Depuis une semaine l’affaire fait grand bruit outre-Manche, et pas uniquement dans les tabloïds ou sur les sites complotistes. Un vidéaste amateur annonce avoir filmé par accident ce qui ressemble fortement à une grande créature aquatique nageant entre deux eaux. C’est à l’aide d’une caméra fixée sur un drone que ce citoyen britannique a réalisé son film avant de le poster sur sa propre chaîne YouTube. L’homme voulait en fait filmer une épreuve de canoë-kayak.

Il s’appelle Richard Mavor. À 54 ans ce Britannique est à la fois un passionné de sports d’eau vive et un utilisateur régulier de son propre drone. Il a d’ailleurs créé sa propre chaîne sur le fameux réseau social vidéo dans ce sens. Il y a quelques semaines il participait à une régate sur le fameux Loch Ness dans le nord de l’Écosse. Depuis son embarcation il a filmé à l’aide de son drone le départ de la course.
De retour chez lui Mavor a posté la vidéo sur sa chaîne YouTube.

Et très rapidement plusieurs internautes annoncent apercevoir à l’image une forme d’animal à quelques dizaines de centimètres sous la surface de l’eau. Cela fait penser à un grand animal inconnu. À la presse britannique Richard Mavor expliquera qu’il a été obligé de repasser les images plusieurs fois pour s’en rendre compte : il avait bel et bien pris une des premières véritables images haute définition du mythique Nessie.

Au centre du cercle rouge : Nessie !

Sa découverte fait dans un premier temps le buzz sur quelques sites complotistes avant que des tabloïds ne s’en emparent. Puis la presse britannique la plus sérieuse s’intéresse au sujet, jusqu’à même la puissante BBC. Et si le drone de Richard Mavor avait réellement filmé la créature du Loch Ness ? L’image est vraiment troublante.
Immédiatement on pense à un plésiosaure, un grand reptile marin omniprésent dans les eaux du globe… à l’ère tertiaire. Le plésiosaure a totalement disparu depuis l’extinction Crétacé-Paléogène, mieux connue comme extinction K-T : il y a 66 millions d’années.

La survivance d’animaux des temps fossiles est certes un des fantasmes de nombreux cryptozoologues mais de là à croire qu’un drone ait pu filmer un animal mort depuis aussi longtemps, c’est tout de même très gros. Et ce sont d’ailleurs ces mêmes cryptozoologues qui en quelques jours ont démontré la supercherie, à l’aide d’informaticiens spécialistes du traitement de l’image. Le drone de Richard Mavor a bien filmé le Loch Ness en 2021 mais pas la créature. Il s’agit d’une image de synthèse récupérée sur une banque de données accessible au grand public. Alors simple canular ou tentative d’escroquerie ? L’affaire est désormais entre les mains des autorités écossaises qui vont devoir trancher.

Même si le drone s’est assuré une place de choix dans les mallettes des cryptozoologues (amateurs et/ou professionnels) il ne faut pas pour autant croire qu’il s’agit là d’un outil miracle. Et sur le Loch Ness ils sont de plus en plus présents, au risque même de déranger les animaux qui eux sont bien réels et bien vivants.
Aviation et Nessie font plutôt bon ménage depuis quelques décennies, on verra s’il en sera de même avec les drones.

Pour la petite histoire, il faut savoir que la majorité des cryptozoologues parmi les plus sérieux croient dur comme fer en la présence d’un grand vertébré inconnu dans le Loch Ness. Par contre ces mêmes scientifiques, généralement des universitaires venus de la paléontologie ou de la biologie marine, réfutent catégoriquement l’option de la survivance d’un dinosaure. Beaucoup s’orientent plutôt vers une espèce inconnue de loutre à long cou ou encore vers la laimargue du Groenland. Cette dernière est une espèce de requin pouvant vivre en eau saumâtre. Ça tombe bien un tiers du Loch Ness en est constituée via le canal calédonien.

Photos © Keypublishing.

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6 COMMENTAIRES

  1. Ceux qui croient à la créature du Loch Ness n’ont rien de scientifique. Il a été démontré que le lac est bien trop petit pour abriter et nourrir une population viable d’animaux de grande taille.

    • Donc Guig2000 établit qui est scientifique, et qui ne l’est pas. OK c’est votre droit, mais la plus part des scientifiques qui pensent qu’un grand vertébré inconnu réside dans le loch ne seront sans doute pas d’accord avec vous. Quand à la taille du Loch Ness, rappelons qu’à lui tout seul il représente l’équivalent de la totalité des autres plans d’eau britannique. Pas mal pour un lac « bien trop petit ».

      • Bonjour,
        j’ai mal choisi mes mots, ce que j’aurais dû dire c’est que la biomasse (et donc la nourriture) dans le lac est insuffisante.
        Bien sûr je ne « décide » pas de qui est scientifique ou pas, mais d’une part l’application de quelques principes de pensée critique et de zététique suffisent à se donner une idée sur le sérieux de certains sujets et affirmation.
        D’autre part la croyance ne fait pas partie des méthodes scientifiques. Le gage de sérieux en science c’est d’appliquer ces méthodes. Par exemple, l’une de ces grandes méthode est de tenter de prouver que sa propre théorie est fausse ainsi que de la présenter à des collègues pour qu’ils tentent eux aussi de prouver qu’elle est fausse.
        Du coup quand je lis « il faut savoir que la majorité des cryptozoologues parmi les plus sérieux croient dur comme fer en la présence d’un grand vertébré inconnu dans le Loch Ness. », Si c’est véridique (et je vous fait confiance là-dessus, Arnaud) je pense pouvoir affirmer qu’en terme d’auto-critique et de méthode scientifique, ils ne partent pas sur de bonne base.
        Toutefois, par chance, une mauvaise méthode peut parfois arriver à un résultat juste (exemple: une montre cassé peut donne l’heure correcte une fois toute les 24h).

  2. Je ne suis pas spécialiste mais quand on compare la taille de la bestiole à celle des bateaux sur la rive, ça ferait un sacré morceau. Et si proche de la rive, bin… Il ne devrait plus vraiment être sous l’eau mais déjà dépasser en surface, non ?

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