Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 9 janvier, la ministre canadienne de la Défense nationale a confirmé la conclusion d’un accord avec le gouvernement américain et Lockheed-Martin pour l’achat de 88 exemplaires du F-35A Lightning II. La rumeur qui avait circulé juste avant Noël se confirme donc. Le coût de remplacement des vénérables CF-188 Hornet de l’Aviation royale canadienne (ARC) est estimé à 19 milliards de dollars.

La transition débutera avec un premier lot de seize appareils F-35A, dont les quatre premiers seront livrés en 2026 à Luke Air Force Base (AFB) en Arizona. C’est là que débutera la formation d’un premier groupe de pilotes de l’ARC. Ils seront suivis de six autres appareils en 2027 et de six additionnels en 2028. Ce n’est qu’en 2029 que les premiers F-35A seront déployés au Canada. Les techniciens de l’ARC seront quant à eux initialement formés à Eglin AFB en Floride afin de maîtriser les rouages de l’entretien de ces complexes avions de cinquième génération. Parallèlement, les infrastructures des bases militaires de Bagotville au Québec et de Cold Lake en Alberta seront modernisées pour accueillir ces nouveaux avions de combat. La mise à niveau des infrastructures d’opérations avancés de l’ARC dans le Grand Nord canadien sera également nécessaire afin de répondre aux besoins des futurs avions de combat. Le Canada prévoit une pleine capacité opérationnelle pour l’ensemble de la flotte de ses F-35A entre 2032 et 2034.

Avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Italie, la Norvège, le Danemark et les Pays-Bas, le Canada est l’un des pays partenaires du programme JSF (Joint Strike Fighter) dès ses débuts en 1997. De ce fait, nombre d’entreprises canadiennes profitent des retombées de ce programme et Lockheed-Martin s’est engagé à accroître ses achats au Canada suite à cette annonce. La décision canadienne s’inscrit donc en toute logique de ce partenariat. Aussi, plusieurs alliés du Canada ont également opté pour le F-35 facilitant ainsi l’interopérabilité entre les forces aériennes. Plus de 890 F-35 sont actuellement en service et, à ce jour, dix-sept pays ont commandé cet avion de combat.

C’est donc la fin des maigres espoirs qu’entretenait encore Saab avec son Gripen E/F. Toutefois, tout n’est pas perdu pour le constructeur aéronautique suédois qui pourrait encore percer le marché canadien. Le nouveau Boeing/Saab T-7A Red Hawk est un prétendant sérieux dans le cadre du projet de remplacement des avions d’entraînement BAE CT-155 Hawk, ainsi que des Canadair CT-114 Tutor dotant l’équipe acrobatique des Snowbirds.

Reste à savoir si le F-35A sera désigné CF-135 Lightning dans la nomenclature de l’ARC. L’avenir dira aussi si le F-35A sera un digne successeur de l’increvable CF-188 Hornet qui devra continuer à défendre le deuxième plus grand espace aérien au monde pendant encore quelques années.

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8 COMMENTAIRES

  1. Sur la succession des CT-155 Hawk par des T-7A Red Hawk je trouve ça assez logique après la commande du F-35A Lightning II et le rejet du F/A-18E/F Super Hornet. Il faut bien que le gouvernement Trudeau se rattrape auprès de Boeing. L’Européen convaincu que je suis aurait cependant préféré voir des Leonardo M-346 Master sous cocarde à feuille d’érable, d’autant que les avions italiens feraient tout aussi bien le job que le jet américano-suédois. Par contre voir voler, même en vidéo ou en photo, les Snowbirds sur autre chose qu’un CT-144 Tutor ça risque d’être un énorme choc pour pas mal d’aérophiles dans le monde.

    • Tu a raison Arnaud, il faut bien donner un prix de consolations a Boeing mais cette dernière a quand même de bonnes chances de placer son Poséidon pour remplacer les CP-140 Aurora. Il es vrai que la perte des contrats pour remplacer les CF-188 Hornet et les CC-150 Polaris on du décevoir Boeing mais l’entreprise a quand même réussi à placer ses hélicoptères Chinooks et ses avions cargo Globemaster au Canada.

  2. Entierement du meme avis que toi Arnaud…le jour ou je verrai mes Snowbirds voler sur autre chose qu’un Tutor,ce qui risque d’arrivé dans un avenir,j’ose espérer lointain,j’en n’aurai le coeur brisé.

  3. Le remplacement de la flotte Moose Jaw NFTC de CT-156 Havard II et CT-155 Hawk plus les Snowbirds CT-114 Tutor est déjà en cours.

    Il s’agit du programme ‘’Future Aircrew Training (FAcT)’’.
    FAcT englobera l’entraînement de l’OTAN au Canada (NFTC), actuellement fournis par CAE dans le cadre d’un contrat qui expire en 2023 ;

    Le successeur le plus probable est le tout nouveau monoréacteur Leonardo M-345 HET promu au Canada sous le nom de « Tutor II ».

    Au début de ce programme, Babcock et Leonardo Canada étaient en compétition l’un contre l’autre pour le programme FAcT mais ils ont maintenant uni leurs efforts autour d’une offre M-345 HET unique.

    Boeing de son côté ne fait pas parti des soumissionnaires retenus pour ce programme.

    Document officiel ici :
    https://www.tpsgc-pwgsc.gc.ca/app-acq/amd-dp/air/snac-nfps/ffpn-fact-eng.html

    La flotte de M-345 HET sera détenue et entretenue par une entreprise privée, mais gérée par la RCAF dans un modèle commercial de « location-achat » similaire à celui actuellement utilisé pour la flotte française de 17 + 9 Pilatus PC-21 de l’Armée de l’Air et de l’ESpace.

    Le M-345 HET sera utilisé pour la Phase II et la Phase III du programme de formation actuellement offert par le Turboprop CT-156 Harvard II menant à la sélection  »pipeline » des pilotes comme  »Transport »,  »Hélicoptère  » ou  »Chasse ».

    Le Leonardo M-345 HET est également offert en même temps comme le remplaçant à partir de 2030 du Canadair CT-114 Tutor de la patrouille nationale Snowbirds.

    Pour la phase IV du syllabus pour les pilotes sélectionnés ‘’Chasse’’, Leonardo offre au Canada le biréacteur M-346 FT (Fighter Trainer) mais le ministère canadien de la défense décidera très probablement d’une  »option de non-remplacement  » de la flotte de CT-155 Hawk, envoyant ensuite les futurs officiers de chasse sélectionnés à l’Euro Nato Joint Jet Training Program à Sheppard, Texas pour une formation de phase IV sur le futur Boeing Saab T-7A Red Hawk avant leur conversion opérationnelle sur la future flotte de 88 x CF-35A Lightning II, à partir de quelques CF-35A basées à Luke AFB Arizona à la  »F-35 International Academy ».

  4. Donner un lot de consolation à Boeing comme le disent ou sous entendent certains ?
    Je ne suis pas sûr du tout !
    Boeing a tout fait pour détruire l’industrie aéronautique canadienne civile.
    Ça laisse des traces…

  5. Je ne peux que recommander la lecture de l’excellent livre de Pierre-Alain Fridez (député suisse) sur le scandale d’état que représente l’achat par la Suisse du F-35. Le Canada va s’en mordre les doigts d’avoir acquis cette avion très problématique.
    Quels moyens employa Lockheed Martin pour faire changer d’avis Justin Trudeau qui au départ, clamait que « le Canada n’achètera jamais le F-35 » ? Pot de vin ? Menaces à l’accord de libre échanges ?
    Le Canada aurait dû opter pour le Super Hornet ou l’Eurofighter (pas le Rafale vu que l’état major canadien déteste tout ce qui vient de France). Cela aurait été plus raisonnable.

    • Faire un parallèle entre le Canada et la Suisse est assez gonflé. Le premier est une puissance de l’alliance Atlantique tandis que le second est un petit état neutre enclavé au milieu de l’UE. Le premier possède un réel besoin d’un avion de combat dernier cri le second d’une vitrine. Canada et Suisse ont acheté le même avion, et sur ce dossier c’est là le seul point commun.

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