On a souvent tendance à croire, à tort, que les feux de forêts cessent une fois les vacanciers rentrés dans leurs pénates. La récente série d’incendies de zones naturelles aussi bien sur la façade Atlantique qu’autour de l’arc méditerranéen nous prouve le contraire. Et une fois encore les personnels de la Sécurité Civile sont aux côtés de leurs collègues sapeurs-pompiers pour apporter du ciel la réponse aux flammes. Septembre 2019 risque donc ne pas être beaucoup plus calme que juillet ou août.

À vrai dire que les Bombardier CL-415, les Dash 8, et les Tracker interviennent dans les Bouches-du-Rhône, le Gard ou encore les Pyrénées Orientales une fois la rentrée des classes survenue n’a absolument rien de surprenant. Dans ces départements les départs de feux ont régulièrement lieu au moins jusqu’à la mi-octobre voire jusqu’à la Toussaint. Les riverains et les vacanciers tardifs (les fameux septembriens comme on dit aujourd’hui) n’y prêtent presque plus attention.

Et pourtant même près de la Méditerranée certains incendies impressionnent encore. Prenons l’exemple du lourd feu de nature qui a ravagé un peu plus de 150 hectares autour de la petite ville de Conques-sur-Orbiel dans l’Aude mobilisant un demi-milliers de soldats du feu venus de huit départements de la région. Il a nécessité le déploiement d’une dizaine de bombardiers d’eau dont quatre CL-415 et deux Dash 8. Le reste était composé d’hélicoptères AS.350B Écureuil affrétés. Au sol comme dans les airs les pompiers ont tout fait pour protéger la région, et notamment son vignoble du grignotage des flammes.

Plus surprenant encore aura été la mission ce jeudi 5 septembre 2019 d’un Bombardier Dash 8 de la Sécurité Civile sur la série de feux de broussailles et de forêts qui a ravagé les alentours du village de Bédenac. Le bimoteur à turbopropulseur a eu pour mission d’aller bombarder au liquide retardant une zone qui n’avait pas été encore frappée par les flammes. Et afin de rajouter à l’incompréhension des témoins de la scène le feu était encore à plusieurs kilomètres de là.
En fait l’intervention avait été expressément demandée par le service départemental d’incendie et de secours de Charente-Maritime et par l’INPN, l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. C’est cet organisme qui gère l’aire de Bussac où le Dash 8 a été obligé de bombarder. Il ne s’agissait pas de protéger les centaines d’espèces présentes sur le site mais plutôt de refroidir les quelques centaines de kilos de munitions non explosées encore présentes sur une partie sécurisée de cet ancien terrain militaire. Il s’agit principalement d’obus datant des deux guerres mondiales. Fort heureusement aucune n’a explosé, l’équipage de pompiers volants est arrivé à temps. Pour autant un peu plus de 200 hectares de nature y sont partis en fumée.

Si des pistes criminelles sont parfois envisagées pour ces feux l’extrême sécheresse qui touche une grosse partie de la France explique aussi la multiplication de ces embrasements, et donc leur rapidité de propagation. Au grand dam des pompiers, qu’ils soient dans leurs camions rouges ou dans le cockpit de leurs aéronefs.

Malgré donc la fin des «grandes vacances» les feux sont toujours aussi violents. Et les femmes et les hommes de la Base de la Sécurité Civile de Nîmes sont de ce fait toujours autant sur la brèche. Le repos pour eux ce n’est pas encore pour maintenant.
En tous cas une fois encore chapeau bas celles et ceux qui protègent notre environnement et les habitants qui les entourent.

Photo © Sécurité Civile.

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