Il n’y a pas que les Boeing 737 Max pour faire perdre de l’argent aux compagnies aériennes. Depuis maintenant un peu plus de six mois le transporteur mexicain Interjet tente de revendre dix-huit de ses vingt-deux avions de ligne courts-courriers Superjet 100 de facture russe. Des biréacteurs commerciaux qui n’ont jamais réussi à satisfaire cette compagnie jugée globalement comme très innovante. Il est à signaler qu’actuellement seuls quatre de ces avions volent encore régulièrement, mais jamais vers les États-Unis.

Gros plan sur le nez de l’avion et le logo d’Interjet.

Mal connue de ce côté ci de l’Atlantique la compagnie aérienne mexicaine Interjet est spécialisée dans les vols courts et moyens-courriers. Sa flotte est exclusivement composée de biréacteurs mono-couloirs. Il s’agit principalement d’Airbus A320 et A321 d’ancienne génération autant que de nouvelle génération, dite Neo. Interjet aligne également vingt-deux Sukhoi Superjet 100, tout du moins sur le papier.
En effet ces avions de facture russe volent très peu, au point qu’en ce mois de février 2020 seuls quatre d’entre-eux soient encore en service actif. Les autres sont stockés en attente de leur trouver un acquéreur. Ils sont en effet proposés à la revente depuis août 2019, sans aucun résultat. Et l’image de marque de la compagnie n’est pour rien dans cet échec.

Interjet est en effet un des transporteurs les plus sérieux d’Amérique centrale. Elle a placé sa publicité sous le signe de l’écologie et du bien-être de ses personnels. Ainsi cette compagnie aérienne reverse une partie non négligeable de ses bénéfices dans la recherche sur les biocarburants aéronautiques, au point d’avoir même fait voler durant quelques mois cinq de ses A320-200 avec un additif dérivé du recyclage d’huiles alimentaires de friture.

Pourtant il y a deux ans la démarche des ingénieurs et mécaniciens de la compagnie était parallèlement assez peu écologique. En effet faute de pièces de rechanges livrées dans les temps à Interjet ils ont été obligé de se servir sur d’autres appareils. Ainsi quatre Superjet 100 ont été immobilisés (définitivement) et cannibalisés. Une méthode que l’on rencontre plutôt dans les forces armées ou dans les compagnies aériennes utilisant des avions d’ancienne génération.

Depuis début 2018 le Sukhoi Superjet 100 est totalement devenu une épine dans le pied d’Interjet. Dans le même temps les quatre avions encore en utilisation sont interdits de vols commerciaux vers les États-Unis ou même de survol de l’espace aérien américain. Une décision prise par la FAA suite à la catastrophe aérienne de mai 2019 survenue sur un avion similaire appartenant à Aeroflot. Interjet ne peut donc plus les utiliser non plus vers le Canada. En fait les avions construits en Russie assurent surtout des vols charters intérieurs.

Remarquez que sur cette photo l’avion conserve encore son immatriculation civile russe.

Et pour les dirigeants le Superjet 100 est devenu une véritable galère car ils n’ont connu aucune proposition sérieuse concernant l’éventuel rachat de ces avions. Beaucoup y voient à terme une obligation pour la compagnie aérienne de revendre ses machines à perte. Ce qui n’est évidemment pas là non plus une bonne nouvelle.
Affaire à suivre donc.

Photos © Sukhoi.

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