À l’été 1969 très honnêtement peu de passionnés d’aviation devaient s’intéresser à la mini-révolution qui se jouait alors en Amérique du sud. Le lundi 19 août 1969 la société Embraer était officiellement créée avec pour but de développer des avions légers civils et militaires. De nos jours ce constructeur est devenu un acteur majeur du domaine aéronautique, même si une partie de son activité a été reprise par son concurrent américain Boeing. Retour sur quelques avions qui marquèrent profondément l’aventure Embraer.

L’Emb 202 Ipanema, méconnu sous nos latitudes.

Quand l’ingénieur aéronautique et homme d’affaire brésilien Ozires Silva fonde en août 1969 la société Embraer, peu de gens croient vraiment en l’idée de cet homme de 38 ans. Beaucoup le voient comme un doux rêveur, les avionneurs locaux étant alors des constructeurs sous perfusion de l’économie centralisée brésilienne. Aerotec et Neiva ne survivent vraiment que grâce à quelques commandes étatiques venant de la Força Aérea Brasileira. Silva lui croit en sa bonne étoile et en ses deux programmes d’alors : un bimoteur de transport léger destiné aussi bien aux clients civils que militaires et un monomoteur d’épandage sur cultures. Particularité Embraer prévoit de les doter de turbopropulseurs et non de moteurs à pistons.

Mais Ozires Silva n’est pas aussi fou qu’il y croit. Il s’est entouré de spécialistes de l’aviation légères. C’est notamment le cas de l’ingénieur français Max Holste, le papa du célèbre Broussard. Il passe également un accord d’assemblage sous licence de plusieurs modèles de monomoteurs et de bimoteurs de tourisme conçus par l’avionneur américain Piper. Une manière comme une autre selon lui de s’assurer que ses ateliers tourneront toujours, que ses ouvriers ne perdront jamais la main.

Et les paris industriels de Silva sont gagnants. Son bimoteur de transport léger Emb 110 Bandeirante est alors un succès tout autant que son Emb 202 Ipanema de travail agricole. Alors Embraer se lance dans des projets plus vastes comme l’avion régional Emb 120 Brasilia ou encore l’avion d’entraînement Emb 312 Tucano. Ce dernier se payera même le luxe d’être acheté par l’Armée de l’Air et la Royal Air Force. Embraer est désormais un grand dans le domaine.
Dans la foulée il rachète ses anciens concurrents Aerotec et Neiva.

Tucano T.1 de la Royal Air Force construit sous licence au Royaume-Uni par Short.

Les années 1990 et 2000 sont synonymes d’arriver du réacteur dans la gamme Embraer avec les avions de lignes régionaux ERJ135 et ERJ145 puis des EJets. C’est d’ailleurs le relatif échec de ceux-ci qui conduira Embraer dans les bras du géant américain Boeing en 2018-2019.

Mais l’avionneur demeure un acteur incontestable du secteur aéronautique de défense au travers de son Emb 314 Super Tucano, son AWACS maison E-99, et surtout désormais de son nouveau cargo militaire polyvalent KC-390. Celui que beaucoup présente comme le troisième avionneur mondiale derrière Airbus et Boeing est aussi un géant en devenir de l’aviation d’affaire au travers de ses Phenom 100 et 300, Legacy 450 et 600, et de son Lineage 1000 concurrent des Airbus A319CJ et Boeing BBJ.

Et puis Embraer c’est aussi quelques partenariats internationaux dont le plus célèbre et sans doute le plus abouti a donné naissance à l’avion d’attaque AMX développé conjointement avec l’Italie.

Embraer KC-390 sur sa chaîne d’assemblage.

À aujourd’hui 88 ans Ozires Silva a toutes les raisons d’être satisfait. L’entreprise qu’il a fondé est un mastodonte du secteur et des avions Embraer volent aujourd’hui sous presque toutes les immatriculations du monde et sous de nombreuses cocardes. Et cela n’est visiblement pas près de s’arrêter.
Joyeux anniversaire Embraer.

Photos © Embraer, Força Aérea Brasileira, et Wikimédia Commons..

 

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