À bien des égards la Première Guerre mondiale posa les bases de l’emploi militaire des hydravions, qu’ils soient à coque autant qu’à flotteurs. Chaque nation défricha à sa manière le domaine de vol de ces machines, l’Allemagne n’y faisant pas exception. Parmi les constructeurs qui s’y essayèrent on retrouve Sablatnig dont la première production en série fut utilisée principalement pour l’entraînement des futurs pilotes de surveillance côtière : le SF-2.
Contrairement à d’autres avionneurs allemands Sablatnig ne vit pas le jour avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. L’ingénieur Joseph Sablatnig créa son entreprise en octobre 1915. Il avait développé sur fonds propres un hydravion monomoteur à flotteurs qu’il baptisa SF-1 et qu’il comptait proposer à la Kaiserliche Marine comme appareil de surveillance et de reconnaissance côtière.
Propulsé par le célèbre moteur Mercedes D III à six cylindres en ligne d’une puissance de 160 chevaux ce SF-1 se présentait sous la forme d’un sesquiplan construit entièrement en bois entoilé et disposant d’un poste de pilotage biplace en tandem à l’air libre. Devant mener des missions loin du front il n’avait pas été pensé pour être armé. Il réalisa son premier vol le 11 décembre 1915. Neuf jours plus tard il était présenté aux amiraux allemands.
Si ceux-ci se dirent assez intéressés par lui ils demandèrent à Joseph Sablatnig de revoir sa copie. En effet l’état-major de la Kaiserliche Marine ne souhaitait pas d’un énième hydravion de surveillance mais d’entraînement à la surveillance. L’ingénieur allemand décida avec ses ingénieurs de reprendre en profondeur le SF-1, donnant ainsi naissance au SF-2.
Plusieurs aspects aérodynamiques furent revus et corrigés comme l’empennage affiné, les flotteurs redessinés, ou encore la casserole d’hélice modifiée par Mercedes.
Désormais le pilote instructeur et son élève disposait d’un équipement radiophonique.
Le prototype du SF-2 réalisa son premier vol en mai 1916. Et là une commande pour seize machines fut immédiatement passée qui entrèrent en service dès le mois suivant.
Dès le départ le Sablatnig SF-2 donna pleine satisfaction aux instructeurs de l’aéronavale allemande. À tel point qu’un août 1916 dix exemplaires supplémentaires furent commandés. La Kaiserliche Marine allait donc aligner un total de vingt-six de ces hydravions d’entraînement intermédiaire et avancé. Cependant Sablatnig ne produisit que les six premiers. En effet le vingt autres allaient être construits par les avionneurs LFG Roland et LVG.
Une décision qui fut motivée aussi bien par la faiblesse des cadences de production de l’entreprise que par le fait l’état-major allemand souhaitait que Jospeh Sablatnig et ses équipes se concentrent sur l’étude de l’hydravion de chasse SF-3 et de l’hydravion de reconnaissance SF-5.
Hydravions d’entraînement, donc par définition pas particulièrement mis sous les feux des projecteurs, les Sablatnig SF-2 furent pourtant considérés comme des appareils réussis car manœuvrables, bien motorisés, et pardonnant aisément les erreurs de pilotage. Durant toute la Première Guerre mondiale les deux seuls exemplaires perdus en opérations le furent du fait d’accident. Le SF-2 était quasi inconnu des forces de la Triple Entente.
À la fin du printemps 1918 il fut cependant décidé de les remplacer par un appareil plus moderne, le Sablatnig SF-8. Cependant les SF-2 étaient encore en service quand l’Armistice fut signé le 11 novembre 1918.
Inclus dans les clauses du Traité de Versailles tous les hydravions d’entraînement de la Kaiserliche Marine furent détruits en 1919. Les SF-2 n’y faisaient évidemment pas exception.
Première réalisation construite en petite série par Joseph Sablatnig et ses équipes le SF-2 est représentatif de ces hydravions d’entraînement demeurés bien souvent dans l’ombre durant toute la guerre.
De nos jours il n’en reste rien.
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