Ils ne sont pas gentils ces pilotes britanniques, ils ne laissent pas tranquille une seule seconde ces pauvres équipages de l’aviation stratégique russe. Ce mercredi 29 avril 2020 en après-midi deux avions de reconnaissance Tupolev Tu-142 qui réalisaient une série de manœuvres en Mer du Nord ont été intercepté par des chasseurs Eurofighter Typhoon de la RAF. Les gros quadrimoteurs russes venaient de pénétrer dans l’ADIZ, la zone d’identification de la défense aérienne britannique. Une mission qui a duré environ deux heures et à nécessité le recours à un ravitailleur en vol britannique.

En fait quand les pilotes de la Royal Air Force ont été sonné afin d’aller identifier deux échos radars volant à haute altitude et à vitesse subsonique élevée ils se doutaient bien qu’ils allaient tomber sur des avions russes. Ces deux là étaient pistés par les radars de l’OTAN depuis la Norvège. L’absence de transpondeur (ou bien le fait qu’il soit éteint) signait l’appartenance à a fédération de Russie.

Lorsque les deux Eurofighter Typhoon FGR.4 ont quitté l’espace aérien de Sa Majesté et rejoint la zone d’identification de la défense aérienne britannique ils se sont vite retrouvés confrontés à deux Tupolev Tu-142. Tout en demeurant à distance de sécurité, environ une cinquantaine de mètres des avions à identifier, les pilotes britanniques ont tenu à montrer leurs intentions. Ils ont tenté de contacter par radio les équipages mais sans succès. Ils ont battu des ailes pour inviter les avions russes à la suivre hors de l’ADIZ, mais sans succès. Les deux énormes avions de reconnaissance stratégique ont poursuivi leur route comme si de rien n’était. Mais surtout ils se rapprochaient désormais de l’espace aérien souverain du Royaume-Uni, au niveau de l’Écosse.
Tout en conservant des gestes professionnels les pilotes britanniques ont alors rapproché leurs jets à une trentaine de mètre des avions russes. Toujours pas de réponse à la radio mais après le battement des ailes les Tu-142 ont changé de route et ont rejoint l’espace aérien international. Après les récents incidents américano-russes il semble que les pilotes britanniques aient bien retenu la leçon, et ne jouent pas la provocation gratuite avec l’aviation russe.
Selon le ministère britannique de la défense les deux avions hostiles n’ont jamais violé l’espace aérien du pays mais s’en sont approché à moins de deux kilomètres. Et le tout toujours sans aucun transpondeur.

Depuis la fin de la guerre froide les règles d’engagement sont claires. L’absence de transpondeur sur un avion militaire indiquent forcément une volonté de nuire. C’est la raison pour laquelle à chaque fois les chasses des pays de l’OTAN décollent, même en sachant pertinemment qu’en face cela va s’avérer être des avions-espions russes.

Photo © UK Ministry of Defence.

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8 COMMENTAIRES

  1. La fête continue !!!! Jusqu’au jour où……

    Les Russes testent l’Otan. Ils veulent savoir ce que l’on a dans le ventre. Poutine se sent très fort.

  2. les Tu-142 ont changé de route et ont rejoint l’espace aérien international
    Selon le ministère britannique de la défense les deux avions hostiles n’ont jamais violé l’espace aérien du pays

    Il y a quelque chose que je ne comprend pas, il y aurait une zone entre l’espace aérien international et l’espace aérien du pays ?

    Greg

    • Oui l’ADIZ, la zone d’identification de défense aérienne. Et d’ailleurs c’est écrit dans le corps de l’article que vous venez de commenter.

      • Vous confirmez que l’ADIZ n’est pas dans l’espace aerien internationnal.
        Personnelement je n’en avais pas concience.

  3. Plaignons ces pauvres Russes … depuis qu’ils n’ont plus d’espions professionnels (ou qu’ils les ont empoisonnés ! ) ils n’ont plus les moyens de se renseigner sur nos derniers avions occidentaux, et les désertions de pilotes de l’Otan vers la Russie se font rares …. donc ils n’ont plus qu’un seul moyen de tenter de se tenir au courant ; les photographier au plus près.

  4. Ne sous estimons pas les Russes. C’est un peuple instruit avec de grands ingénieurs, de grands mathématiciens.

    Poutine tient d’une main de fer son pays et le FSB est sûrement toujours très actif.
    Les Russes voient l’Otan à leurs portes et ils sont sur les dents. Donc ils envoient des ballons d’essai pour tâter les réactions de l’Otan. De là à passer à l’acte il y a une marge.

    Ils ne sont pas fous, car ils savent très bien que s’ils ouvrent la boîte de Pandore, cela peut se retourner contre leur pays. Les Américains ne sont jamais très loin, et les sous marins nucléaires anglais et français ont des ogives à bord.

    Il faut rester vigilant et surtout leur montrer que l’on ne baisse pas la garde pour autant.

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