C’est un rare exercice de transparence auquel s’est soumis l’US Department of Defense ce dimanche 20 décembre 2020. Sans jamais clairement définir la date de l’intervention le Pentagone a confirmé que dans les tous derniers jours une vaste opération aéronavale avait été menée en Somalie afin de facilité le retrait des forces spéciales américaines. Une canonnière volante Lockheed-Martin AC-130W Stinger II appartenant à l’US Air Force a été engagée tandis que la navire de projection USS Hershel « Woody » Williams servait de base arrière. L’opération a été baptisé Octave Quartz.

Depuis une vingtaine d’années les forces spéciales américaines sont régulièrement stationnées en différents points du territoire somalien afin de contrer les groupes islamistes qui tentent de mettre la main sur le fragile pouvoir de ce pays de la corne de l’Afrique. Environ un milliers de femmes et d’hommes appartenant à l’US Army, à l’US Marines Corps, et aux fameux Navy Seals sont ainsi actuellement basés dans ce chaotique pays. Ou plutôt ils l’étaient. Puisque l’opération Octave Quartz a été montée afin de les y en exfiltrer.

Le CV-22B Osprey est actuellement le principal aéronef de soutien aux forces spéciales américaines.

Des avions de transport tactique Lockheed-Martin C-130J Super Hercules et MC-130J Commando II ont pu évacuer le plus gros de ces troupes. Pour cela les quadrimoteurs se sont posés directement dans le désert somalien. Sur d’autres points, plus chauds, du territoire somalien des moyens plus lourds ont été nécessaires.
Et c’est là que les convertiplanes Bell-Boeing CV-22B Osprey de l’US Air Force et les hélicoptères Sikorsky MH-60M Blackhawk de l’US Army sont entrés en jeu depuis le pont d’envol de l’USS Hershel « Woody » Williams. Sous le feu nourri de leurs mitrailleuses de protection les forces spéciales ont pu embarquer. Quand vraiment la situation est devenu trop tendu les militaires américains ont pu faire appel à la grosse artillerie.
À bord du bâtiment de guerre deux hélicoptères Sikorsky MH-60S Knighthawk médicalisés appartenant à l’US Navy se tenaient prêts en cas de nécessité.

Et celle-ci n’est venue ni du sol ni de la mer mais des airs. Une canonnière volante Lockheed-Martin AC-130W Stinger II avait rejoint le théâtre d’opérations. Le puissant avion d’appui tactique a fait tirer à plusieurs reprises son obusier M102 de calibre 105mm et son canon-mitrailleur de 30mm modèle GAU-23/A. Autant dire que les enfers devaient se déchainer au sol pour les pauvres bougres pris sous le feu de cet avion-vedette de l’US Air Force.

CV-22B Osprey de l’US Air Force au décollage de l’USS Hershel « Woody » Williams.

Le Pentagone a refuser de communiquer sur le bilan humain ennemi, arguant juste que lors de son évacuation deux soldats américains avaient été légèrement blessés. Environ 700 membres des forces américaines ont donc rejoint le bord de l’USS Hershel « Woody » Williams ou bien des bases américaines disséminés aux alentours. On pense notamment à Djibouti et au Kenya. Aucun aéronef américain n’a été endommagé dans l’opération Octave Quartz.
Le Pentagone indique qu’entre 250 et 300 militaires américains sont toujours déployés en Somalie et que ce retrait n’est donc pas complet ni définitif. Il s’agit juste d’un (très) très fort allègement de la présence américaine.

Photos © US Air Force & US Navy.

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3 COMMENTAIRES

  1. Évacuation sacrément agitée !
    Étonnant navire qu’est ce USS Hershel « Woody » Williams, qui appartient à une nouvelle classe de navire, les Expeditionary Mobile Base. Mais je ne vois pas trop l’intérêt par rapport à des LPD ou LHD.

    • Ce sont des navires bien moins couteux que des LHD ou LPD qui en plus ont l’avantage d’être mieux dimensionné pour des opérations de plus basse intensités. J’ai également lu, mais je ne retrouve pas la source, que ce sont des navires qui peuvent également rester plus longtemps et avec moins de support sur zone.

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