Il n’y a visiblement pas qu’en France que la question de la retraite fait des remous, c’est le cas au Congrès américain. Sauf qu’il s’agit là de la mise à la retraite de deux modèles d’avions de reconnaissance et de surveillance utilisés par l’US Air Force. Pour des raisons bassement budgétaires l’administration Trump refuse catégoriquement d’accorder à l’aviation américaine de retirer du service ses Boeing RC-135U/S/V/W et ses Fairchild RC-26B. Une décision contestée par les généraux américains mais sans appel.

Fairchild RC-26B Metroliner.

La révision du budget de la défense pour l’année fiscal 2020 votée en catimini par les parlementaires américains interdit donc à l’US Air Force de préparer le retrait du service de ces deux types d’avions. Même s’il s’agit officiellement de deux avions de reconnaissances leurs missions sont très différentes. Les premiers assurent des vols de reconnaissance stratégique et d’espionnage aéroporté tandis que les seconds réalisent des missions de surveillance dans le cadre de la lutte contre les trafics de stupéfiants et contre le terrorisme intérieur des États-Unis.

Pourtant on ne parle pas de beaucoup d’avions. En effet les Boeing RC-135 volent actuellement aux États-Unis sous la forme de trois séries seulement. Il s’agit des trois RC-135S Cobra Ball spécialisés dans le suivi des tirs d’engins balistiques, des deux RC-135U Combat Sent destinés à la surveillance des émissions radars, et enfin des huit RC-135V/W River Joint d’espionnage aéroporté. Treize quadriréacteurs seraient donc à l’origine de cette nouvelle brouille entre le Congrès et l’US Air Force ? Oui et non.
Car il y a aussi le cas des dix bimoteurs légers Fairchild RC-26. Ils appartiennent tous à une seule et unique version désignée RC-26B Metroliner. Ces savions sont utilisés par l’US Air National Guard pour surveiller les flux d’importation de produits narcotiques illégaux ou encore assurer un soutien aéroporté aux forces de renseignement antiterroristes à l’intérieur du territoire américain.

C’est donc bel et bien l’outil de renseignement et de reconnaissance de l’aviation américaine qui se trouve au cœur des débats. L’administration Trump aimerait que le secteur privé soit bien plus intégré dans ces missions, les assurant au travers de sociétés dites contractors. Beaucoup d’entre-elles sont réputées pour avoir ouvertement soutenues l’élection de l’actuel président américain. De leurs côtés les généraux de l’US Air Force y voient une perte claire de leurs prérogatives sur le renseignement. Celles-ci sont héritées d’abord de la guerre froide puis de la guerre contre le terrorisme initiée après le 11 septembre.

Pourtant les militaires américains avaient commencé à réfléchir à des aéronefs pouvant succéder à ces deux types d’avions. Dans le cas du RC-26B Metroliner des machines dérivés du Beechcraft MC-12W Liberty ou encore du Bombardier RO-6A Saturn Arch en service dans l’US Army sont envisagés. Celui des treize RC-135 est plus épineux.
Même si ces avions sont plus vieux que les bimoteurs à turbopropulseurs ils sont aussi au centre de l’outil de renseignement américain et doivent donc être remplacés par un avion pérenne. Des pistes semblent se dessiner autour d’un couple formé par un drone HALE non révélé, peut-être dérivé du Northrop Grumman RQ-4B Global Hawk, et par un avion stratégique. Ce dernier sera selon toutes vraisemblances issu d’un avion de ligne long-courrier. Et à ce niveau là les volontaires ne sont pas nombreux : nous avons le choix entre les Boeing 777-8 et 787 Dreamliner. Un avion plus petit, et notamment un jet d’affaire modifié serait difficilement envisageable. Quand à Airbus et son A350 il est évident qu’il ne faut même pas l’envisager.

Boeing RC-135W River Joint.

Reste donc que les militaires américains devront continuer à voler sur ces avions encore pendant de long mois. Les vieux Boeing RC-135, tous hérités de la guerre froide, sont maintenus en état grâce au savoir-faire des mécanos.

Photos © US Air Force.

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1 COMMENTAIRE

  1. Le 767 pourrait être une bonne option permettant des économies logistique et de formation du personnel grâce à la présence en flotte dans l’USAF du KC-46A Pegasus

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