C’est sans doute un des avions les plus discrets de l’arsenal américain. Ce jeudi 21 janvier 2021 l’US Department of Defense a dévoilé les résultats des investigations ayant découlé du crash d’un Northrop-Grumman E-11A BACN en janvier 2020. Dans le même temps il a été annoncé que l’avion demeurerait en service dans l’US Air Force au moins jusqu’à la fin de la décennie, moyennant un vaste chantier de modernisation réalisé au Canada et aux États-Unis. Trois de ces avions sont concernés par les travaux en question ainsi drones HALE.

Jusqu’à ce jeudi 21 janvier 2021 beaucoup doutaient de la théorie selon laquelle le Northrop-Grumman E-11A codé 11-9358 avait été descendu par les talibans. Les enquêteurs du Pentagone viennent invalider les déclarations de l’organisation islamiste afghane. Pour l’US Department of Defense la perte de l’avion et de ses occupants est la combinaison à la fois d’un incident mécanique sur l’un des réacteurs mais également une succession de mauvais choix de la part des deux pilotes.

Tout serait donc parti d’une rupture de fatigue sur une pale de réacteur de l’avion. Celle-ci aurait entraîné une nette diminution de la poussée puis rapidement une perte totalement de contrôle. Les deux hommes aux commandes de l’avion, le lieutenant-colonel Voss et le capitaine Phaneuf, ont ensuite enchaîné les mauvaises prises de décisions. Ils ont tenté de ramener leur avion à sa base alors même que cela leur était totalement impossible, aux vues des expertises. Le savaient t-ils dans le poste de pilotage ? Les enquêteurs n’ont pas réussi à élucider ce mystère. Toujours est t-il que les deux officiers de l’US Air Force avaient selon les mêmes experts du Pentagone parfaitement connaissance de l’existence de terrains de secours aux mains des forces alliées. Un aérodrome régional notamment tenue par l’armée afghane aurait parfaitement pu recevoir l’E-11A BACN. Mais ils se sont entêtés. Et leur avion s’est écrasé, les menant à une mort certaine.

Malgré cet accident dramatique désormais élucidé la confiance de l’US Department of Defense dans le programme BACN, pour Battlefield Airborne Communications Node, demeure intacte. Mieux même les militaires l’ont renouvelée en acceptant un vaste chantier de modernisation. Il doit être mené conjointement par Northrop-Grumman comme maître d’œuvre et par Bombardier en tant que fabricant de l’avion qui servit de base au E-11A. Les industries américaines et canadiennes vont donc pouvoir jouir de ce contrat dont le montant est classifié par le Pentagone. De même si on sait que les travaux auront lieux dans les deux pays les situations géographiques des ateliers et usines sont également restés inconnus.
En plus des trois E-11A le programme de modernisation concerne également les trois drones HALE de type RQ-4A Global Hawk affectés au programme BACN.

L’interopérabilité entre les deux modèles d’aéronefs mais également un encryptage plus strict des communications avec le sol sont au cœur de ce chantier. En réponse aux investigations sur l’accident une attention toute particulière sera apportée afin de garantir un ralentissement du vieillissement des parties essentielles de l’avion autant que du drone.
Le programme de modernisation devra avoir été totalement terminé pour les six aéronefs fin janvier 2026. Ainsi ils seront garantis de pouvoir voler jusqu’en 2029-2030, où un nouveau système piloté ou non leur sera affecté en remplacement.

Pour mémoire le Northrop-Grumman E-11A BACN est un relais de communications encryptées entre le sol et les états-majors. C’est un aéronef particulièrement adapté au théâtre d’opération afghan et à son relief accidenté. Il est basé sur l’avion d’affaire haut de gamme Bombardier Global 6000 de facture canadienne.

Photo © Keypublishing.

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