Toujours pas d’embellie en vue pour Boeing et son 737 Max !

On aurait pu croire que les ennuis seraient derrière l’avionneur de Seattle après avoir fortement engagé des moyens autour du programme 737 Max mais il n’en est rien. Alors que les annulations de commandes s’enchaînent, au plus grand bonheur des personnels et actionnaires d’Airbus, Boeing doit désormais faire face à de lourdes pertes financières. Pour autant la stabilité économique de l’avionneur n’est pas encore remise en cause même s’il n’est plus que deuxième constructeur aéronautique mondial. Fréquemment l’action Boeing fait du yo-yo à Wall Street.

Dernier écueil en date la décision ce dimanche 7 juillet 2019 de la compagnie aérienne saoudienne Flyadeal d’annuler une commande de trente Boeing 737 Max 8. Les avions auraient du être livrés à partir de ce mois de juillet mais en raison de l’immobilisation des machines construites le transport à bas coût devra encore attendre. Mais surtout l’image de marque du biréacteur commercial américain est suffisamment effritée pour permettre de justifier cette annulation de commande. En lieu et place la compagnie aérienne annonce commander des Airbus A320Neo, le concurrent européen direct de cet avion.

Dans le même temps on a appris que fort discrètement la Federal Aviation Administration avait suspendu les autorisations exceptionnelles données à certaines compagnies aériennes de déplacer (à vide) leurs Boeing 737 Max d’une plateforme à une autre. Cette décision ne semble pourtant pas avoir de lien avec l’incident survenu fin mars dernier sur un avion de Southwest Airlines. Elle serait plutôt motivée par une question de précaution vis à vis des équipages de ces avions.

Plusieurs économistes et experts américains et européens ont récemment mis en lumière que malgré les annonces de Boeing autour d’un retour à la normal d’ici la fin de l’automne 2019 cela devrait prendre plus de temps. Aucun 737 Max ne devrait plus voler avant au plus tôt le premier semestre 2020. Et cela a un prix qui se compte désormais en milliards de dollars US. Rien que les annulations de commandes en aurait coûtés une dizaine à l’avionneur.
Pis la récente décision de son conseil d’administration d’indemniser les familles de victimes des deux écrasements, de Lion Air puis d’Ethiopian Airlines n’a pas redorer son blason. Beaucoup y voient même une forme d’enfumage médiatique extrêmement cynique permettant de faire un peu oublier les erreurs des ingénieurs.

Au final on peut aisément se dire que le feuilleton du Boeing 737 Max est loin d’être terminé. Nous aurons sans doute (malheureusement) à y revenir dans les semaines qui viennent.

Photo © Boeing Company.

 

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ARTICLE ÉDITÉ PAR
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

7 réponses

  1. Il ne faut jamais modifier grandement les centres de poussée et de gravité d’un avion en cours de carrière, ce sont des paramètres de base d’un avion et cela a toujours mal fini quand cette règle n’est pas respectée.

  2. Bonjour,
    « n’a pas redorer son blason » => ‘n’a pas redoré son blason »

    Merci de la qualité de vos articles et bonne journée.

  3. Il vont être obligé à un moment de mettre le personnel au chômage technique, ils ne savent plus où mettre les 737 qui sortent d’usine. A Seattle les 737 sont maintenant entreposés sur le parking réservé aux employés. Le problème c’est que Trump n’aime pas quand une entreprise concurrente marche mieux qu’une entreprise américaine. Il est entrain de chercher des problèmes à Airbus pour lui mettre une amende a plusieurs milliards de dollars.

    1. « Trump n’aime pas quand une entreprise concurrente marche mieux qu’une entreprise américaine. Il est entrain de chercher des problèmes à Airbus pour lui mettre une amende a plusieurs milliards de dollars. » -> Vous avez une source concernant cette déclaration ? Il est de notoriété publique qu’il n’aime pas les concurrents trop dangereux pour ses ouailles mais de là à volontairement chercher des noises à Airbus, il y a une grosse différence. D’où ma question : est-ce que vous avez des sources ? 🙂

      1. Apparemment je n’ai pas le droit de mettre de lien ici… mais chercher sur internet avec comme mots clés « trump airbus ».

        1. Ce n’est pas une question de « droit » Dimitri, je ne crois pas que vous ayez été fréquemment modéré. Simplement un des deux liens ne s’affichait pas donc j’ai décidé de ne pas autoriser votre commentaire. 🙂

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