l’incident. Dorénavant c’est un affrontement diplomatique qui se joue entre les deux puissances.
Et à chacun et chacune de se faire sa propre idée.

Photos © US Navy.

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8 COMMENTAIRES

  1. n’etant certainement pas un expert, meme pas un marin, en regardant ces photos, il me semble que le navire de gauche (Russe je suppose) est a fond de train et que celui de droite est en vitesse de croisiere normale…

  2. Bon meff à l’intox! Sans aucun partie pris, on peut noter:
    – un helico US en vol..Tiens, tiens…Parfait pour immortaliser l’incident…Mais que faisait-il avant? That is de question? Il était pas entrain d’agacer un petit peu le nounours russe?…
    – le navire russe commet manifestement une faute avec une route d’abordage..
    – les marins russes font de la bronzette…Drôle de posture pour des agresseurs…
    – on ne sait pas si les marins russes ont des ordres pour agacer leurs homologues US mais manifestement ils n’ont pas de …contre-ordre..
    -les américains crient au scandale comme dans la cour de récré…
    Pas très sérieux tout ça…De la com?

  3. Bonjour à tous.
    Les règles de priorités maritime fonds que le bateau arrivant de la droite est prioritaire. Comme en voiture…
    Sauf bien sur ci ce bateau à volontairement modifié son cap ou sa vitesse pour venir en route de collision auquel cas il perd sa priorité.
    Il semblerait donc que c’est le navire à gauche de la photo qui est prioritaire.
    Mais…
    Sur la première photo les sillages des deux bâtiments semblent plus ou moins rectilignes, bien que j’ai un doute sur celle de celui de gauche qui est un peu en S en bout de turbulence de sillage.
    Autre chose, on a l’impression que le navire de gauche est « plein gaz » (voir le sillage proche) alors que le navire à droite semble plus en vitesse de croisière. Bien entendu sans tenir compte de l’hydrodynamique des ces navires que je ne connais pas. Mais quand même!!!
    Qu’en conclure??? Je laisse à d’autres le choix de le faire… Ou pas!

  4. La priorité à droite c’est pour les voiliers, le fameux  » tribord amures, roi des mers »…Pour les navires à propulsion, c’est le rattrapant ou le plus manœuvrant ( bateau au cap récupération helico est considéré non manœuvrant) qui doit passer d’un cote ou de l’autre…En cas de route d’abordage à 90° ben effectivement c’est le moins c.. qui bouge ( surtout que plus on bouge tôt et moins la correction de route est importante…)….Dans le cas présent, c’est pas arrivé tout seul et ça devait faire un moment que les deux s’asticotaient…Faut bien s’occuper un peu…

    • La règle de la priorité à droite est la règle générale.
      Le tribord amure des voiliers n’a rien à voir avec le fait de venir de la droite ou la gauche. Dans ce cas tribord ou bâbord amure le voilier sur la même amure le plus prêt du vent a effectivement priorité. Pour l’éventuel rattrapant au vue des photos les navires sont plus côte à côte que l’un ou l’autre rattrapant. On est donc ( au vue de la photo) sur une route de collision non gérer par l’un ou l’autre.
      Les exceptions dont vous parlez sont juste, notamment la capacité de manœuvre. Et dans le cas présent sur ces photos rien ne permet malheureusement de savoir dans quelle exception serions nous pour l’un ou l’autre des bâtiments, avarie de barre, rupture d’une ligne d’arbre ou autre…
      Par contre je suis d’accord avec vous. Quelque soit la priorité un navire doit tout faire pour évité la collision. Même si il est prioritaire.
      Dans tout les cas et quelque soit le navire responsable on est bien dans « aucun ne veux lâcher »

    • Bonsoir,
      Les règles d’amures des voiliers n’ont rien à voir avec ce cas. C’est un tout autre problème. Même si elles relèvent de la même philosophie.
      Quant au bateau rattrapant vous avez tout à fait raison. Bien que sur ces photos il est impossible de définir qui est le rattrapant qui doit être sur le même cap que le rattrapé ce qui n’est pas le cas en l’occurrence.
      Le plus manœuvrant? Oui, mais la les deux sont visiblement « manœuvrant »!
      Nous avons la affaire à deux bateaux bord à bord (au moment de la photo) en route de collision.
      Maintenant je suis aussi d’accord avec vous que l’un a du chercher l’autre.

  5. Mouais, c’est extrêmement compliqué de juger du tableau, vu que les communiqués sont discordants (comme souvent dans ce cas !). Saura-t-on le fin mot de l’histoire ? J’en doute.

    L’argument avancé par les Américains est que le cap du Chancellorsville était constant à vitesse faible pour récupérer le Seahawk en vol. Mais cela s’annule d’un simple appel radio, et les pilotes US ne sont pas des manchots, qui plus est sur une mer aussi calme.
    Photos (avec la forte lame d’étrave et le sillage) et vidéos (rapprochement rapide du destroyer russe puis dépassement) prouvent nettement que l’Udaloy russe était à bien plus grande vitesse que le Ticonderoga US. Les marins russes bronzant sur la plage hélico ajoutent au côté étonnant de la scène.

    Seconde pierre d’achoppement, la localisation. Les Américains parlent de mer des Philippines, les Russes du Sud-Est de la mer de Chine… allez savoir. J’ai lu que les photos que l’on voit ici auraient été (à prendre avec des pincettes) plutôt prises par un P-8 que le Seahawk, les sources discordent sur ce point. Quoi qu’il en soit, les versions non tronquées des photos ci-dessus avec altitude (11 000 pieds, trop haut pour un Seahawk) et coordonnées géographiques révèlent une position à 175 miles au Sud-Ouest d’Okinawa ce qui va dans le sens du communiqué US (mais les chiffres avec un rapide montage d’image cela se bidouille aisément, d’où les pincettes).

    En tout cas, et c’est surtout ce que j’en retiens, aucun de ces deux navires modernes ne semble avoir fait quoi que ce soit pour sortir d’une route de collision aisément prédictible (règles maritimes mises à part, mais dont à mon avis ils font fi dans les cas tendus de ce genre), ce qui semble révélateur du fait que les deux cherchaient volontairement à ne pas dévier de leur cap, chaque commandant testant les nerfs de l’autre pour -éventuellement- pousser son homologue à la faute, ne pas céder aux provocation, et éviter la collision au dernier moment, créant un incident. Sur ordre, ou absence d’ordre.
    En somme, j’ai comme le sentiment que cette situation était précisément recherchée…

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