Est-ce un signe de plus de l’escalade des tensions dans la zone Pacifique ? On a appris ce lundi 10 février 2020 que la Kaijo Jieitai, c’est à dire la marine d’autodéfense japonaise, avait lancer un vaste plan visant à permettre l’emport par certains de ses aéronefs d’une version aéroportée du missile anti-navire Type 12. Les avions de patrouille maritime Kawasaki P-1 seraient les premiers a être dotés de cette nouvelle capacité. Et les hélicoptères Mitsubishi SH-60K Seahawk pourraient suivre dans les mois qui viennent.

Actuellement la capacité anti-navire des avions de la Kaijo Jieitai prend la forme des missiles anti-navires AGM-84 Harpoon de facture américaine et Type 91 (ou aussi connus comme ASM-1C) conçus et réalisés au Japon. Or les hélicoptères Mitsubishi SH-60J/K Seahawk nippons n’ont nullement les capacités d’emport de ces deux armes. Seuls les avions de patrouille maritime Kawasaki P-1 et Lockheed P-3 Orion l’ont. Et Tokyo veut impérativement changé cela.
D’abord parce que les deux missiles en question vieillissent et ensuite parce que la marine japonaise veut ne disposer que d’une seule et unique munition de précision pour la destruction des navires ennemis.

Alors l’idée a été de se tourner vers le missile Type 12 de fabrication locale. Destiné à l’origine à des frappes anti-navires depuis le sol, tirés à l’aide de lanceurs mobiles montés sur des camions militaires, ce missile doit désormais pouvoir être aéroporté. Et Mitsubishi Heavy Industries, son concepteur et constructeur, œuvre dans ce sens depuis 2018.
Aujourd’hui la phase des essais en vol a débuté. Il reste désormais à savoir où ces armes seront installées lors des missions de combat et/ou de patrouille maritime. Soutes ou point d’accrochage sous voilure ? Une chose est sûre : le Kawasaki P-1 sera le seul avion à en être doté.
Et les essais doivent se dérouler dans le nord du Japon contre des navires de guerre désarmés et qui attendent d’être coulés. Au moins six tirs réels doivent être réalisés dans le courant de l’année.

La Japan Maritime Self Defense Force veut également à l’horizon 2025 disposer d’une telle capacité sur ses hélicoptères Mitsubishi SH-60K Seahawk. Particularité notable : ils n’ont jamais été jusque là autre chose que des hélicoptères anti-sous-marins, ne disposant d’aucune capacité anti-navires. Il conviendrait donc de les adapter pour emporter un ou deux missiles du Type 12. Ce qui ne semble pas faire peur aux ingénieurs japonais.

Duo de Mitsubishi SH-60K Seahawk en vol.

Après récemment les Américains sur leurs P-8 Poseidon c’est donc aujourd’hui aux Japonais sur leurs P-1 de chercher à augmenter leur capacité de frappe anti-navire. Ce n’est pas anodin au moment où Chinois et Russes tentent de remettre la main sur la zone Pacifique. Le duo avion de patmar japonais et missile Type 12 pourrait bien contrecarrer un peu les plans de Pékin et Moscou.
Affaire donc à suivre.

Photos © Japan Maritime Self Defense Force.

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1 COMMENTAIRE

  1. On parle beaucoup de la rivalité USA/ Chine en oubliant que le Japon serait un adversaire particulièrement dangereux pour l’armée chinoise. Tout semble opposer ces deux pays, historiquement, politiquement et surtout commercialement avec pour les japonais un rejet viscéral d’une hégémonie chinoise sur la mer de Chine. Les chinois évitent toute provocation à leur égard et même s’ils ont des désaccords sur certaines îles avec eux la Russie par exemple ne soutient pas la Chine car dans le jeu subtil des alliances le Japon a incontestablement un poids qui peut faire la différence. Surtout au niveau technologique avec une avance considérable.

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