Le 199th Fighter Squadron est indubitablement une des unités de chasse les plus souvent mises en alerte aux États-Unis. Et une de leurs missions les moins connues est de contenir la présence de plus en plus fréquente des avions de reconnaissance lointaine des aviations chinoises et russes. Leurs F-22A Raptor sont fréquemment employés afin de maintenir ces avions loin des côtes de l’archipel américain d’Hawaï. Des missions qui incombent à ces pilotes de l’US Air National Guard.

F-22A Raptor à Hickam AFB.

Depuis maintenant plusieurs mois les survols des alentours de l’état insulaire américain par des Tupolev Tu-142 russes se font de plus en plus fréquents. Ces gros avions de reconnaissance maritime à longue distance, dérivés directement du bombardier stratégique Tu-95, peuvent en effet venir flirter avec les eaux américaines depuis n’importe quelle base sur la côte orientale de la fédération de Russie. Moyennant ravitaillement en vol ils peuvent même rester plusieurs heures à proximité des bases navales de l’US Navy.

Et les anges gardiens d’Hawaï connaissent bien leurs avions de combat, ils savent en tirer le meilleur. Ils volent en effet depuis neuf ans sur ces Lockheed-Martin F-22A Raptor, sans nul doute possible le meilleur chasseur de supériorité aérienne de tous les temps. Aussi c’est un peu un choc des générations quand ces deux modèles d’avions se rencontrent, mais comme cela existe aussi aux abords de l’Alaska. À croire que les équipages d’avions russes de reconnaissance ont une passion pour le biréacteur furtif américain. Ils passent leur temps à le titiller partout où il protège l’espace aérien des États-Unis.

Or aussi perfectionné que soient les Tupolev Tu-142 ils ne peuvent pas détecter le Lockheed-Martin F-22A avant que celui-ci ne soit à portée… visuel. Autant dire que les pilotes américains auraient cent fois le temps d’abattre ces gros et fort peu discrets quadrimoteurs à turbopropulseurs.
Parfois les équipages russes identifiés évoluent sur Ilyushin Il-38, le chasseur de sous-marins numéro 1 de l’aviation navale russe. Mais cet avion a un rayon d’action bien plus court que le Tu-142.

Et pour se maintenir le plus longtemps possible à proximité des avions russes les pilotes du 199th Fighter Squadron ont souvent recours à leurs collègues du 203rd Air Refueling Squadron et leurs Boeing KC-135R Stratotanker. Fait particulier ces quadriréacteurs de ravitaillement en vol sont eux-aussi rattachés à l’Hawaii Air National Guard. Ils restent donc entre eux sur ce coup là.

Une des montures du 203rd Air Refueling Squadron.

Si les avions russes sont assez fréquents dans cette région du Pacifique, une vingtaine d’occurrences par an environ, il faut savoir que les aéronefs chinois commencent eux-aussi à faire leur apparition. Pourtant Hawaï n’est pas dans sa zone d’influence. Il s’agit donc bel et bien là aussi de pures missions d’espionnages aéroporté. À deux reprises au moins un très discret Shaanxi Y-9JB a été intercepté par les pilotes de F-22A Raptor du 199th Fighter Squadron. Là encore les pilotes chinois n’ont découvert l’identité de leur adversaire qu’au dernier moment, ils ne se doutaient visiblement même pas qu’ils étaient pourchassés par ces puissants chasseurs. La majorité des autres missions de reconnaissance chinoise sont menées par des Shaanxi Y-8GX et des Xian HD-6. Ce dernier est la version de reconnaissance photo du bombardier Tupolev Tu-16 produit sous licence par Pékin depuis les années 1960.

Par tous les temps les F-22A Raptor hawaïens prennent les airs.

Actuellement il ne semble pas que les Chinois pas plus que les Russes ne possèdent d’AWACS susceptible de détecter en vol les chasseurs furtifs américains. Il suffit de voir la manière avec laquelle ils sont généralement interceptés par les pilotes de F-22A hawaïens. Du coup ces derniers sont actuellement parmi les aviateurs américains les mieux entraînés à ce type de missions.

Photos © Hawaii Air National Guard.

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1 COMMENTAIRE

  1. Qu’on ne s’y trompe pas, le but de ces reconnaissances russes ou maintenant chinoises c’est de collecter du renseignement sous toutes ses formes comme dit dans l’article…Ces aéronefs savent très bien que les avions US vont venir les identifier et de pour info, un simple coup de portable (codé) par un observateur pour signaler le décollage des nounous et des chasseurs et on a rapidement une idée de l’heure d’apparition des chasseurs US …Donc, non, pas de surprise…Au contraire…

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