FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : De Havilland D.H.116 Sea Venom
Constructeur : De Havilland Aircraft Company Ltd.
Désignation : D.H.116
Nom / Surnom : Sea Venom
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1954
Pays d'origine : Royaume-Uni
Catégorie : Chasseurs de l'après-guerre
Rôle et missions : Chasseur tous-temps embarqué, chasseur-bombardier embarqué.

HISTOIRE

De Havilland D.H.116 Sea Venom :
Le chasseur tous-temps de la Fleet Air Arm”

Renforcées par une intense activité durant la Seconde Guerre mondiale les entreprises aéronautiques britanniques virent dans les années 1950 leur véritable âge d’or avec des créations capables de rivaliser avec les productions américaines ou soviétiques. Des avionneurs comme Avro, De Havilland, Gloster, ou encore Supermarine surent développer des bombardiers et des chasseurs qui allaient entrer dans la légende des airs. Si certains furent révolutionnaires d’autres en revanche se contentèrent de n’être que des avions de transition. Pour autant ils n’en demeuraient pas moins des appareils réussis à l’image du De Havilland D.H.116 Sea Venom employé par la Royal Navy principalement.

Au tout début des années 1950 la flotte de chasse embarquée de la Fleet Air Arm était particulièrement hétéroclite. À côté des modernes De Havilland D.H.102 Sea Vampire et D.H.103 Sea Hornet on trouvait encore des Hawker Sea Fury et même des Supermarine Seafire issus de la Seconde Guerre mondiale. Les Fairey Firefly tenaient une place à part puisque employés avant tout pour la reconnaissance rapprochée et la lutte anti-sous-marine avec un rôle secondaire de chasseur. La Royal Navy décida de mettre bon ordre dans tout cela en passant commande à De Havilland d’une version navalisé de son chasseur D.H.112 Venom conçu pour les besoins de la Royal Air Force.

Le procédé de navalisation était déjà bien connu de l’avionneur, l’ayant employé pour passer du D.H.100 Vampire au D.H.102 Sea Vampire. Un tel chantier ne faisait donc pas peur à ses équipes. Afin de faciliter les travaux et de raccourcir les délais de développement un avion terrestre fut prélevé sur les chaînes d’assemblage et transformé pour les essais statiques autant que ceux en vol. C’est alors que la désignation de D.H.116 Sea Venom apparut officiellement au sein de l’avionneur.
Ce prototype vola en avril 1951 mais il restait encore à définir l’avion afin qu’il permette de satisfaire aux attentes de la Royal Navy. Pour cela De Havilland basa son travail sur le chasseur de nuit Venom NF Mk-2 donnant ainsi naissance au Sea Venom FAW Mk-20. Cinquante exemplaires furent commandés immédiatement. Des essais d’appontage eurent lieu en juillet de la même année, à bord du porte-avions HMS Illustrious.

Extérieurement l’avion reprenait les grandes lignes du chasseur terrestre avec juste une crosse d’appontage installé à l’arrière du fuselage. Il conservait le radar AI Mk-10 d’origine du Venom NF Mk-2. Pour le reste la navalisation avait été réalisée à minima.
De ce fait quand il entra en service début 1954 le Sea Venom FAW Mk-20 tenait plus du chasseur de nuit que du chasseur tous-temps. Ses capacités en plein jour n’étaient pas brillantes, obligeant la Fleet Air Arm à retarder le retrait du service des bimoteurs Sea Hornet NF Mk-21 pourtant normalement eux aussi nocturnes.

Fin 1955 le De Havilland Sea Venom FAW Mk-20 avait fini de remplacer dans le rôle de chasseurs les derniers Fury, Seafire, et Sea Vampire reléguant les meilleurs à des rôles d’appui tactique ou de reconnaissance armée. Sauf qu’il était toujours à la peine comme chasseur tous-temps. L’avionneur décida alors de changer son fusil d’épaule et de rompre avec les chantiers commun Venom / Sea Venom. Il allait développer le Sea Venom FAW Mk-21 radicalement nouveau.
Des ailerons de voilures à assistance hydraulique, une nouvelle verrière agrandie, des sièges éjectables et surtout un nouveau radar AI Mk-21 allaient donner à cette version une véritable profondeur opérationnelle. L’avion allait devenir réellement tous-temps. Un lot de 167 avions fut commandé.

Malheureusement pour la Royal Navy c’est bien avec ses premiers exemplaires que le Sea Venom connut son baptême du feu. En novembre 1956 les avions des N°809, N°891, N°893, et N°895 Squadrons furent expédiés au-dessus du canal de Suez afin de prendre par à l’opération Mousquetaire montée par Londres et Paris afin de tenter d’empêcher la prise de contrôle du canal par l’Égypte. Frappés de bandes jaunes et noires les avions britanniques et français prirent part à des combats face à l’aviation du président Nasser. Les missions air-air étant réservés aux chasseurs Hawker Hunter de la RAF et Dassault Mystère IVA de l’Armée de l’Air les Sea Venom FAW Mk-20 furent relégués à des missions air-sol contre les bases aériennes égyptiennes à l’aide de bombes de 227 et 454 kilos et de roquettes à haute vélocité de 127 millimètre de diamètre. Leur rôle fut au final assez mineur.

L’année suivante les premiers Sea Venom FAW Mk-21 entrèrent en service dans la Fleet Air Arm qui pour la première fois allait posséder un véritable jet de chasse tous temps. En février 1958 l’apparition du radar AI Mk-22 apportant la possibilité de tir du missile air-air De Havilland Firestreak fit que la Royal Navy passa commande pour 39 nouveaux avions Sea Venom FAW Mk-22 spécialisés dans l’interception rapide de cibles ennemies. Les premiers entrèrent en service en septembre de la même année. Une campagne de tir menée depuis Malte sur drone cible donna un taux de réussite du duo Sea Venom / Firestreak de l’ordre de 80%. Mais déjà en 1959 le remplacement de ces chasseurs de transition se faisait connaître sous la forme de l’ambitieux De Havilland D.H.110 Sea Vixen FAW Mk-1.
Des unités de réserve comme les N°700, N°750, et N°751 Squadrons utilisèrent encore les Sea Venom jusqu’en 1970. Parmi eux on trouvait six Sea Venom ECM Mk-21 et six ECM Mk-22 désarmés d’entraînement à la guerre électronique et de calibration des radars navals et aériens.

De Havilland développa deux versions exports : le Sea Venom FAW Mk-52 destiné à la Marine Nationale et construit sous licence par la SNCASE comme SE.201 Aquilon, et le Sea Venom FAW Mk-53 destiné à la Royal Australian Navy.
Ces derniers permirent aux marins australiens de transiter vers l’aviation à réaction en remplacement des Fairey Firefly et Hawker Sea Fury dès l’année 1956. Ils opérèrent sur le porte-avions HMAS Melbourne. En onze ans de service jusqu’en 1967 et leur remplacement par des Douglas A-4G Skyhawk d’origine américaine ils ne furent engagés que dans des exercices régionaux. Cependant deux avions restèrent en service jusqu’en 1972 comme remorqueurs de cibles désarmés Sea Venom TT Mk-53.

Pur chasseur des années 1950 le De Havilland D.H.116 Sea Venom demeure un des moins célèbres avions de son entreprise de conception. Plusieurs sont aujourd’hui conservés en Australie et en Grande Bretagne.
Preuve en est ainsi que ce chasseur sut remplir au mieux son rôle caché : permettre aux aviations navales de passer efficacement du moteur à piston au tout réacteur.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : De Havilland D.H.116 Sea Venom FAW Mk-53
Envergure : 13.08 m
Longueur : 11.15 m
Hauteur : 2.60 m
Motorisation : 1 reacteur De Havilland Ghost Mk-104
Puissance totale : 1 x 2405 kgp.
Armement : 4 canons de calibre 20mm, deux bombes de 454kg ou quatre de 227kg ou jusqu'à huit roquettes HVAR de 127mm.
Charge utile :
Poids en charge : 7167 kg
Vitesse max. : 945 km/h lisse et au niveau de la mer
Plafond pratique : 14950 m
Distance max. : 1100 Km en configuration armée
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du De Havilland D.H.116 Sea Venom

PROFIL COULEUR

Profil couleur du De Havilland D.H.116 Sea Venom

VIDÉO

Documentaire d'époque sur les Sea Venom australiens.