Plus que jamais les aviations britanniques et françaises œuvrent main dans la main. Et en ce lundi 10 août 2020 la Royal Air Force a décidé de mettre en avant l’action des aviateurs de l’Armée de l’Air engagés à ses côtés il y a 80 ans dans les combats contre la Luftwaffe. Cette date a été choisi car aujourd’hui le célèbre pilote Henry Lafont aurait eu 100 ans. Outre-Manche il est une véritable légende.

De l’autre côté du Channel ce 80e anniversaire de la Bataille d’Angleterre est une commémoration importante car ses acteurs se font de plus en plus vieux. Beaucoup nous ont même quitté à l’image du Français Henry Lafont. Décédé en décembre 2011 à l’âge de 91 ans il avait à peine 20 ans quand il rejoignit la Grande Bretagne à bord d’un bimoteur léger Caudron Goéland dérobé sur une base aérienne près d’Oran. À ses côtés se trouvait notamment un certain René Mouchotte.

Lafont, Mouchotte, et leurs amis avaient refusé de se ranger aux ordres du maréchal Pétain et avaient choisi la désobéissance en rejoignant les forces britanniques. Pour les Français de Vichy ils étaient des traitres. Et très rapidement ces jeunes hommes, tous pilotes qualifiés, se sont retrouvés au sein du N°615 Squadron de la Royal Air Force qui volait alors sur monomoteurs Hawker Hurricane Mk-I. C’est à cette époque le principal chasseur britannique.

En 100 missions de combat durant la Bataille d’Angleterre Henry Lafont s’adjuge deux avions allemands abattus : un Messerschmitt Bf 109 et ensuite un bombardier bimoteur, sans doute un Junkers Ju-88. Lafont est également crédité avec un pilote britannique d’une victoire commune sur un autre Bf 109. Le pilote français l’ayant fortement endommagé avant que son collègue ne lui assène le coup de grâce !
Durant la Bataille d’Angleterre nos pilotes ne seront réellement que treize à avoir participé aux combats, les autres étant encore en école de pilotage afin de se familiariser avec les machines britanniques.

Plus tard durant la guerre Henry Lafont deviendra instructeur et formera soixante pilotes français avant de rejoindre le légendaire N°341 Squadron, l’embryon des Forces Aériennes Françaises Libres. Henry Lafont terminera la guerre sur Supermarine Spitfire Mk-IX. Son ami René Mouchotte n’aura pas cette chance : il est mort en août 1943 à l’âge de 29 ans.
Compagnon de la Libération, Grand-Croix dans l’ordre national du Mérite, commandeur de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 39/45 avec trois citations, le pilote français a également été décoré par les Britanniques. Il arborait ainsi la prestigieuse 1939-1945 Star avec agrafe Battle of Britain, et la War Medal 1939-1945.

Même si nos amis britanniques aiment égratigner un peu leurs voisins méridionaux les pilotes de la RAF et les passionnés d’aviation y ont un profond respect pour Henry Lafont. Il est au Royaume-Uni plus connu que Pierre Clostermann. Et c’est donc cet homme que Londres honore aujourd’hui.

Photo © Royal Air Force Library

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4 COMMENTAIRES

  1. Ce post m’amène à un certain nombre de réflexions.Tout d’abord, .je suis heureux de lire que nos amis d’Outre Manche paient tribut aux héroïques pilotes français qui se sont battus sous la cocarde anglaise pendant la bataille d’Angleterre..Le mot « Mémoire » et « honneur aux pilotes tombés en plein ciel de gloire » ne sont pas des mots creux chez eux..
    Cependant il est quand même quelque chose que je regrette, sans aucunement retirer quoi que ce soit à la valeur du sacrifice de ces héros,,c’est le silence de plomb qui pèse sur le comportement héroïque de nos pilotes de l’Armée de l’Air en mai et juin 1940.Et à ce propos j’aimerais vous renvoyer au livre écrit par Adolf Galland  » Die Ersten und die Letzten -Les Premiers et les Derners » 1953 ( Yves Michelet Editeur , Paris 1985) qui rend hommage à la pugnacité de ces derniers..N’est-ce pas un comble que ce soit un ancien Général de la Luftwaffe qui leur rende hommage? Le général Andrieux, pilote et Compagnon de la libération, écrit dans sa préface ( je cite) . »L’Armée de l’Air entre en guerre en 1939 avec 1300 avions dont la plupart sont vieux de cinq à dix ans et dont beaucoup ne sont plus opérationnels.Les Morane 406 sont souvent surclassés par les Messerschmitts.En revanche, les Dewoitine 520 sont récents et leurs performances sont bonnes, mais il n’en existe pas une centaine fin 1939.Alors pourquoi minimiser à tout prix la valeur de nos anciens? Les résultats sont là…et ces résultats parlent.: selon les sources françaises, entre 700 et 900 avions ennemis abattus en 6 semaines de combat.Je considère que ces avions auraient pesé d’un poids considérable dans la Bataille d’Angleterre.Alors sans le courage de nos Anciens de 39-40., les dieux de la guerre auraient peut être changé d’avis…Merci au Général Galland d’avoir rétabli la vérité.Je salue ici mon amical ex-adversaire » ( fin de citation).
    Il est aussi vrai que cette période peu glorieuse dans l’esprit français, vu notre défaite, n’est pas des plus agréables à évoquer..Je regrette aussi qu’un imposant silence règne sur le sacrifice des pilotes français qui sont morts aux commandes de Yaks au sein du Normandie Niemen .sur le front russe et qui jouissent encore là-bas,d’un immense prestige encore aujourd’hui..Je recommande à ce propos le livre écrit par Roger Sauvage « Un du Normandie Niemen » aux Editions Albin Michel ( peut être épuisé aujourd’hui.Mais cela est une autre histoire.Bonne journée.i.

  2. Sans vous offenser Arnaud, ne dites pas que les British  » aiment égratigner ‘ les français . L ‘expression est faible venant de l’ex ennemie héridirtaire ..
    Meme si les mentalités ont changé.

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