Qu’il semble désormais bien loin le temps du Boeing YAL-1A et de son laser mégajoule censé abattre les missiles intercontinentaux. L’avionneur Lockheed-Martin et l’US Air Force ont lancé en ce mois d’octobre 2021 une série de tests grandeur nature pour une arme laser destinée à des tirs air-sol depuis une canonnière volante AC-130J Ghostrider. Il s’agit de valider l’emploi d’une telle arme dans des conditions tactiques souvent difficiles sur un avion réputé très stable. C’est un exemplaire de série du quadrimoteur qui sert à ces essais.

Normalement l’armement type d’un Lockheed-Martin AC-130J Ghostrider est assez simple : le traditionnel obusier M102 de 105mm, l’arme de référence de tous les Spectre, et un canon-mitrailleur GAU-23/A de calibre 30mm à grande cadence de tir. Un armement externe existe sur cette version modernisée et s’articule autour de points d’emport permettant le tir de missiles air-sol légers AGM-114 Hellfire et AGM-176 Griffin. Des munitions guidées GBU-39, GBU-44, et GBU-53 complète l’arsenal.

Or Lockheed-Martin va tester avec son AC-130J Ghostrider modifié plusieurs scénarii possibles d’armement. Le canon laser et l’obusier ou bien le canon laser et le canon-mitrailleur. Il s’agit non pas à terme que la nouvelle arme en remplace une mais vienne compléter l’arsenal sur des missions bien spécifiques.
Les canonnières volantes étant engagées par l’US Air Force principalement pour des opérations spéciales ce sera aux planificateurs de mission de sélectionner l’armement à définir.

L’arme employée par Lockheed-Martin est l’AHEL, pour Airborne High Energy Laser, développée par l’avionneur lui-même dans un de ses laboratoires d’armement.
Surtout les ingénieurs américains ont cherché à miniaturiser le canon laser afin d’en faire une arme réellement adapté à un avion aussi polyvalent que l’AC-130J Ghostrider. On est donc définitivement aux antipodes de celui employé par feu le Boeing YAL-1A.

L’utilité première de l’AHEL réside dans la destruction de cibles fortement protégées, notamment souterraines. Alors que les armes de calibres 30mm et 105mm sont principalement employées pour de l’appui tactique rapproché le canon laser peut être utilisé véritablement pour des attaques pures, hors de la présence au sol de troupes alliées. Le programme d’intégration doit se dérouler sur les dix-huit prochains mois.

Photo © US Department of Defense.

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7 COMMENTAIRES

  1. @Arnaud,
    « L’utilité première de l’AHEL réside dans la destruction de cibles fortement protégées, notamment souterraines »
    Êtes-vous sûr car il me semble que le laser ne fait que chauffer i.e. aucun pouvoir d’explosion donc difficile de détruire du béton ou de la terre

  2. Un laser contre des cibles enterrées ?
    Étonnant, je voyais plutôt ça contre des structures relativement légères. Le principal facteur étant thermique, sauf erreur, je ne vois pas trop comment ça pénètre 2m de terre ou du béton.

    Mais bon, encore un truc que je ne maitrise qu’à moitié.

  3. Merci Google : ‎Même avec un pouvoir destructeur plus limité, cela ouvre un moyen pour les équipages de canonnières d’éliminer des objectifs invisibles sur le champ de bataille, idéal pour des opérations plus secrètes, ou simplement pour aider à semer le chaos et la confusion parmi les forces ennemies en désactivant les infrastructures critiques, telles que les nœuds de communication et de production d’énergie et de transmission.‎ traduction de Luc.

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