Plus que jamais l’US Navy joue les troubles-fêtes face à son homologue chinoise. Son porte-avions USS Ronald Reagan vogue actuellement avec tous ses aéronefs aux confins de la Mer des Philippines, à proximité immédiate de l’île de Formose. Il s’agit pour le Pentagone de maintenir la Chine hors de portée des alliés des États-Unis dans la région. Et pendant ce temps là d’autres bâtiments américains, moins impressionnants, mènent eux-aussi des missions similaires dans la région.

Super Hornet en action sur le pont d’envol.

C’est ce jeudi 21 mai 2020 que le puissant porte-avions américain a quitté sa base naval de Yokosuka au Japon après une pause d’une semaine. En fait c’était juste le temps de changer une partie de l’équipage et de recharger le navire en carburéacteur, en vivres, et divers équipements. Ah oui grosse nouveauté désormais à bord : la distanciation sociale et le port obligatoire du masque de protection sur le visage pour les personnels en fonction, de jour comme de nuit. On ne plaisante pas avec les risques de propagation du Covid19.

Sur le pont d’envol les chiens jaunes le portent, idem pour le pacha et les officiers sur la passerelle. Le monde d’après existe aussi à bord de l’USS Ronald Reagan.
Seuls en sont exemptés les équipages des avions de combat Boeing F/A-18E/F Super Hornet et EA-18G Growler. À bord des autres aéronefs comme les avions de veille radar Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye, les avions-cargos Grumman C-2A(R) Greyhound, ou encore les hélicoptères Sikorsky MH-60R Seahawk et MH-60S Knighthawk son port se fait au cas par cas. C’est le rôle de chacun à bord de l’aéronef qui définit si il ou elle doit se masquer le visage.

Inusable et indémodable Greyhound.

C’est dans ces conditions aujourd’hui encore très particulières, mais demain sans doute pleinement dans la norme sanitaire, que les marins américains ont entamé leur patrouille en Mer des Philippines. Le porte-avions et ses navires d’accompagnement vogue actuellement au plus près de Taïwan. De récentes déclarations politiques chinoises confirme que Pékin n’a rien cédé face à l’indépendance des habitants de l’île de Formose. Le pouvoir central communiste entend toujours récupérer en son sein ce territoire indépendant et reconnu par la communauté internationale comme tel. Et indiscutablement un porte-avions avec plusieurs dizaines de Growler et de Super Hornet à son bord a de quoi permettre de calmer les ardeurs chinoises.

Quand le chien jaune donne ses ordres !

Le pacha du porte-avions a également en tête le fait qu’un autre navire américain croise dans des eaux revendiquées par Pékin : le destroyer lance-missiles USS Mustin et ses deux hélicoptères embarqués. Il s’agit d’un Sikorsky MH-60R Seahawk et d’un MH-60S Knighthawk. Celui-ci évolue actuellement au plus près de l’archipel des Paracels. Attribué à Taïwan, revendiqué par le Vietnam, ces îles sont aujourd’hui fréquemment sous occupations militaires et paramilitaires chinoises. C’est donc une poudrière dans laquelle le puissant navire de guerre américain pourrait bien jouer les arbitres. Car même si les Chinois n’acceptent pas sa présence, jamais ils n’iront attaquer un bâtiment avec une telle puissance de feu. Il emporte aussi bien des missiles de croisière BGM-109 Tomahawk que des missiles anti-sous-marins RUM-139 VL-ASROC, et ce sans compter ses pièces d’artillerie.

Le MH-60R Seahawk de l’USS Mustin, en opérations.

De jour comme de nuit donc les rotations d’avions et d’hélicoptères s’enchaînent à bord de l’USS Ronald Reagan. Le tout évidemment en demeurant dans l’espace aérien et les eaux  internationales. Le porte-avions est là pour garantir la souveraineté américaine pas pour créer un incident diplomatique avec une puissance nucléaire.
Pour celles et ceux qui s’étonneraient de cette mission, sachez qu’elle est coutumière pour ce navire. C’est sa cour de récréation !

Photos © US Navy.

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