Jusque-là on les avait surtout assimilé (à tort) à la surveillance des émeutes urbaines et des manifestations violentes, notamment lors de la crise des Gilets Jaunes. Depuis le début du confinement des populations en France les policiers télé-pilotes sillonnent les grands axes parisiens afin de surveiller la capitale. Avec ce petit sujet nous allons démonter quelques idées reçues les concernant. À l’instar de bien d’autres sujets dès que l’on parle de la crise du Covid19 ces drones véhicules tous les fantasmes et pas mal de théories du complot.

Dans le jargon de la Préfecture de Police ils sont appelés UMA (pour Unité des Moyens Aériens) qui dépend de la DOSTL, la Direction Opérationnelle des Services Techniques et Logistiques. Ces femmes et ces hommes sont généralement gardiens de paix ou brigadiers de police, plus rarement officiers. Leur rôle est très simple : surveiller la capitale depuis leurs drones en vols stationnaires à quelques dizaines de mètres au-dessus du bitume parisien.
Des drones qui ressemblent d’ailleurs à ceux que monsieur ou madame-tout-le-monde peut acheter à la FNAC ou sur Amazon. À cela près qu’ils sont ultramodernes.

Ils peuvent prendre des images en vidéo haute définition de jour comme de nuit et les retransmettre en direct à la fameuse SIC, la Salle d’Informations et de Commandement. C’est le cœur battant de la police parisienne. Les officiers et commissaires de police qui s’y trouvent peuvent ainsi prendre les décisions qui s’imposent. À la manière des militaires avec leurs drones MALE déployés sur les champs de bataille les policiers parisiens ont parfaitement compris l’intérêt de ces «yeux du ciel». Spécialité policière par contre ces drones quadricoptères sont dotés d’un haut-parleur permettant d’intimer aux Franciliens l’ordre de rentrer chez eux ou bien de ne pas s’attarder à un endroit précis. Le confinement n’est pas une vue de l’esprit.

Depuis le 17 mars 2020 donc Paris est confinée, comme le reste du pays. Et quasiment depuis ce moment les rumeurs et les intox les plus délirantes circulent sur ces drones. Démontons-en quelques-unes :

  • Non les drones de la Préfecture de Police ne sont pas équipés de systèmes de reconnaissance faciale ; et ce pour deux raisons. La première c’est que ces systèmes ne sont pas encore au point technologiquement parlant pour une prise de vue réalisée à plusieurs dizaines de mètres. La seconde vient du fait que le législateur ne l’autorise pas, y compris pendant la période d’état d’urgence sanitaire durant laquelle se trouve aujourd’hui la France. La CNIL et le Défenseur des Droits veillent notamment au respect de ce second point.
  • Non ils ne peuvent pas non plus dresser de procès-verbal à un éventuel contrevenant. Quand cela s’avère nécessaire le télé-pilote doit contacter par radio une patrouille (motorisée ou cycliste) qui se rendra auprès de la personne en infraction.
  • Non ils ne peuvent pas pénétrer dans des espaces clos comme les supérettes ou les stations de métro, même lorsque ces lieux ne sont pas privés. Il s’agit principalement de raisons technologiques.
  • Non ces drones ne sont pas armés, même pas de manière non-létale. Après plusieurs récentes manifestations et émeutes il avait été avancé sur plusieurs sites et pages de complotistes des réseaux sociaux que les drones de la Préfecture de Police emportaient un flashball, un taser ou encore un aérosol de gaz CS. C’est évidemment totalement délirant et complètement faux. En même temps ça vient de complotistes.
  • Non ces drones ne peuvent pas poursuivre une voiture en fuite ou un cycliste mais en gagnant de l’altitude ils peuvent permettre de guider des équipes au sol. Ce sont des drones de surveillance, pas des drones militaires. Leur vitesse n’est pas élevée.

Et en ce moment il est peu de dire qu’ils volent beaucoup ces drones, et que par ricochet leurs télé-pilotes enchaînent les heures. Car en plus de contrôler le respect du confinement dans Paris ils doivent depuis quelques jours assurer des missions nocturnes de soutien aux policiers des BAC et compagnies d’intervention dans certains quartiers populaires des Hauts-de-Seine et de Seine-Saint-Denis. Des heurts qui ont éclatés et ont essaimés depuis un accident de circulation survenu en soirée à Villeneuve-la-Garenne. Là encore les drones des UMA interviennent quotidiennement.

Avec ce petit sujet vous en savez un peu plus sur ces engins qui dans la capitale s’assurent du bon respect du confinement et des gestes barrières de distanciation sociale.

Photo © Préfecture de Police.

 

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