C’est un avion finalement assez peu connu sous nos latitudes. En un peu plus d’un an l’avion de travail agricole Embraer Emb-202 Ipanema a connu cinq accidents mortels au Brésil. En fait depuis Noël 2019 l’avion est sous la surveillance de l’ANAC, l’aviation civile brésilienne. Ce type d’avion est en production depuis le début des années 1970.

Il est assez connu que dans le travail aérien l’aviation agricole est sans doute avec la pose héliportée de câbles électriques à haute tension l’activité la plus dangereuse. Les avions doivent voler à très basse altitude, en rase-motte, afin d’épandre les produits chimiques ou phytosanitaires qu’ils doivent pulvériser sur les cultures. La moindre erreur de pilotage et c’est le crash assuré.
Et au Brésil c’est la répétition des accidents dans un laps de temps assez court qui interroge désormais.

Depuis février 2019, soit à peine plus d’un an, ce sont six accidents majeurs qui ont concerné des monomoteurs Embraer Emb-202 Ipanema immatriculé au Brésil. Cinq d’entre-eux se sont révélés mortels. Autant dire que l’ANAC, l’Agência Nacional de Aviação Civil, en charge notamment des certifications mais également de la réglementation aéronautique civile au Brésil se pose pas mal de question. Et ses enquêteurs sont très fréquemment appelés désormais sur des sites d’écrasement de l’avion agricole.

  • 23 février 2019, crash à São Desidério dans l’est du pays de l’Emb-202 Ipanema immatriculé PT-VUU. Le pilote n’y survit pas.
  • 27 novembre 2019, crash à Claudia dans le centre du pays de l’Emb-202 Ipanema immatriculé PT-GRG. Le pilote n’y survit pas.
  • 20 décembre 2019, atterrissage d’urgence à Tupaciguara dans le sud du pays de l’Emb-202 Ipanema immatriculé PT-UAA. Le pilote s’en sort avec quelques fractures et un trauma crânien.
  • 7 février 2020, crash à Coromandel dans le sud-est du pays de l’Emb-202 Ipanema immatriculé PT-UXX. Le pilote n’y survit pas.
  • 19 février 2020, crash à Patrocínio dans le sud-est du pays de l’Emb-202 Ipanema immatriculé PT-UGA. Le pilote n’y survit pas.
  • 13 mars 2020, crash à Querência dans le centre du pays de l’Emb-202 Ipanema immatriculé PT-GUF. Le pilote n’y survit pas.

En l’absence de boite noire et bien souvent de témoin les autorités de l’ANAC doivent s’en remettre au pilote survivant de l’écrasement de décembre 2019. Mais son cas est surprenant puisqu’il déclare avoir fait l’objet d’une collision aviaire alors même que sur tous les autres sites de crash aucun reste animalier lié à un oiseau n’a été retrouvé. Il pourrait donc n’être qu’un incident isolé vis à vis des cinq autres.

Là où la situation est inquiétante également c’est que l’Ipanema est toujours en production depuis 1971. En 2015 Embraer a sorti son Emb-203 profondément modernisé et légèrement agrandi. Des avions de ce type ne vole pas qu’au Brésil mais également en Chine, aux États-Unis, en Inde, ou encore en Russie. Avec près de 1450 exemplaires produits c’est un avion qui se vend très bien.
Autant dire que cette série d’accidents a de quoi laisser perplexe.

Photo © Agence France Presse.

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2 COMMENTAIRES

  1. Vous aurez comme moi en mémoire la fameuse séquence où Cary Grant est poursuivi par un biplan dans les plaines agricoles de l’Indiana dans le film américain La Mort aux trousses (North by Northwest) réalisé par Alfred Hitchcock et sorti en 1959. Aux États-Unis ce type de travail aérien provoque-t-il de nombreux accidents?

  2. Ne serait-ce pas plus un problème d’utilisation qu’un problème de conception?
    Travailler toujours plus vite , prendre toujours plus de risque pour gagner en productivité ne serait pas la base du problème?
    Quand un avion a été fiable des dizaines d’années et qu’il devient dangereux d’un coup, c’est peut-être un problème d’utilisation, pas de matériel…

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