Ils s’appellent Delta et Omicron, et à moins que vous ne soyez totalement troglodyte vous savez que c’est sous celles qui sont les 4e et 15e lettres de l’alphabet grec que se cachent les tristement célèbres variants du Covid-19. Or ils sont à l’origine d’une des plus belles pagailles que le transport aérien international ait connu depuis plusieurs mois. Des annulations de vols qui se sont multipliées en cascades, notamment en Chine et aux États-Unis. Tentons de décrypter un peu la situation.

Un vol commercial ce n’est pas compliqué à appréhender, pas la peine d’avoir fait Science-Po ou Sup’ Aéro pour cela. En gros c’est une compagnie, un avion de ligne, du carburant, des passagers, et un équipage entre un point A et un point B. Jusque là rien de bien compliquer à comprendre. Sauf qu’il suffit qu’un de ces facteurs soit défaillant et toute cette belle petite mécanique se grippe.
Les compagnies aériennes, à moins d’un dépôt de bilan, ça va. Les avions de ligne, sauf grosse galère type interdiction de vol temporaire, là aussi ce n’est pas difficile. Le carburant, à condition d’y mettre le prix, coule toujours. Les passagers eux, c’est l’offre et la demande, donc à priori ils sont toujours là. La grosse variable c’est bien l’équipage. Car sans intervention humaine aucun avion de ligne ne peut prendre les airs.

Or ce jeudi 23 décembre 2021 ce sont bien les équipages qui ont fait défaut, et ce un peu partout dans le monde. Pour bien comprendre il faut contextualiser la chose. Cette année Noël est tombée en fin de semaine, favorisant les déplacements de longue distance. Un 24 décembre le vendredi et donc un 25 décembre le samedi ça permet de se reposer ou de rentrer chez soi le 26 décembre. Et c’est, à juste titre, là-dessus que comptaient les compagnies aériennes : des voyageurs plus nombreux que si Noël avait eu lieu en milieu de semaine. Forcément leurs analyses étaient justes et les passagers étaient donc présents.

Le souci c’est que justement les passagers se sont agglutinés dans les aérogares dès le soir du jeudi 23 décembre. Car c’est là que le cauchemar a débuté. Dans un premier temps il a été palpable en Chine et surtout aux États-Unis. Les compagnies aériennes annulaient à la dernière minute les vols les uns après les autres. Dans de très rares cas elles réussissaient à les retarder. La pagaille a été générale dès le lendemain et le surlendemain. Un 24 et un 25 décembre 2021 comme les transporteurs aériens et les aéroports ne voudraient plus en vivre. Et la cause est à chercher du côté du facteur humain : les équipages.

Non pas que les femmes et les hommes qui les composent se soient passés le mot pour déclencher une immense grève planétaire mais plutôt le fait du Covid-19. Ah bah oui parce qu’il est encore là lui, il nous pourrit toujours autant la vie depuis maintenant deux ans.
Ou plutôt SARS-CoV-2, son vrai petit nom, n’y est pas pour grand-chose. La faute est à chercher chez ses variants les plus répandus actuellement : Delta et Omicron.
À ce jour le premier surcharge les services hospitaliers par ses formes aigües de la maladie quand le deuxième est hyper virulent et confine à la maison celles et ceux qui en sont atteints. Les personnels navigants n’y font pas exception.

Le transport aérien a donc été bloqué dans le monde en raison de Delta et Omicron ? Oui et non. Oui directement et non indirectement.
Oui donc car il a touché énormément de personnels navigants, autant de celles et ceux qui œuvrent dans le poste de pilotage que de celles et ceux qui travaillent en cabines.
Non car en fait c’est le manque partiel, voire dans certains très rares cas l’absence totale, de vaccination qui a cloué chez eux les dits personnels. Qu’ils aient été testés positifs ou qu’ils soient cas contacts les pilotes, hôtesses, et stewards ne pouvaient pas s’occuper de leurs avions et ces derniers étaient donc cloués au sol. Et avec eux la galère pour de nombreux passagers.

En tout ce sont plus de 7000 vols commerciaux qui ont donc été totalement annulés et un millier reporté avec parfois une douzaine d’heures d’écart entre deux. Et cela du jeudi 23 au soir au dimanche 26 en fin d’après-midi. Les deux territoires les plus touchés ont été la Chine et les États-Unis, en raison dans les deux cas de leurs tentaculaires réseaux intérieurs respectifs. Les vols internationaux ont globalement été moins impactés même si beaucoup de vols se sont retrouvés eux aussi annulés.

Quelques bons élèves se détachent pourtant du lot : Belgique, Canada, France, ou encore Italie ont finalement subi peu d’annulation au regard de la masse de leur transport aérien durant cette période. Il faut dire que ce sont là des pays dans lesquelles les campagnes vaccinales se passent plutôt bien avec souvent plus de 75% de la population protégée des formes graves du Covid-19.

Vous l’aurez donc compris c’est bien l’absence de vaccination qui a ici bloqué une bonne partie de la planète. Pis cela a rendu difficile une des périodes de l’année considérée comme familiale et heureuse. Du coup pour éviter tout ce chaos une seule solution : Vaccinez-vous ! C’est rapide, quasi indolore, ça vous protège et ça protège vos proches et la société. Que demandez de plus ? Bah rien.

Photo © Wikimédia Commons.

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3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    j’ai entendu dire aussi que, pour les USA, il y a eu beaucoup de licenciements de PNT. Et tout ce beau monde, faute de maintien des compétences a perdu ses qualifications.
    Et donc pas disponible rapidement pour la reprise.
    Vrai?

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