Une fois encore les forces aériennes et aéronavales américaines ne font rien comme tout le monde. Tandis qu’ailleurs dans les forces de l’alliance Atlantique les vols militaires sont strictement limités aux nécessités tactiques et stratégiques l’US Navy de son côté a décidé de maintenir un haut niveau concernant ses vols de formation. Quelques aménagements ont cependant été prévu afin de s’adapter à l’évolution locale de la crise du coronavirus Covid19. Pour autant cela ne concerne pas les heures de vols ni de simulateurs.

Le pouvoir politique de Washington fixe depuis l’administration Obama l’objectif de 1100 pilotes formés par l’US Navy pour les seuls besoins américains. Cela n’inclut donc pas les équipages étrangers (tels ceux de la Marine Nationale) ni les futurs pilotes d’essais formés à l’US Naval Test Pilot School. Sauf que jamais l’aéronavale américaine n’a réussi à le tenir bien que l’année dernière elle s’en soit vraiment approchée. Et le Pentagone comptait bien que 2020 soit enfin la bonne année pour réussir ce challenge. Mais ça c’était compter sans ce maudit coronavirus Covid19 et son long cortège de malades.

L’entraînement à l’appontage, une des spécialités du Naval Air Training Command.

Du coup l’US Navy comme d’autres forces aériennes et aéronavales doit s’adapter. Pourtant pas question de toucher aux heures de vols des futurs pilotes américains formés à l’art du pilotage dans ses écoles. Il s’agit aussi bien de ses propres personnels que de ceux de l’US Marines Corps et de l’US Coast Guard. Malheureusement avec actuellement environ 250 personnels touchés par la maladie les écoles de pilotage de l’aéronavale fonctionnent au ralenti. Moins de mécaniciens, moins d’armuriers, et moins d’instructeurs, cela se traduit forcément par moins d’heures de vol pour les élèves.

Pour autant le contre-amiral Gregory Harris, l’actuel patron du Naval Air Training Command, ne l’entend pas de cette oreille. Il compte bien maintenir ses heures de vol et garder ses avions et hélicoptères le moins possible au sol. Les Beechcraft T-6A/B Texan II et T-44C Pegasus, ainsi que les McDonnell-Douglas T-45C Goshawk et les Bell TH-57B/C Sea Ranger doivent au maximum réaliser leurs temps de vol. C’est quasiment devenu une marotte pour Harris et ses subordonnés.

Aussi des aménagements dans ces heures de vol ont été réalisés. À commencer par des contrats d’externalisation afin d’avoir recours à des mécaniciens et des instructeurs provenant d’entreprises privées sous contrats avec le Pentagone. Vous savez les fameux contractors. Cela peut pallier les absences de personnels malades du Covid19.
Le recours aux appontages sur un porte-avions en Atlantique nord va temporairement être réduit au strict minimum, un accord ayant été passé avec plusieurs terrains d’aviation civils en Alabama et en Floride. Les élèves pilotes y réaliseront des touch-and-go en conditions les plus réalistes possibles. Enfin la formation aux vols de nuit pour les apprentis pilotes d’hélicoptères a été temporairement délocalisés. Il semble que désormais ils se forment à NAS Fallon, en plein désert du Nevada.

La formation aux multimoteurs continuent malgré la crise sanitaire.

Le contre-amiral Gregory Harris insiste sur le fait que ces mesures sont très temporaires. Selon lui un retour à la normal devrait intervenir avant la fin du printemps. Reste à savoir s’il n’est pas là un peu trop optimiste ? Seul l’avenir (proche) nous le dira.

Photos © US Navy.

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