C’est une des plus célèbres affaires judiciaires françaises du 21e siècle, et la technologie pourrait aider à l’élucider. Ce lundi 22 juin 2020 la Gendarmerie Nationale a entrepris de fouiller l’une des anciennes demeures du tueur en série Michel Fourniret sise dans les Ardennes. Pour aider les enquêteurs il a été fait appel à un drone équipé d’une caméra à imagerie hyperspectrale, un des équipements les plus en pointe actuellement. Les recherches devraient ainsi durer environ une semaine.

Pour mémoire (ou pour celles et ceux qui l’ignoreraient) Estelle Mouzin est une fillette de 9 ans qui a mystérieusement disparu le 9 janvier 2003 sur la commune de Guermantes en Seine-et-Marne. Rapidement c’est la thèse de l’enlèvement qui fut privilégié dans cette affaire.
Il y a quelques semaines le tristement célèbre tueur en série Michel Fourniret a reconnu avoir assassiné l’enfant.

C’est la raison pour laquelle les enquêteurs de gendarmerie, assistés de spécialistes de l’Armée de Terre, ont décidé de fouiller en profondeur un pavillon du petit village de Ville-sur-Lumes dans les Ardennes. Il s’agit d’une des anciennes habitations de Michel Fourniret.
Parmi les équipements en leur possession ils disposent d’un drone à caméra hyperspectrale.

Rien à voir avec les systèmes d’observation qui permettent le comptage des manifestants ou encore le soutien au maintien de l’ordre lors d’émeutes ou de débordements, c’est là un matériel spécifiquement étudié pour la recherche criminalistique. Tout en demeurant à faible altitude, environ une dizaine de mètres, le drone peut littéralement voir toutes les imperfections du sol. Il scanne littéralement le terrain et permet de voir ce que l’œil humain ou la truffe du chien ne peut pas repérer.
Grâce à l’empreinte spectrale de chaque éléments du sol les gendarmes sauront si un corps en décomposition ou un squelette se trouve à proximité.

Ce repérage aérien pourrait donc permettre aux gendarmes de retrouver les reste d’Estelle Mouzin et offrir à ses parents le deuil auquel ils ont droit. C’est une technologie ultra-sophistiquée qui n’existait pas à ce niveau-là lorsque la fillette a disparu, pas plus que sur d’autres meurtres commis par Michel Fourniret. Si elle permet la découverte de la vérité elle pourrait servir dans d’autres affaires criminelles. N’oublions pas que ce tueur en série français est suspecté de plusieurs autres meurtres dont celui de la petite Marie-Dolorès Rambla survenu en 1974 dans les Bouches-du-Rhône. Ce meurtre connu comme étant «l’affaire du pull-over rouge» avait conduit alors à la décapitation de son meurtrier présumé Christian Ranucci. Elle est considérée comme l’une des pires erreurs judiciaires françaises.

En fait le recours à un drone à imagerie hyperspectrale n’a rien d’une vraie nouveauté. Depuis quelques années cette technologie est utilisée pour étudier les sols en Australie et aux États-Unis en vue de leur exploitation agricole. Aux États-Unis toujours le FBI a déjà lui-aussi eu recours à un tel équipement pour rechercher une victime de meurtrier, à la différence près que celle-ci n’était pas enterrée.
Les gendarmes français pourraient donc faire progresser encore un peu plus la science criminalistique.

Photo © ministère de l’intérieur.

NDLR : La photo qui illustre l’article ne concerne pas le drone en question, mais un engin habituellement utilisé pour la surveille urbaine. Aucune photo n’existe de cet équipement en service dans la Gendarmerie Nationale.

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2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    Bien pour la partie sur le drone, c’est intéressant, comme d’habitude.
    Toutefois, je me permet de critiquer (de manière constructive je crois) votre article, à propos de l’affaire « Christian Ranucci » et le meurtre de « Marie-Dolorès Rambla « , car je pense que vous avez dérapé.
    Vos affirmation à ce sujet sont très loin d’être établies et de ce que j’ai compris l’innocence de monsieur Christian Ranucci n’est possible que s’il y a eu machination contre lui ( fausses preuves, faux aveux etc).
    Si l’écrivain Gilles Perrault crie au scandale dans son livre  » Le Pull-over rouge  » d’autres auteurs prétendent le contraire.
    Par ailleurs, une des jurés du procès expliquait qu’à l’époque personne ne doutait de la culpabilité de cet homme, la question reposait sur la condamnation à mort ou à la prison.
    Donc sauf si vous avez enquêté vous-même là dessus, affirmer que cette affaire  » est considérée comme l’une des pires erreurs judiciaires françaises. » est un peut fort de café! Une mise au conditionnel ou bien précéder cette phrase de « d’après le livre  » Le Pull-over rouge  » de Gilles Perrault » (ou de toute autre source aillé forgé votre conviction) aurait été un minimum, je pense..

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