C’est une preuve supplémentaire de la montée en puissance de la question nucléaire dans les relations entre les pays de l’OTAN et la Russie. Depuis le weekend dernier l’Air Force Global Strike Command a réhaussé le niveau d’alerte de ses hélicoptères multi-rôles légers Bell UH-1N Twin Huey. La soixantaine d’hélicoptères de ce genre est disséminée entre trois bases principales dans les états du Dakota du Nord, du Montana, et du Wyoming. La mission de ces biturbines n’est pas tactique mais stratégique.

Pour celles et ceux qui l’ignoreraient la majorité des soixante-quatre Bell UH-1N Twin Huey encore en dotation dans l’US Air Force sont déployés au sein des bases de lancement de missiles balistiques intercontinentaux. Une poignée de ces biturbines est cependant engagée au Japon dans des missions très différentes.
Les femmes et les hommes de l’Air Force Global Strike Command qui volent sur ces hélicoptères d’ancienne génération ont pour mission première de protéger les silos des LGM-30G Minuteman III. Leurs nids sont donc à Malmstrom AFB dans le Montana, Minot AFB dans le Dakota du Nord, et Francis E. Warren AFB dans le Wyoming. Bien souvent dans ces très sécurisées bases américaines les UH-1N Twin Huey sont les seuls et uniques aéronefs pilotés. Aucun avion n’y sert.

Leurs missions en temps habituel, en temps de paix si vous préférez, sont les liaisons, le soutien aux exercices de sécurité, et les évacuations sanitaires. Cela a désormais changé. Depuis que le dictateur russe Vladimir Poutine a choisi de menacer du feu nucléaire les nations de l’alliance Atlantique ces trois bases ont vu leur niveau de sécurité revu à la hausse tandis que tous les Bell UH-1N Twin Huey sont désormais en alerte maximale. Sur chaque base des hélicoptères volent en H24 à l’intérieur mais aussi à l’extérieur des implantations de l’Air Force Global Strike Command. Un tel niveau d’engagement des hélicoptères de sécurité de l’US Air Force n’avait pas été vu depuis la fin de la guerre froide.

Fait marquant les hélicoptères décollent désormais avec une gundoor armée, une mitrailleuse GAU-16 de calibre 12.7 millimètres à grande cadence de tir. Une arme que l’on avait plus forcément l’habitude de voir gréée sur des hélicoptères de transport militaire à l’intérieur du territoire américain. Des groupes tactiques très mobiles et bien armés sont embarqués à bord des hélicoptères. Des militaires américains qui peuvent engager le combat ou au besoin interpeller les menaces concrètes.
La crainte du Pentagone est double et évidente : l’espionnage et les sabotages. Au plus fort de la guerre froide les bases de missiles balistiques américains étaient fréquemment visés par des agents soviétiques. Il ne serait pas étonnant que la Russie ait conservé cette habitude.

La réapparition de la mitrailleuse de sabord sur ces hélicoptères ne passe vraiment pas inaperçue.

Augmenter le niveau de sécurité des bases de lancement de missiles ne signifie pas que le Président des États-Unis Joe Biden ait l’intention d’atomiser Moscou ou Vladivostok. Simplement l’Amérique s’assure qu’en dernier recours si seul le tir nucléaire est encore possible que les bases seront donc en capacité d’assurer leurs missions. Un scénario qui rappelle fortement la guerre froide mais qui se déroule plus de trente ans après l’effondrement du bloc communiste.

Cette guerre Russie-Ukraine qui se déroule à plus de 10 000 kilomètres de Washington DC pourrait bien être la dernière action opérationnelle des Bell UH-1N Twin Huey de l’US Air Force. Ils doivent prochainement être remplacés par des hélicoptères américano-italiens bien plus modernes, des Boeing-Leonardo MH-139 Grey Wolf.

Photos © US Air Force.

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