Au cours de la Première Guerre mondiale l’Allemagne impériale fit un usage assez important des hydravions afin de surveiller à la fois ses propres côtes mais aussi celles des territoires qu’elle avait envahi. C’est la Kaiserliche Marine, c’est à dire l’aéronavale, qui mit en œuvre le gros de ces appareils aussi bien en lien avec ses navires de guerre qu’avec des installations au sol, tels des sémaphores. L’une des machines les plus avancées dans ce rôle fut le monomoteur Sablatnig SF-5.
La doctrine d’emploi allemande des hydravions de surveillance côtière n’impliquait pas le recours à un armement défensif, même en temps de guerre. Aussi la majorité d’entre eux étaient désarmés d’origine.
Quand début 1916 l’avionneur Sablatnig reçut une commande officielle pour un prototype d’appareil de ce genre dérivé de son SF-2 d’entraînement les travaux des ingénieurs furent rapides. L’un des aspects les plus novateurs étaient le recours au système HFH, pour Hochfrequenzhandel. Il s’agissait ni plus ni moins que de disposer d’un équipement de réception et de transmission des information par ondes radios.
Ce prototype vola pour la première fois le 14 mars 1916, sans l’équipement radiophonique. Celui-ci ne fut monté que plus tard une fois développé pleinement par la société AEG, par ailleurs également avionneur à l’époque. Désigné Sablatnig SF-5 le nouvel hydravion ne pouvait nier sa parenté avec le SF-2. Sa plus grosse différence résidait dans la motorisation désormais assurée par un Benz Bz.III à six cylindres en ligne d’une puissance de 150 chevaux ainsi que dans des flotteurs redessinés. Il conservait la voilure en sesquiplan.
Les premiers SF-5 entrèrent en service en février 1917.
Comme cela avait été déjà le cas pour le SF-2 les cadences industrielles de l’entreprise créée par Joseph Sablatnig furent jugées trop faibles par la Kaiserliche Marine qui décida d’affecter une partie de la production du SF-5 aux avionneurs LFG Roland et LVG.
En unité l’hydravion à flotteurs donna pleine satisfaction, principalement en Mer du Nord. Pourtant au début de l’été 1917 il apparut clair que si le système HFH était très efficace avec les implantations militaires allemandes des littoraux il était peu adapté vis-à-vis des navires de guerre qui ne disposaient pas tous d’équipement radiophoniques dignes de ce nom. Il fut alors décidé de produire un nouveau lot autour du système BFT, pour Befehlsübertragungstelegramm. Il s’agissait d’un équipement radio assez basic puisque unidirectionnel. L’avion pouvait communiquer des données au navire sans que celui-ci ne puisse lui donner de réponse.
Utilisé essentiellement par les navires de guerre allemands en Baltique le système BFT fit des merveilles entre l’automne 1917 et l’automne 1918 synonyme de fin de la Première Guerre mondiale. Au total ce sont trente-deux SF-5 qui furent assemblés comme tels et employés, parfois à bonne distance des marines de guerre britanniques et françaises.
Au printemps 1916 Sablatnig proposa à la Luftstreïkraft, l’aviation terrestre impériale, son SF-6 qui n’était ni plus ni moins qu’un SF-5 sur lequel les deux flotteurs avaient laissé la place à un train d’atterrissage classique fixe. Son empennage et sa voilure avaient été redessinés. Identifié par l’Idflieg comme Sablatnig B.I l’avion fut testé mais rapidement rejeté. Cette décision ne faisait pas suite à d’éventuelles mauvaises qualités de l’appareil en lui même mais simplement parce que l’armée impérial refusait de voler sur un avion issu de la Kaiserliche Marine.
Construit à hauteur de 90 exemplaires, principalement par LFG Roland et LVG, le Sablatnig SF-5 demeura en service jusqu’à l’Armistice. La majorité des exemplaires abattus par les Britanniques et les Français étaient ceux s’étant aventurés trop loin en haute mer, principalement opérant avec le système BFT. Au moins dix furent perdus en opérations.
Après guerre deux exemplaires furent employés par la jeune force aérienne bolchévique pour des missions de surveillance dans la région de Saint Pétersbourg. Ils avaient été capturés peu avant le 11 novembre. Les forces de la Triple Entente le testèrent et le jugèrent inférieur à leurs propres standards malgré la modernité de ses systèmes de transmission.
De nos jours il ne reste plus rien du Sablatnig SF-5 ni de sa version terrestre SF-6. Il demeure l’hydravion le plus produit de l’entreprise allemande !
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