Forcément il fallait s’y attendre : la démocratisation du drone amène également des dérives. Depuis maintenant plusieurs mois les autorités écossaises s’émeuvent régulièrement du fait que de nombreux curieux autant que des cryptozoologues amateurs font voltiger leurs drones au-dessus du Loch Ness afin de débusquer la mythologique créature. Évidemment pas le moindre dinosaure ou dragon à l’horizon mais certains jours de vrais embouteillages de petites machines volantes bourdonnantes. Et visiblement ça ne plait pas à tout le monde.

Déjà il y a quatre ans la presse britannique faisait écho de cette mode. Mais cette fois la coupe semble pleine pour les Écossais. Car si le tourisme ne représentait en 2018 que 3.3% du PIB écossais le Loch Ness est la troisième destination favorite des touristes dans cette région britannique après le château d’Édimbourg et la cathédrale de Glasgow. Sauf que la quiétude des eaux du loch est maintenant sérieusement remise en question. Et donc la manne financière du touriste lambda qui consomme en achetant peluches, magnets, et autres mugs à l’effigie du charmant Nessie.

Certains jours, principalement des samedis et des dimanches, les rives du célèbre lac regorgent non plus de pêcheurs ou d’amoureux du charme désuet des lieux mais de télé-pilotes amateurs. L’été dernier la police d’Inverness, territorialement compétente, a recensé jusqu’à 60 drones sur un espace d’à peine trois hectares et demi. Ça doit se bousculer dans le ciel. Et tous faisaient la même chose : filmer et photographier la surface de l’eau.
Et bien sûr aucun d’entre-eux n’a d’autorisation pour rechercher la créature. Car rappelons-le en Écosse on ne plaisante pas avec Nessie, seuls les cryptozoologues universitaires peuvent vraiment le chercher. Bon les autres le font aussi mais jamais officiellement.

Pour berner les policiers écossais certains petits malins ont trouvé la parade. Ils font décoller leurs drones depuis les abords du château d’Urquhart situé sur la rive nord du Loch Ness. Ses ruines mondialement célèbres attirent chaque année des dizaines de milliers de touristes. S’ils voient arriver une voiture de police immédiatement ils ramènent leurs drones au-dessus du château fort, prétextant que c’est celui-ci qu’il photographie et non le loch.
Niveau parade gens du coin, dont des militants écologistes, ne sont pas en reste pour demander la restriction des vols d’engins légers. Ils se place sous l’angle ornithologique rappelant que le Loch Ness est une réserve de biodiversité pour les oiseaux et que les drones pourraient les déranger. Et cela semble marcher au Parlement Écossais puisque de nombreux élus ont pris fait et cause dans ce sens.
L’autre piste étudiée est le brouillage systématique des drones. Celui-ci pourrait cependant avoir un effet néfaste sur les smartphones des milliers de tourismes allemands, américains, et français (les trois principales nationalités représentées entre 2010 et 2019 en Écosse) qui photographient le lieu et immortalisent ainsi leur voyage.

C’est donc bien un problème insondable auquel semble désormais soumis l’Écosse. La seule restriction connue à ce jour sur le Loch Ness concerne le survol des bateaux de balade touristique. Il est strictement interdit pour des raisons de sécurité.
En attendant celui qui doit bien se fendre la poire dans cette histoire, c’est ce bon vieux Nessie.

Photo © photothèque du Sénat.

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2 COMMENTAIRES

  1. Une solution consisterait à laisser ces gens s’épuiser en vain.

    Quand ils en auront marre de ne filmer que des vastes étendues d’eau terne, on peut parier que nos cryptozoologues finiront par replier leurs gaules.

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