Le F-16I Sufa au cœur du dispositif aérien d’Israël contre Gaza.

Cinq semaines après les attentats du 7 octobre menés par le Hamas l’opération de représailles appelée «Swords of Iron» se poursuit sur terre et dans les airs. En l’absence notable d’hélicoptères de combat engagés contre l’organisation terroriste islamiste ce sont les avions de combat Lockheed-Martin F-16I Sufa que Heyl Ha’Avir met en avant. Des avions particulièrement adaptés aux opérations air-sol mais qui montrent cependant leur limite au-dessus d’un des territoires les plus urbanisés de la planète : Gaza. Ces chasseurs monoréacteurs emportent principalement des munitions de précision de facture américaine.

Hasard du calendrier un mois quasi jour pour jour avant ces lâches attaques terroristes contre les populations civiles nous vous présentions un article sur l’évolution de la flotte des F-16 dans l’aviation israélienne. Aujourd’hui, un peu plus d’un mois après ce triste 7 octobre 2023 ces mêmes avions sont au cœur de la réponse de l’état hébreu, de ses représailles. Quotidiennement ces avions de combat décollent de leurs bases afin de frapper les caches des terroristes du Hamas. Et chaque jour de ce fait ils détruisent des installations considérées comme des cibles prioritaire par Tsahal et sa formation aérienne, Heyl Ha’Avir. Enfin ça c’est sur le papier, ou s’il on en croit la communication officielle de l’état hébreu. Dans la réalité des faits c’est une des zones les plus densément peuplées de la planète que les F-16I Sufa bombardent jours et nuits. Alors bien sûr il n’est pas question pour l’aviation israélienne de réaliser des tapis de bombes contre Gaza, d’abord parce que ce serait hautement improductif et ensuite parce que cela n’entre pas dans sa doctrine d’emploi de l’arme aérienne.

Les munitions les plus souvent emportées sous voilures par ces chasseurs ultramodernes de facture américaine sont des GBU-24 Paveway III à guidage laser et des GBU-31/GBU-32 JDAM à guidage inertiel/GPS. Chacune de ces armes, également produites par les États-Unis, a une puissance de feu redoutable et une précision de l’ordre du demi mètre en zone urbaine. En outre les GBU-24 peuvent, si elles sont correctement guidées, frapper des cibles en mouvement comme des véhicules 4×4 ou des blindés légers. Selon la majorité de nos sources Heyl Ha’Avir a recours depuis le début de cette guerre à des guidages par drones au-dessus de Gaza et de ses centaines de petites ruelles toutes plus étroites les unes que les autres.

Dans cette guerre le sujet qui fâche, et c’est bien normal, ce sont les victimes civiles par définition innocentes. Pour Tsahal il s’agit de victimes collatérales à l’action du Hamas et des autres groupes terroristes présents sur place tandis que pour la communauté internationale c’est désormais une horreur qui en choque plus d’un. De Londres à Paris en passant par Bruxelles et Madrid les condamnations se font de plus en plus entendre. En fait les bombardements des habitations gazaouies démontrent les limites des raids aériens des Lockheed-Martin F-16I Sufa. Couplés à leurs bombes ils sont parfaits pour frapper des cibles en zones péri-urbaines ou rurales mais leur efficacité tombe à zéro dès lors que les objectifs se situent dans des zones à très forte urbanisation. De ce fait on comprend mal pourquoi Israël continue de frapper ainsi le territoire de Gaza. D’autant que plusieurs dizaines d’otages israéliens y sont retenus prisonniers par les terroristes.

Alors bien sûr dans le même temps il y a l’opération terrestre. L’aviation prépare le terrain pour les chars et les fantassins israéliens. Mais là encore la justification de l’emploi d’avions de combat frappant avec des bombes dotées d’une charge de 450 à 900 kilogrammes d’explosif peine à convaincre.

En fait plus on retourne le sujet dans tous les sens et plus une réponse semble logique. Quand le 7 octobre 2023 les terroristes du Hamas ont lâchement assassinés les civils israéliens ils ont aussi déstabilisé Tsahal. À tel point d’ailleurs que désormais Heyl Ha’Avir ne sait plus quelle doctrine d’emploi conserver pour répondre à la violence criminelle exacerbée de son ennemi. Et faute de réponse adaptée l’aviation israélienne fait avec les moyens du bord : elle bombarde car elle n’a aucune autre réponse possible ! Quitte à tuer des civils par centaines voire par milliers.

Photos © Heyl Ha’Avir.

NDLR : Nous serons particulièrement attentifs à la modération des commentaires sur cet article. Tous ceux contenant des propos incitant à la haine et à la violence à l’encontre des fidèles juifs et/ou musulmans feront l’objet d’une censure totale de ma part. Celles et/ou ceux qui en seront à l’origine n’auront plus jamais l’occasion de voir leur commentaires publiés sur notre site ! Je n’accepterais jamais la haine contre l’Islam et le Judaïsme. Notre site ne sera pas un champs de bataille visant à refaire le conflit israélo-palestinien. Si malgré cette mise en garde certaines personnes décidaient de passer outre sachez que nous nous réservons le droit d’aviser PHAROS, la Plateforme d’Harmonisation d’Analyse de Recoupement et d’Orientation des Signalements, de ces commentairesVous ne pourrez pas dire ensuite que je vous ai pris en traitre.


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

14 Responses

  1. Ton analyse montre la complète inadéquation de la réponse Israélienne, à l’attaque terroriste du Hamas, Militairement Israël remportera peut être cette « guerre » , mais politiquement Israël a déjà perdu…..
    C’est ce qui est arrivé à la France en Algérie , militairement le FLN était a genou mais politiquement, il avait gagné, et la France a accordé l’indépendance.

    1. Pour clore le HS sur la France et l’Algérie il faut aussi voir que l’indépendance a été accordée car elle allait dans le sens de l’Histoire. La France ne pouvait pas prétendre être une grande nation tout en conservant un régime colonial sur l’Afrique du Nord.

      1. Qui êtes-vous monsieur Arnaud pour oser prêtendre que c’est HS de parler de la grandeur coloniale de mon pays? Si vous n’aimez pas la France cassez vous d’elle. La France on l’aime ou on la quitte.

        1. La France on l’aime ou la quitte c’est du Sarko ça. C’était un de ses slogans de campagne en 2012 et il a perdu lamentablement contre Hollande. Donc c’est un slogan de looser Hervé.

        2. Les colonies, on les exploite ou on les quitte!
          L’occident n’a pas fini de payer ce sentiment de supériorité qui l’a conduit à dominer le monde et le réduire en esclavage. On nous hait partout monsieur Hervé et ce n’est pas aimer la France que de s’attacher à cet épisode honteux qu’est la colonisation! aimez plutôt les Droits de l’Homme, Pasteur ou Jaurès, mort d’avoir voulu la paix!

  2. Effectivement, Israël bombarde Gaza comme à chaque fois après qu’un attentat massif l’ait touché. La question est de savoir si les précédentes campagnes de bombardements des années 2010 ont ou non affaibli le Hamas. À l’évidence non. Autrement dit, ce n’est pas l’attaque ignoble du 7 octobre qui a déstabilisée Tsahal. Ça fait presque 15 ans qu’Israël n’a pas de réponse militaire probablement parce que le pays n’a pas de réponse politique. Éradiquer le Hamas, c’est l’objectif de guerre officiel. D’accord, mais on fait comment ? C’est d’ailleurs la même chose vis-à-vis du Hezbollah libanais. Lors du dernier affrontement Tsahal a presque perdu la guerre. Comment faire pour lutter contre ces menaces ? Franchement je ne sais pas s’il existe une réponse militaire adéquate. J’ajoute un biais important, l’état major de Tsahal est de plus en plus composé d’aviateur. C’est logique vue la structure de l’armée mais un aviateur regarde le théâtre d’opération du dessus. Ce n’est pas la même chose de faire la guerre depuis les airs en absence de menace aérienne massive et de progresser dans un environnement urbain saturé ou dans des tunnels.

  3. Et toi Hervé tu te casse de ce site quand ? Vivement que tu te retrouve avec le fils du colonel le général et tous les autres trolls de ton espece.

  4. La meilleure analyse que j’ai lu de l’armée de l’air israélienne depuis des années. Après je suis d’accord avec le commentaire d’Ingo les officiers israéliens sont à la ramasse depuis des années. Je crois que c’est en 2019 que déjà des F-16I Tsufa avaient bombarder le Hamas à Gaza tuant au passage quelques dizaines de civils qui n’avaient rien demander.
    Par contre je me demandais si vous ne risquiez pas d’avoir des soucis avec la justice à critiquer Israël. Faites gaffe de ne pas être taxé à tort d’antisémitisme.

  5. C’était couru d’avance et je l’avais dit au tout début de la riposte israélienne que l’aviation bien que modernes, et très compétente serait inutile contre un adversaire comme le Hamas dans la bande de Gaza. Et pire je pense même que c’est contreproductif au niveau de l’opinion internationale et c’était précisément le piège dans lequel il ne fallait pas tomber. Une aviation modernes et bien équipée aurait servi au Ukrainien pour lutter contre l’armée Russe, mais contre le Hamas c’est contreproductif à moyen long terme.

  6. Je vais militer pour les armées de terre… Une fois encore on constate que l’aviation seule ne peut gagner une guerre en zone urbaine. Sauf à raser complètement une ville à la manière des raids de bombardiers de la seconde guerre mondiale, les attaques ciblées ou non en zone urbaine montrent rapidement leurs limites. Dommage mais il faut laisser les F16 sur le tarmac et laisser l’infanterie et les blindes faire le boulot.

  7. Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Je pense que mener une guerre asymétrique en proportionnant la réponse, c’est ce battre en laissant l’avantage du terrain à son ennemi. Les guerres asymétriques devraient être traité comme une guerre symétrique en engageant tout les moyens conventionnels possibles. Ce n’est que comme ça que l’on fait réfléchir un adversaire à son action et que l’on évite des guerres longues et épuisantes en ressources. Bref, comme les frappes chirurgicales n’existent que dans notre imaginaire (je ne pense pas qu’elles soient perçus comme chirurgicales dans le camp d’en face) et qu’elles provoquent systèmatiquement la haine, autant pousser la haine vers la peur. C’est froid et inhumain, mais il faut que l’occident sorte du piège de la guerre asymétrique et des frappes soit-disantes chirurgicales.

  8. Bonjour
    Je lit tout le temps que l’arme aérienne est contre productif ,mais d’un point de vue militaire (pas politique ni strategique) lorsqu’un immeuble est piégé ou qu’il y’a des sniper vaut mieux t’il pas le faire sauter pour épargné l’infanterie ?

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