C’est une technologie qui pourrait révolutionner la lutte contre les feux de forêts en Europe, et ensuite partout dans le monde. L’entreprise Kepplair Évolution et l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse mettent actuellement la dernière touche à un système qui permettra de transformer n’importe quel avion de ligne biréacteur en bombardier d’eau. C’est un Airbus A310 qui a été choisi comme banc d’essais volant. Une avancée qui arrive alors même que les feux de nature se propagent désormais à l’ensemble du territoire français.

Actuellement si on ne veut pas investir dans un avion bombardier d’eau neuf il n’existe que deux solutions. La première consiste à prendre un avion de ligne type BAe 146 ou McDonnell-Douglas MD-82 d’occasion et le transformer comme tel. C’est la solution actuellement à la mode aux États-Unis. L’inconvénient c’est que généralement il n’y a pas de possibilité de retour en arrière, sauf au prix d’un chantier gigantesque et non rentable. La seconde c’est celle privilégiée par le Pentagone : l’adaptation du MAFFS, un système amovible destiné aux avion-cargos Lockheed C-130 Hercules. Seul véritable inconvénient il n’est aujourd’hui adapté qu’aux seuls avions tactiques.

L’idée c’est de pouvoir conjuguer les deux modèles : un système amovible et un avion de ligne de seconde main. C’est là qu’entre en scène la société française Kepplair Évolution fondée par le pilote de ligne David Joubert. Associée à la très sérieuse IMFT (c’est à dire l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse) l’entreprise hexagonale compte donc mettre en œuvre d’ici quelques mois un biréacteur gros-porteur Airbus A310 doté d’un tel système. Mais pas question du MAFFS américain, son pendant français s’appellera KIOS.

Avec ce futur système français Kepplair Évolution entend proposer un avion qui sera capable de couvrir de grandes zones à bombarder, avec de l’eau et/ou du liquide retardant à hauteur de 31 mètres cubes. Sauf que donc leur A310 KIOS ne sera pas qu’un énième bombardier d’eau gros porteur. Ce sera également un avion sanitaire, un avion de transport logistique, voire même une plateforme de lutte contre les pollutions maritimes.
En gros Kepplair Évolution et l’IMFT ont réinventé le concept Multi-Role Tanker Transport, mais avec la capacité de ravitaillement en vol en moins.

Si on en croit l’entreprise française la modularité du système KIOS permettra son adaptation à des avions de ligne aussi différents que l’Airbus A320 et le Boeing 777. Ça promet donc de belles réalisations dans le futur.

Quoiqu’il en soit le système KIOS pourrait donc permettre de donner aux Français et plus largement aux Européens une alternative au très américain MAFFS. Surtout il arrive à point nommé puisque la toujours très professionnelle FNSPF (c’est à dire la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France) s’inquiète désormais de la recrudescence des feux de chaumes et de forêts en dehors de l’habituel quart sud du pays. C’est ainsi que depuis quelques jours on a observé des incendies dans des zones où les CL-415 et Dash 8 de la Sécurité Civile n’interviennent pas : Forges-les-eaux et Saint-Pierre du Jonquet en Normandie, Sigloy dans le Loiret, ou encore Fontainebleau en Île-de-France.
À terme dans quelques années l’A310 de Kepplair Évolution pourrait palier ces carences.

L’aventure de ce KIOS est très honnêtement passionnant. Et surtout il ne relève pas d’un délire d’ingénierie mais bien d’une réflexion posée et construite. Ce qui nous donne envie de la suivre et de vous tenir au courant de son évolution.
Affaire donc à suivre.

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