La crise sanitaire du coronavirus Covid19 n’en finit pas d’impacter le ciel européen, et plus largement de la planète. Ce jeudi 26 mars 2020 c’est l’aéroport de Paris-Beauvais dans les Hauts-de-France qui a stoppé totalement son activité aérienne. La semaine prochaine ce sera au tour de celui de Paris-Orly, au sud de la capitale. Il faut dire qu’actuellement le trafic aérien en France n’est qu’à même pas 15% de son activité normale.

Dire que la situation du transport aérien français et européen est catastrophique serait encore très en dessous de la réalité. Des milliers d’emplois sont en danger aussi bien dans les compagnies aériennes que les constructeurs et sous-traitants. L’activité aéroportuaire est elle-aussi de ce fait touché, et là encore le risque d’une pérennisation du chômage commence à pointer. Les entreprises sous contrats avec Aéroports De Paris réussiront t-elles à s’en relever ? Rien n’est moins sûr.

De ce fait la décision prise par le préfet de l’Oise, en accord avec le ministère des transports, de fermer l’aéroport de Paris-Beauvais est historique. La célèbre plateforme picarde est dans la réalité des faits le troisième aéroport parisien, même s’il se situe à plus d’une heure de route au nord de la capitale. Paris-Beauvais, en fait situé sur la commune de Tillé, est avant tout dédié aux vols à bas coût et aux vols charters.
Cet aéroport doit son expansion notamment à la compagnie irlandaise Ryanair qui dessert pas moins d’un quarantaine de destinations en France et en Europe depuis Paris-Beauvais. Ou plutôt qui les desservait puisque depuis ce mardi 24 mars 2020 plus aucun Boeing 737-800 n’en décollait ou n’y atterrissait. Ryanair avait décidé de cesser temporairement son activité à Paris-Beauvais.
En dehors d’elle les deux autres compagnies les plus impactées par cette décision préfectorale sont le transporteur charter roumain Blue Air et le transporteur à bas coût hongrois Wizz Air. Ces deux compagnies aériennes sont de régulières utilisatrices des infrastructures picardes.

La prochaine étape aura lieu mardi 31 mars à 23 heures 59. L’aviation civile française fermera l’activité aérienne de Paris-Orly, l’historique aéroport de la capitale. Actuellement quelques vols internationaux sont encore maintenus mais le gros des dessertes concerne les outre-mers. Il s’agit de vols qualifiés de service public puisqu’ils permettent de relier la métropole à ses territoires les plus éloignés.
C’est pourquoi jusqu’à cette date les vols à destination ou venant des aéroports guadeloupéens, guyanais, martiniquais, réunionnais, et tahitiens sont maintenus. À partir du mercredi 1er avril ils seront transférés à Paris-Charles de Gaulle sur la commune de Roissy au nord de la capitale. Ce dernier sera alors le seul aéroport international à encore desservir Paris.

Actuellement Paris-Orly ne fonctionne qu’à environ 9% de sa capacité habituelle, et chaque jours des vols internationaux sont annulés. Pour autant cela ne signifie pas que le trafic aérien sera totalement stoppé sur la plateforme à la fin du mois. Des vols sanitaires et quelques vols militaires emprunteront encore son tarmac tandis que ses parkings serviront de zone de stockage pour les avions de ligne des compagnies impactées par la crise sanitaire.
Aucune date de retour à la normale n’est pour l’instant connue concernant ces deux aéroports, et il n’est pas impossible que des dispositions similaires à terme ne touchent des plateformes en région.

Photo © Olivier Cabaret.

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