Le «wifi volant» comme les appellent les militaires américains est un des avions les plus discrets de l’arsenal de l’US Air Force. Le weekend dernier celle-ci a révélé qu’un cinquième Northrop-Grumman E-11A BACN volait sous ses couleurs depuis la mi-décembre 2022. Il opère dans des actions militaires liées à la lutte contre le terrorisme djihadiste depuis l’Arabie Saoudite. Il préfigure les futurs avions modifiés afin de voler au profit des drones Northrop-Grumman EQ-4B Global Hawk du programme… BACN.

Lointain dérivé du jet d’affaire canadien Bombardier Global 6000 cet avion a été profondément modifié et militarisé pour les besoins du Pentagone. Il sert notamment de relais de communications et de données entre les forces au sol et les décisionnaires dans les états-majors. Le Northrop-Grumman E-11A BACN a su faire démonstration de ses capacités depuis dix-huit qu’il sert dans l’aviation américaine. Particulièrement présent au-dessus de l’Afghanistan puis plus tard dans le conflit contre Daech en Irak et en Syrie c’est un élément clef de la puissance américaine dans le monde. C’est aussi un de ses avions les plus discrets. Ce qui explique qu’il soit autant scruté de près.

Le nouvel avion est donc stationné à Prince Sultan AB en Arabie Saoudite. Évoluant sous le code tactique 21-9045 ce Northrop-Grumman E-11A BACN appartient au 430th Expeditionary Electronic Combat Squadron. Sa zone d’intervention couvre principalement le Proche et Moyen-Orient, c’est à dire là où la menace est omniprésente pour les intérêts américains, surtout depuis le début des heurts entre la jeunesse et les autorités politico-religieuses en Iran.
Il y a quelques semaines plusieurs «médias» à la botte du Kremlin ont accusé le 430th ECCS d’avoir déployé un de ses avions aux abords de l’Ukraine, sans toutefois en apporter le moindre début d’once de preuve. En fait l’E-11A BACN est souvent au cœur de nombreux fantasmes, certains n’hésitant pas à y voir un super espion électronique du 21e siècle. Ce qu’il n’est sans doute pas, son rôle premier de nœud de communication étant déjà bien assez lourd à mener pour ne pas y ajouter une fonction de reconnaissance qui serait par définition superfétatoire.

Remarquez la livrée particulièrement discrète de l’E-11A BACN n°21-9045, vu ici dans son hangar saoudien.

En tous cas l’entrée en service actif du 21-9045 est une belle surprise. On pensait jusque là la chaîne de production à l’arrêt et Northrop-Grumman plutôt concentré sur la modernisation en profondeur des E-11A BACN déjà en service. Reste à savoir si l’avionneur a d’autres surprises dans sa manche pour les mois et années à venir.

Photos © US Air Force.

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1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    Il semblerait que ce 430th Expeditionary Electronic Combat Squadron, avec ces 5 appareils seulement n’ait pas de pilotes permanents. Est-ce toujours le cas après l’accident d’un E-11A en Afghanistan ?

    Les 2 pilotes du E-11A accidenté en Afghanistan provenaient, en détachement, de deux escadrons différents.

    A mon humble opinion, le facteur humain a du beaucoup joué dans ce crash (deux pilotes de deux escadrons différents, dont l’un, le plus gradé je crois, exerçant dans un centre de commandement au sol). Au cours de ce vol, le copilote aurait été en instruction car il n’était pas possible de le former aux États-unis. Certainement parce que tous les E-11 furent déployés et que le global 6000 n’est pas exploité ailleurs au sein de l’US air force, est-ce bien exact?

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